LA CO.S.MA.G
LA VIE CONSACREE DU GABON

La Conférence des Supérieurs(es) Majeurs(es) du Gabon (CO.S.MA.G) est née en 2009, regroupant des instituts masculins et des instituts féminins. Les membres sont à la fois apostoliques et monastiques.

Les congrégations

Ordre des Frères Mineurs Capucins
Jésus est notre Guide et notre Modèle
Gabon : (1777) 2000

1. présentation
   L’Ordre des Frères Mineurs Capucins (OFMCap), en latin : ordo fratrum minorum), dont les membres sont couramment appelés Capucins, est un ordre religieux catholique né en Italie sous l’impulsion de Saint François d’Assise en 1210, et reformé en 1528.
   À l’imitation du Christ, les membres tentent de vivre une vie de grande pauvreté et de simplicité évangélique. Insistant sur l’aspect de fraternité dans leur vie, les capucins ont choisi de s’appeler « frères », bien que, aujourd’hui, la majorité d’entre eux soient en fait prêtres.
   Les Capucins sont tous des frères. Ils vivent dans la fraternité. Ils prient individuellement et communautairement, ils partagent ensemble les repas et le temps en s’entraidant comme dans une famille.
Leurs communautés qui sont appelées des Fraternités, sont des lieux de Joie et d’Hospitalité. Jésus de Nazareth est leur guide et leur modèle. Ils mènent une vie simple et humble au milieu du peuple. La vie du Christ, les Saintes Ecritures, Saint François et ses écrits constituent leur inspiration.
 
   Jésus les invite à prêcher l’Evangile par le témoignage de vie de plusieurs manières :
– Prière et contemplation
– Travail pastoral
– Services sociaux
– Ministères d’assistance
– Activités missionnaires
– Publications et informations
 
2. La raison d’être des Frères Mineurs Capucins au Gabon
   On note une tentative d’introduction du catholicisme au Gabon vers le XVIIIème siècle, avec les capucins italiens. Mais ce contact n’a pas tenu pour des raisons diverses, notamment la pratique du commerce des esclaves.
   L’installation effective des Capucins au Gabon, débute le 2 Août 2000. La Province de Varsovie de l’Ordre des Frères Mineurs Capucins a envoyé au Gabon les Frères Jaroslaw Antoniak et George Siedlecki. Ils ont été invités par l’archevêque de Libreville Mgr Basile MVE ENGONE, suite à une demande des Sœurs Clarisses d’Essassa et une lettre de Mgr ANGUILET. Ils ont pris le soin pastoral de la paroisse Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, dont le centre était, à quelques kilomètres de la capitale, au grand village d’Essassa.
 
3. Paroisses et Sanctuaire Notre Dame du Gabon
La paroisse d’Essassa a été fondée en 1996 et à l’origine, comprenait trois gros villages, situés le long de la route nationale principale : Essassa, Nkok et Nkoltang.
Dans les années suivantes, se sont ajoutés à la paroisse d’autres villages : Bikélé, Bizango, Ayeme Plaine et Ayeme Maritime.
En 2002, l’archevêque de Libreville, Mgr Basile MVE ENGONE, confie aux Capucins le Sanctuaire marial Notre-Dame du Gabon à Melen. Son premier administrateur est le frère Jaroslaw Antoniak qui a dû s’employer pour faire vivre le sanctuaire, niché sur une colline avec une Église, et une statue de Marie installée par les Sœurs de l’Immaculée Conception de Castres.
Ce sanctuaire est devenu rapidement un lieu de pèlerinage individuel et organisé par les paroisses et les agents pastoraux. Au sanctuaire, de nouvelles maisons ont été construites pour les Frères Capucins présents à Melen, et les Sœurs Franciscaines des Sept douleurs arrivées en 2006.
   L’année 2002 a été une époque de l’expansion des Capucins. Les Capucins d’Essassa ont pris progressivement la pastorale à Ntoum et Cocobeach.
   Les communautés capucines sont rattachées à la Province de Varsovie pour laquelle, elles sont source d’expérience importante et précieuse. En 2008, sont officiellement érigées trois fraternités de Capucins à Essassa, Ntoum et Cocobeach. Chaque Fraternité a ses propres plans pastoraux. Le 28 Novembre 2011, par décision du Ministre Général, a été créée une Délégation de la Province de Varsovie au Gabon, première étape importante en vue de devenir indépendante des Capucins de Pologne. En Septembre 2013, la quatrième maison a été ouverte à Melen.
 
4. La première vocation gabonaise :
Frère Gloire Roméo MAMPASSI
   Pour connaître cette première vocation, nous allons transcrire l’interview réalisée le 7 novembre 2016 et extraite du site de l’église catholique du Gabon.
Médias catholiques gabonais :
Frère Gloire Roméo MAMPASSI, vous êtes le premier Gabonais dans l’ordre des frères mineurs capucins. Parlez-nous de votre parcours.
Frère Gloire : C’est un challenge, une page d’histoire qui s’ouvre au Gabon pour les frères mineurs capucins. Le parcours n’a pas été facile, de la Côte d’Ivoire au Cameroun ; on pensait que cela ne pourrait pas se réaliser. Le charisme capucin est un charisme plein de challenge, de défis, mais, par la grâce de Dieu, nous avons réussi à surmonter tout cela, et je suis fier d’être le premier capucin gabonais. C’est vraiment pour moi un sentiment de joie et de satisfaction.
Comment vous êtes-vous rendu compte de votre appel dans l’ordre des frères mineurs capucins ?
   Premièrement, je rends grâce à Dieu mon Créateur, et à mes parents, particulièrement ma mère qui m’a initié à la foi chrétienne, étant catéchiste de I Eglise catholique. Elle m’a initié aux sacrements. Tout a commencé alors que j’entrais dans le groupe des servants de messe à Sainte Thérèse d’Essassa, ma paroisse, et à certains moments je suis allé au monastère des Sœurs Clarisses (monastère Notre Dame des Anges) où j’ai commencé mon service à la table du Seigneur. Là j’ai été séduit par la spiritualité franciscaine ; le charisme des capucins me plaisait. Il est vrai que j’avais eu du mal à faire le choix, ayant pensé au diocèse, et de l’autre côté il n’y avait que des Blancs. L’annonce faite que les Capucins voulaient s’implanter au Gabon, m’a donné plus de motivation. J’ai donc aspiré durant plusieurs années de ma vie, avant de me décider à entrer dans l’ordre des Frères Mineurs. Ils m’ont accueilli et j’ai commencé mon parcours.
   J’ai passé ma première année de postulat à Notre Dame de la Miséricorde à Cocobeach, et ma deuxième année en Côte d’Ivoire en 2014. Après un temps de congé passé au Gabon, je suis parti pour le Cameroun, où j’ai fait mon noviciat, dans la section anglophone. Maintenant, je suis un jeune religieux capucin très heureux.
 
Quels conseils donneriez-vous à nos jeunes frères et sœurs qui ressentent l’appel ?
Une chose est sûre, c’est que beaucoup de jeunes pourraient entrer chez les Capucins, mais ils ne savent pas comment faire, et parfois ils ne connaissent même pas l’existence de cette spiritualité. J’aimerais encourager tout jeune qui réfléchit sur la vocation, à savoir que l’ordre des frères mineurs capucins, c’est-à-dire la spiritualité franciscaine, existe bel et bien au Gabon.
J’exhorte tous les jeunes à oser car le premier pas est souvent le plus difficile. Venez découvrir une des spiritualités les plus fécondes de l’Eglise.
Les Capucins sont ouverts à tous du côté du Sanctuaire national Notre Dame du Gabon, chez les Sœurs Clarisses du Monastère Notre Dame des Anges à Essassa, aux Paroisses Saint Thomas de Ntoum et Notre Dame de la Miséricorde de Cocobeach.
 
5. La plus jeune vocation gabonaise :
Frère Emile Guélor MALANDA
Né de MALANDA Emile et de MOZOANGA Ange-Marie, respectivement de coutumes Adouma (Lastourville) et Kota (Makokou), je m’appelle MALANDA Emile Guélor, je suis de la paroisse Sainte Thérèse de I ‘Enfant Jésus d ‘Essassa.
Après une formulation de demande d’admission dans l’Ordre des Frères Mineurs Capucins, c’est officiellement le 05 septembre 2016 que j’ai reçu la lettre d’acceptation provenant du Ministre Provincial de la Province de Varsovie (Pologne), près de la délégation du Gabon. Celle-ci a pour délégué fr. Slavomir Siczek. Et de leurs bénédictions et celles de tous les frères, j’ai été envoyé en Côte d’Ivoire le 22 septembre de la même année, où je devais passer ma première étape de la formation. Ainsi, au soir de la date précédemment citée, j’ai été accueilli à la maison du postulat de Côte-d ‘Ivoire-Alépé, petite ville située à 40 km d’Abidjan. La fraternité dans laquelle j’ai vécu pendant ma formation, était composée de 13 frères. Tout compte fait, je garde un très bon souvenir de cette première année du postulat, tant la vie en fraternité qu’avec les ivoiriens d’Alépé, particulièrement ceux de la paroisse Christ Roi.
Ainsi je rends grâce à notre Seigneur Jésus Christ et je lui confie ma vocation afin qu’il achève en moi ce qu’il a si bien commencé.
Le Frère Émile Guelor MALANDA
 deuxième capucin gabonais,
 a fait la première profession religieuse
 le 16 juillet 2019 à Bamenda (Bambui) au Cameroun.

Source :
Père Piotr WROTNIAK et site officiel de la délégation de l’Ordre des Frères Mineurs Capucins – CAPUCINS AU GABON.   


Congrégation du Saint-Esprit sous la
Protection du Cœur Immaculée de Marie
Un seul cœur et une seule âme (Actes 4, 32)
Gabon : 1844

1. Présentation
   La Congrégation du Saint Esprit sous la protection du Cœur Immaculé de Marie dont les membres sont connus comme les Spiritains, est une famille religieuse missionnaire composée de prêtres, de frères et de laïcs associés. Notre abréviation est CSSp, ce qui donne, en latin, Congregatio Sancti Spiritus.
   La Congrégation a été fondée à Paris en France, le 27 mai 1703 (Pentecôte) par un jeune avocat Breton de 24 ans, Claude Poullart des Places (alors séminariste).
   Notre devise est : Cor Unum et Anima Una – Un seul cœur et une seule âme (Cf. Actes 4, 32).
   Concernant notre type de « gouvernement », l’instance supérieure de la congrégation est formée de l’équipe généralice qui a à sa tête, le Supérieur général élu pendant un chapitre général pour un mandat de 8 ans non renouvelable. Celui-ci a plusieurs assistants qui sont élus pendant le chapitre. De nos jours, le siège de la Congrégation spiritaine appelée « maison généralice » se trouve à Rome. Elle coordonne et supervise les circonscriptions (provinces, districts et groupes).
   Le Gabon et la Guinée Équatoriale constituent une province. Cette dernière est sous la responsabilité d’un provincial, entouré de son conseil.
 
2. Notre Charisme
   C’est l’annonce de l’Évangile à ceux qui ne l’ont pas encore reçue et entendue. Les Spiritains vont chez les plus pauvres, les abandonnés et les plus exclus de la société.
L’évangélisation a un caractère pluridimensionnel :
La formation humaine et intégrale
La libération de toute servitude et de toute ignorance à tous les niveaux
 
3. Nos fondateurs : une histoire particulière en trois temps…
En la fête de la Pentecôte, le 27 mai 1703, Claude François Poullart des Places (1679-
1709) fonde à Paris le Séminaire du Saint-Esprit en vue de venir en aide aux étudiants pauvres qui voulaient devenir prêtres. Le Séminaire sera chargé de fournir des prêtres pour les colonies d’Outre-mer.
Le P. François Marie Paul Libermann (1802-1852), alsacien d’origine juive, assisté
de Frédéric Le Vavasseur, d’Eugène Tisserant et de l’abbé Desgenettes, célèbre, le 25 Septembre 1841, la messe de fondation de la Société du Saint-Cœur de Marie à Notre-Dame des Victoires à Paris. Il s’agit d’une société de prêtres religieux et missionnaires destinés à l’évangélisation des populations noires libérées de l’esclavage, en particulier dans les îles de St Domingue (Haïti), de Bourbon (La Réunion) et de Madagascar, puis en Afrique.
 
En 1848, Fusion du Séminaire du Saint Esprit avec la Société du Saint Cœur de Marie.
Le P. Libermann devient le 11ème Supérieur Général de la Congrégation du Saint-Esprit, qui prend un nouvel essor en Afrique continentale puis rapidement dans le monde entier. La dimension religieuse est accentuée, avec l’accent porté sur la vie en communauté et un fort développement de la présence des frères.
 
4. L’arrivée des Spiritains et la naissance de l’Église catholique au Gabon
C’était sous l’ordre du Père François Marie-Paul Libermann qu’un 26 juillet 1844, un navire appelé le Zèbre prît route pour l’Afrique. A bord dudit navire, étaient le Père BESSIEUX et le frère Grégoire SEY un postulant.
   Ce fut un 28 Septembre 1844 que le Zèbre toucha la côte Ouest du Gabon. Le lendemain matin c’est-à-dire le 29 Septembre, en la fête de Saint Michel Archange, le Père BESSIEUX célébra la première Messe avec le Frère Grégoire âgé de 20 ans qui accomplissait le rôle de servant. C’est exactement à partir de là que tout a commencé, comme l’affirme le Père Gérard MOREL, ancien curé de la paroisse Saint Michel de Nkembo, dans son livre Naissance d’une Église : « C’est de là que sont parties la lumière de l’Évangile pour l’Afrique centrale, et la naissance de l’Église catholique au Gabon ».
   Voici quelques mots que le Père BESSIEUX écrivit à son supérieur, le vénérable Père Libermann, quelques mois après son arrivée au Fort d’Aumale : « C’est le 28 septembre 1844, que je saluai la terre du Gabon. Je n’en pris possession que le lendemain, grand jour de Saint Michel, où j’eus le bonheur de célébrer les Saints Mystères. C’était le dimanche, je mis le Gabon sous la protection des Saints Anges, après l’avoir consacré à notre Souveraine Maîtresse, notre toute puissante Mère… ».
 
5. Les Spiritains au Gabon
   Suivant les pas du premier missionnaire à avoir célébré la première messe en territoire gabonais, la Congrégation du Saint Esprit, par ses membres les spiritains, participe en collaboration avec le clergé local et les différentes communautés religieuses et congrégations, à l’expansion du message du Christ, sous la mouvance du Saint Esprit ; ce même Esprit qui emmena Mgr BESSIEUX et le frère Grégoire en terre gabonaise. Les spiritains ont une présence pastorale dans les diocèses de Libreville, de Franceville, de Mouila, de Port-Gentil et dans la préfecture apostolique de Makokou.
Dans l’archidiocèse de Libreville, huit paroisses sont gérées par les spiritains : Rois Mages d’Akébé, Saint Michel de Nkembo, Saint Christophe d’Okala, Notre Dame du Rosaire de la SNI, Saint Joseph de Lalala, Sainte Jeanne d’Arc de Likuala, Sainte Monique de Sotega et Saint François Xavier de Lambaréné.
   Ces paroisses mettent l’accent sur l’évangélisation, la solidarité, la visite de malades, l’animation pastorale et sacramentelle, l’éducation, le ministère de délivrance et de guérison. « Les paroisses veillent aussi à la mise en œuvre des orientations pastorales de l’archevêque de Libreville », précise le Père Jean-Clair Patrick NGUEMA EDOU.
A Libreville, les Spiritains ont une maison de formation pour le premier cycle de philosophie, le Grand Séminaire International Daniel Brottier, et la Maison provinciale appelée aussi Maison Libermann. L’autre mission bien connue du Gabon est celle de Lambaréné (Saint-François-Xavier). Fondée en 1880, elle a servi de base pour apporter l’Évangile sur le cours de l’Ogooué, à l’intérieur du pays. Elle possède un internat.
 
Dans le diocèse de Port-Gentil, les spiritains s’occupent de deux paroisses : Saint Paul des bois et Sacré Cœur, d’un Centre pour les enfants de la rue (CEMI) et d’une école.
Trois paroisses sont confiées aux spiritains dans le diocèse de Franceville : Père Brottier à Moanda, Sacré Cœur et Saint Pierre Claver à Lastourville. En plus de ces paroisses, les spiritains ont une école et un internat.
Dans le diocèse de Mouila, deux paroisses sont sous la responsabilité des spiritains : Saint Kisito (Mouila) et Immaculée Conception (Ndendé).
Le vicariat apostolique de Makokou, situé dans le nord-est du Gabon, a pour priorités : le développement, la santé, l’éducation, la création de proximité géographique et de nouvelles paroisses. D’après Mgr KOERBER, vicaire apostolique de Makokou, « le vicariat est appelé à devenir diocèse. J’ai été nommé ici pour être plus proche des chrétiens et des prêtres. Et je souhaite éveiller la conscience des gens car ils disposent d’une terre mais ils la fuient alors qu’elle est source de tout ce dont ils ont besoin pour vivre ».
 
6. La première vocation gabonaise :
Frère Célestin Christian MAKOUKOU
   Je suis de la paroisse Saint Dominique de Moanda. Étant engagé dans les mouvements de la Paroisse notamment CV-AV, servant de messe, j’ai un peu tout fait. Grâce à la création du groupe appel, ma vocation a été renforcée.
   J’ai choisi les spiritains parce que dans les diocèses du Gabon à cette époque, il n’y avait que ces religieux. Tous les jeunes étaient orientés vers le sacerdoce. C’est au camp du groupe appel à Sindara en 1985 que je découvre la vocation des frères.
   Tout le monde n’était pas content mais j’ai voulu faire mon expérience. Je voulais voir un peu ce que c’était.
   J’ai fait la première profession en tant que frère spiritain, le 8 septembre 1992 à Mbalmayo. Je me suis engagé définitivement dans la congrégation spiritaine en 1999 à Moanda (Paroisse Saint Dominique).
   J’ai grandi avec ma famille paternelle qui a un peu peur de moi. Les parents ne sont pas d’accord avec mon choix. Maintenant, on se fréquente. Ma famille maternelle a accepté mon choix.
   Concernant ma famille religieuse, comme à cette époque, il n’y avait que les blancs, ces derniers m’ont très bien soutenu malgré les hauts et les bas.
                                                                       Ma joie
   J’ai beaucoup lutté pour qu’il y ait d’autres spiritains gabonais. Ma grande joie est de voir des religieux spiritains gabonais.
Ma peine
   Je suis désorienté par rapport à la vie de l’Église. Je ne peux pas vraiment exprimer toutes les expériences acquises. Le fait d’accepter la responsabilité des Enfants de la rue, est comme si c’était mon affaire à moi : cela m’attriste un peu mais je suis vraiment un chrétien et un spiritain heureux.
  
7. Le témoignage d’aujourd’hui : Chrismel NDZOMA
 e m’appelle Chrismel NDZOMA, jeune gabonais originaire du Sud-Est du Gabon plus précisément de Lastourville. Né dans une famille chrétienne, troisième enfant d’une famille de quatre, je découvre très tôt le chemin de l’Église.
   Parler de ma vocation c’est parler de la relation avec Dieu ; la vocation est un dialogue entre Dieu et la personne qui se sent appelée.
C’est l’appel de Dieu à la foi et à la vie éternelle. J’ai grandi dans un milieu où l’évangélisation est très difficile. J’ai longtemps observé les missionnaires qui se dévouaient à leur mission malgré les difficultés rencontrées sur le chemin. L’amour qui animait ces braves missionnaires (c’était des Spiritains), m’avait beaucoup interpellé. Alors j’étais en classe de 5e au lycée, le désir d’être aussi missionnaire m’envahit. Je voulais être comme ces Pères Spiritains qui travaillaient chez nous.
   Engagé dans le groupe appel, je participais aux camps Appel organisés dans le diocèse de Franceville. Au fur et à mesure que le temps passait, le désir d’être religieux grandissait en moi. Après l’obtention de mon baccalauréat et après plusieurs années en tant qu’aspirant, j’ai été recommandé au séminaire par le curé de ma paroisse d’origine. Ce fut le début d’une nouvelle aventure avec mon Dieu.
   En tant que le plus jeune spiritain gabonais et bien sûr à travers mon cheminement vocationnel, j’ai compris que la vocation engage les sentiments, elle fait appel au goût, à l’éducation, à la culture. Je fis mes études de philosophie au grand séminaire spiritain Daniel Brottier de Libreville. Au soir de ses études, je fus admis au noviciat spiritain d’Afrique centrale à Mbalmayo au Cameroun. J’ai fait ma première profession le 8 septembre 2018 au Cameroun, la profession qui fait de moi un religieux spiritain (pour l’instant le plus jeune spiritain gabonais). Mes parents étaient contents de l’acte que je venais de poser, c’est une grande joie, celle d’avoir un religieux dans la famille.
 
Source :
Père Tiburce Casimir NDONG OBIANG


Sœurs de l’Immaculée Conception de Castres
Vivre de la vie de ce Dieu Sauveur !
Gabon : 1849

1. Présentation
   Notre Congrégation s’appelle les Sœurs de Notre Dame de l’Immaculée Conception de Castres. À travers ce nom, nous nous engageons à vivre comme Marie, disponibles à Dieu et renonçant aux malices du péché en vivant de la vie de Jésus Sauveur.
   Notre fondatrice est Sainte Jeanne Émilie de Villeneuve.
 
2. Notre Charisme
   « Vivre de la vie de ce Dieu Sauveur », « au service des plus pauvres, des peuples les plus méprisés, les plus abandonnés, là où Jésus n’est ni connu, ni aimé », ainsi notre fondatrice définissait notre charisme.
   Ce qui nous spécifie, c’est un quatrième vœu qui nous engage à « travailler au salut du prochain » aux dépens de notre repos, de notre santé, de notre vie même s’il le fallait. Ce vœu nous rend disponibles pour aller en mission là où nous sommes envoyées. « Peu importe que je sois ici ou là ; que je fasse ceci ou cela. L’important est que je fasse en tout et partout, la sainte volonté de Dieu ». Nous pouvons ainsi être envoyées dans quatre continents ou aussi, passer toute notre vie dans notre pays : « Disponibilité, disponibilité, Dieu Seul ou mourir ».
 
3. Notre arrivée au Gabon
   Notre Congrégation s’est implantée au Gabon le 8 août 1849. Notre raison d’être au Gabon se fonde sur notre charisme. Celui-ci nous stimule à la suite de Jésus Sauveur, à annoncer l’Évangile et à le servir dans les plus démunis.
 
   A l’époque de notre arrivée, le Gabon faisait partie des pays considérés comme sinistres, dépourvus de tout. Par notre quatrième vœu, toute la raison d’y être, était fondée.
 
   Notre congrégation a participé aux grands mouvements des congrégations missionnaires qui sortirent aux siècles passés pour « aller faire connaître Jésus ». Au Gabon, les conditions sociales et politiques sont très précaires mais il y a une organisation à double sens : d’un côté, les royaumes de la côte, de l’autre l’administrateur français. Voici le témoignage d’une de nos Sœurs à leur arrivée au Gabon : « Le 8 Août jour de notre débarquement, nous nous levons plus tôt que de coutume. Il nous tarde de mettre pied à terre. Le lieutenant nous fait armer un canot, nous prenons trois négresses et une partie de nos bagages. A peine sommes-nous sur la plage que Monsieur le Supérieur arrive et nous conduit à notre nouvelle habitation que nous trouvons charmante malgré que cette maison ait été vraiment pillée. Plusieurs volets et deux croisées ont été enlevés. Monsieur le Supérieur dit à plusieurs noirs de la nettoyer ; ils s’empressent d’obéir. Cette maison est vaste et bien située à peu de distance de la mer ; il y a quatre grandes pièces et trois petites, l’une des grandes est choisie pour chapelle. Nous avons le bonheur d’entendre la Sainte Messe le 24 fête de Sœur Barthélemy, et d’y garder la réserve. La deuxième et la troisième pièces servent l’une de dortoir, l’autre de parloir… Notre cuisine est dans la cour ; elle est fort commode, elle a une cheminée, un fourneau en briques et un petit four.
Dans la cour, se trouve une case où couche un homme légitimement marié, de ceux de l’Elizia, pour être notre gardien. Il a un fusil et dans la nuit, il a soin de faire une ou deux décharges. A trois pas de la cuisine, se trouve encore un grand hangar. Nous avons un grand jardin près de la cour, il y en a déjà une partie d’ensemencée. La Sœur Anastasie a semé des radis, des laitues, des épinards, des choux ; et tout a levé. Le terrain ne manque pas. Je crois qu’avec les pluies qui vont arriver dans une quinzaine de jours, il y aura de quoi récolter.
Après avoir visité notre habitation, Monsieur le Supérieur nous a conduites chez lui, et notre premier soin a été d’aller adorer le Très Saint Sacrement. Inutile de vous dire combien il nous tardait d’entrer dans une Église. Les missionnaires sont bien logés, leur maison est en bois, elle est tenue fort proprement, leur cuisine est à part. Ils ont fait construire une case pour leurs enfants qui ont chacun leur couchette. Je ne puis vous dire avec quelle bonté nous ont accueillies ces messieurs. Ils nous ont offert leurs services et nous ont recommandé de nous adresser à eux quand nous aurions besoin de quelque chose…
Les bons gabonais seront tout joyeux de nous voir, ils savent nous dire quelques mots, au reste ici la plupart des hommes parlent un peu français, il y a même quelques femmes, Ces dernières sont esclaves pour la plupart ; toutes veulent venir chez nous pour apprendre à coudre, disent-elles Nous nous trouverions bien contentes de les gagner à Dieu de cette manière. Ici une fille est mariée à huit ans. Les chefs ont jusqu’à 80 femmes ; c’est ce à quoi consiste leur richesse. Ils les font beaucoup travailler et les traitent comme des esclaves. L’autre jour, une femme du Roi nous a dit qu’elle travaille toujours ; que nous autres, nous sommes bonnes mais non pas elle. Les femmes en général, sont de petites tailles et n’ont pas le teint aussi noir que celles du Sénégal. Elles tressent leurs cheveux ou bien elles les entremêlent avec des immortelles rouges fort communes au Gabon, puis elles y passent une espèce de grosse aiguille à tricoter.
Les productions du pays consistent en ivoire, bois d’ébène et bois de construction. Nous ne sommes pas en peine pour le bois, nous en avons à deux pas, il n’y a qu’à les ramasser et il n’en faut que pour la cuisine. Le pays produit encore des patates douces, des ignames, le riz y vient très bien, la canne à sucre, le café, les bananes, les ananas, etc. Par exemple le poisson est assez rare. On cultive une espèce de haricot qui vient toute l’année et sans aucun soin. Les poules sont petites et bien chères. L’eau n’est pas aussi rare qu’à Dakar ; cela vient sans doute de ce qu’il y a deux saisons de pluies dans l’année, l’une commence à la fin de Septembre et dure jusqu’à la fin de décembre. L’autre commence au mois de Mars et finit à la fin de Juin. Durant la mauvaise saison, le tonnerre est très fort et les éclairs si vifs qu’on est à ces moments-là, tout électrisé, ce qui agit fortement sur les nerfs. Les moustiques nous dévorent une bonne partie de la journée et la nuit, ils ne nous laissent pas un instant de repos ; on a beau les chasser, ils reviennent toujours.
Priez, chères Mères et bonnes sœurs pour celle qui vous aime en Jésus et en Marie ! »
 
4. Notre Présence au Gabon
   Nous nous sommes tout d’abord installées à Libreville, à côté de l’ancienne Cathédrale, première Église d’Afrique centrale. C’est la ville que nous proposa Mgr BESSIEUX. C’était aussi le seul coin du Gabon où l’Église catholique était installée.
   De Sainte Marie, les Sœurs allèrent initier ce que deviendra la future paroisse Saint Pierre aux Plateaux et ouvrirent en ces lieux, la première école des filles, le premier hôpital dit dispensaire de Sr Saint Charles, En 1976, cette communauté sera transférée à la Gare Routière chez les « Sœurs Bleues » où elle existe jusqu’en ce jour comme Maison provinciale avec une école préscolaire. Elles ouvrirent la première communauté hors de Libreville au Cap Esterias en 1851. Elles fondèrent encore à Libreville d’autres communautés dont :
Immaculée Conception (1957)
Nzeng-Ayong (1994)
Sacré Cœur (1996) transféré à STFO (en 2006) où l’on ouvrira le Complexe scolaire Mère Jean Gabriel.
   Notre congrégation s’est progressivement implantée dans d’autres villes du Gabon :
Lambaréné depuis plus de 100 ans
Port-Gentil bientôt 70 ans en 2019
Il est à noter que notre installation dans ces deux villes, est notre réponse à la demande des Spiritains pour l’évangélisation des femmes et l’éducation des jeunes filles.
Fougamou depuis 1962, pour continuer la mission initiée à Sindara à Notre Dame des Trois Epis : l’éducation des filles et les soins des malades ; le contrat pour la formation des Sœurs de Sainte Marie du Gabon étant terminé.
Mékambo en 2012
Ntoum en 2017
   En dehors de ces localités, les sœurs furent à Donguila, à Sainte Anne du Fernan-Vaz, à Mouila, à Oyem, à Mandji. Lors de la crise vocationnelle au Gabon, elles durent fermer ces communautés ou les cédèrent à d’autres instituts.
 
5. La première vocation gabonaise : Sœur Hyacinthe ANTINI
   La première religieuse gabonaise s’appelle Hyacinthe ANTINI.
Elle a fait sa première profession religieuse le 15 mai 1890. Ses parents ont été captivés et sont devenus porteurs de De Brazza. Ils moururent successivement au cours de la caravane qui les menait de Lastourville à Libreville. Monsieur De Brazza prit en affection la petite ANTINI et vint la confier aux Sœurs bleues à Saint Pierre.
   Notre famille religieuse a d’abord joué le rôle de substitut de ses parents en lui donnant une éducation intégrale. C’est, devenue adolescente que Hyacinthe confia son secret qui fut bien accueilli. Il lui fut désigné une maîtresse de formation jusqu’au jour de sa profession religieuse.
 
6. Le témoignage d’aujourd’hui :
                            Sœur Michelle NKOMA ARIANO
   Le nom de la plus jeune professe gabonaise est Sœur Michelle NKOMA ARIANO. Elle a fait sa (première) profession religieuse le 5 septembre 2015 à l’âge de 23 ans.
   Les joies que notre Congrégation rencontre actuellement dans l’accompagnement des vocations, sont :
Il y a de plus en plus de jeunes gabonaises qui frappent à la porte de notre famille
religieuse ces dernières années; ce qui nous permet aujourd’hui d’avoir les différentes étapes de la formation initiale sur place. Mais comme Province, nous envoyons aussi des sœurs en mission même en dehors du continent car, cela fait partie de notre vocation.
Notre joie, c’est aussi d’expérimenter de manière plus forte ce rêve de notre Fondatrice
d’aller rejoindre les peuples là où personne ne veut aller: la joie d’avoir une communauté à presque 800 kilomètres de Libreville (Mékambo). La mission de la communauté rayonne sur plusieurs villages.
La joie d’avoir ouvert une autre communauté à Ntoum alors dépourvu de présences
religieuses féminines.
La joie de voir grandir l’Eglise du Gabon qui, comme le disait Saint Jean Paul II, « se
lève et commence à marcher ». Nous rendons grâce à Dieu.
 
   Les difficultés sont parfois liées aux défis de la fidélité à l’engagement pris, les influences et attractions de la société actuelle pas toujours compatibles avec notre vie religieuse ainsi que notre propre péché.
 
   Ce qui nous motive la jeune professe dans la réalisation de sa vocation dans le monde d’aujourd’hui, est la conscience d’être fortement aimée de Dieu et la conviction de répondre à cet amour dans la vie religieuse. Nos jeunes professes en général, sont très motivées pour les missions auprès des plus pauvres.
 
Source : Sœur Marie Sidonie OYEMBO


Frères de Saint Gabriel
Dieu Seul !
Gabon : 1900

1. Présentation
   Le nom officiel de notre congrégation est Frères de Saint Gabriel. Notre fondateur est Saint Louis-Marie Grignon de Montfort, né le 31 Janvier 1673 à Montfort-sur-Meu petite ville de la Bretagne. Notre nom a une signification particulière et très profonde :
Frère : C’est le nom que traditionnellement, on a donné au religieux laïc dans l’église
depuis les débuts de la vie consacrée. Il ne lui est pas exclusif, bien sûr, mais il transmet de façon significative à la communauté ecclésiale à laquelle il appartient qu’il est mémoire prophétique de Jésus-Frère, qui déclara à ses disciples : « Et tous, vous êtes Frères » (Mt 23,8).
 
Gabriel : Il est considéré comme le messager de Dieu dans la Bible. Il a annoncé à
Zacharie, le mari d’Elisabeth, qu’elle aurait un fils nommé Jean. L’archange Gabriel a une fois de plus, rempli la fonction de messager en étant envoyé dans une ville de Galilée appelée Nazareth auprès de la vierge Marie. Il est apparu à elle en lui annonçant qu’elle donnerait naissance à Jésus. Cet événement est appelé l’annonciation.
Ce nom est lié à notre spiritualité christocentrique et mariale qui remonte du père Gabriel DESHAYES en titre de co-fondateur.
 
2. Charisme
   Il consiste à faire connaître Jésus-Christ, la sagesse éternelle et incarnée par l’éducation sous tous ses aspects et à tous les niveaux, en privilégiant les enfants et les jeunes souffrant de divers handicaps sensoriels (sourds, aveugles …).
Nous vivons cet engagement en devenant des éducateurs de la foi, héritiers de Louis-Marie ; nous voulons avec nos contemporains, travailler à faire arriver le règne de Jésus par Marie.
 
3. Présence au Gabon
   II faut remonter au tout début de ce siècle pour comprendre l’action missionnaire de notre famille religieuse. C’était le Dimanche 07 Octobre 1900 que les trois premiers Frères de Saint-Gabriel arrivent à Libreville.
   C’est dans le sillage des Pères Spiritains qui portent l’annonce de l’Evangile à l’intérieur du des pays, que les Frères de Saint-Gabriel se chargent d’implanter les écoles comme moyen de promotion humaine. Nos trois premiers frères : Fulgent, Théodule et Roger, arrivent à Libreville à la demande de Mgr Jean-Martin ADAM, alors vicaire apostolique des deux Guinées. Ils s’implantent à Libreville pendant la période coloniale, époque où l’inégalité entre les autochtones et les colons était grande et remarquable.
   Les Frères de Saint Gabriel ont pour mission de prendre en charge l’unique école catholique du Gabon, fondée en 1845 par Mgr BESSIEUX et tenue jusqu’alors par les Pères de Libreville et quelques moniteurs. En 1902, avec l’autorisation du Prélat, la petite école prend le nom de Montfort, du nom du Saint Fondateur des Frères de saint Gabriel, saint Louis-Marie Grignon de Montfort.
   Sous l’impulsion des Frères de Saint-Gabriel, l’établissement va rapidement devenir une pépinière d’hommes éminents (prêtres, évêques et hauts fonctionnaires).
 
4. Communautés de la Délégation gabonaise
   Dès 1901, les Frères de Saint-Gabriel sont signalés à Lambaréné où ils fondent Saint François-Xavier. En 1944, ils prennent en l’école de Saint Louis et son secteur scolaire à Port-Gentil. Puis en 1961, c’est le CEG Saint-Louis actuel Collège Raponda Walker qui est créé. Au fil des ans, d’autres réalisations sont signalées à travers le pays :
Ecole normale Saint-Gabriel de Mouila en 1956
Collège moderne d’Angone à Oyem en 1957
Collège Notre Dame de Lourdes à Lambaréné en 1958
Saint Dominique de Moanda en 1965.
   De Mouila à Oyem, en passant par Moanda, les Frères de Saint Gabriel vont œuvrer pour l’éducation des jeunes gabonais. Outre l’activité pédagogique, pastorale et communautaire, les Frères de Gabriel du Gabon se distinguent également à travers l’imprimerie Saint-Joseph de Libreville créée en 1951.  
   Aujourd’hui encore, quelques Frères de saint Gabriel poursuivent leur mission au Gabon pour une présence missionnaire et la continuité des œuvre gabrielistes :
Libreville : Présence missionnaire et service à l’imprimerie Saint Joseph
Port-Gentil : Pastorale scolaire et enseignement au collège-lycée Raponda Walker
Oyem : Pastorale scolaire et enseignement au collège d’Angone
 
5. La première vocation gabonaise :
                                   Pierre-claver NKOGHE
   Frère Pierre-claver NKOGHE a fait sa première profession religieuse en 1958 à 25 ans d’âge.
Qu’y-a-t-il à l’origine de sa vocation sinon l’expérience de l’amour de Dieu ?
   « A l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive » disait le pape Benoit XVI. A l’origine de sa vocation, on n’en sait pas grand-chose ; peut- être le contact régulier avec les Frères d’autant plus qu’il était enseignant dans leur école. Mais par rapport à sa famille biologique, on n’en sait rien si elle était d’accord ou pas.
   De 1900 à 1958, il y a eu beaucoup de doutes car plusieurs comme lui qui avaient commencé dans notre congrégation, se sont vite découragés et n’ont plus poursuivi leur cheminement avec nous.
   En juin 1954, il est admis au concours d’élève moniteurs à l’école Montfort où il enseignait et il avait été le seul candidat. Il a fait son noviciat en France : il a suivi tout le programme du noviciat, avec d’autres jeunes et a toujours été accompagné et encouragé. Il a suivi des sessions de formation diverses sur la spiritualité Montfortaine.
 
6. Le témoignage d’aujourd’hui : Rodrigue DOUMAMBILA
   Actuellement, la congrégation n’a pas de jeune profès gabonais mais un seul profès perpétuel.
   Nous avons la joie de pouvoir accompagner actuellement Rodrigue, postulant gabonais, avec l’espoir que celui-ci tiendra jusqu’au bout. Nous sommes convaincus de la mise à jour des programmes de pastorale vocationnelle. A présent, un Frère y travaille pour toute l’entité du Gabon. La formation et l’accompagnement du postulant sont assurés par un autre. Le défi est de regarder l’avenir avec espérance à travers les événements de notre famille religieuse.
    A Saint Gabriel, ce n’est pas une formation inadéquate qui ne répond pas aux nécessités de la personne ! Non c’est la formation intégrale, adéquate et accompagnée de la personne.
A Saint Gabriel, ce n’est pas tenir la beauté, la joie, le charisme et le dynamique de l’évangile ! Non c’est être des témoins qui ont un amour préférentiel pour les pauvres.
 
   A Saint Gabriel, ce n’est pas être une cohabitation égoïste en communauté ! Non c’est le visage d’une église famille dans l’attention, l’écoute, l’accueil désintéressé de l’autre. C’est aspirer à l’unité d’une fraternité universelle joyeuse.
 
Source:
                                                Frère Rufin NDAMBU


Sœurs de Sainte Marie du Gabon
Avoir un grand amour, faire un grand sacrifice
Gabon : 1911

1. Présentation
« Sœurs de Sainte Marie du Gabon » est une congrégation autochtone de droit diocésain, placée sous la juridiction de l’évêque où se trouve la maison mère. Elle est fondamentalement composée de gabonaises.
   Le nom « Sœurs de Sainte Marie » a été donné par Mgr ADAM dès la fondation de la congrégation. Pour notre fondateur, il ne peut avoir des doutes que les jeunes sœurs gabonaises soient sous la protection de Marie et spécialement de son Cœur Immaculé. En plus en tant que prêtre spiritain, il est fils du Cœur Immaculé de Marie. Selon l’esprit de cette famille religieuse spiritaine, Marie est celle qui comble leurs attentes ; les spiritains meurent en l’invoquant, comme le dit le père REGNIER « Quand il n’y aura plus rien à espérer des hommes, Marie se montrera ».
   Depuis 1990, la congrégation s’ouvre à l’extérieur en accueillant en son sein, les jeunes filles d’autres pays.
 
2. Fondateur : Mgr Jean Martin ADAM
   Jean Martin ADAM naquit à Sigolsshem (Haut Rhin), le 25 août 1846. Il est le fils unique de sa mère et l’aîné des enfants de son père. En effet, après la mort de sa mère, son père fut obligé de se remarier à Marie-Joséphine SALZMANN le 28 avril 1847. De ce nouveau foyer naitront d’autres enfants parmi lesquels le père de Mgr Jean Jérôme ADAM, le promoteur de la Congrégation des Sœurs de Sainte Marie du Gabon.
   Après avoir passé deux ans chez les frères Marianistes, il fut mis au petit séminaire de la
Chapelle et il y fit toutes ses études. Voici les paroles de Jean Martin ADAM : « Mes études terminées, je m’y rendis pour m’orienter sur ma vocation. Et pendant la nuit d’adoration que j’y passais, j’entendis comme une voix intérieure qui me disait : ‘va dans la congrégation du Saint Esprit, la vie religieuse est pour le missionnaire une sauvegarde’ ».
Présenté et recommandé par son curé, il fut admis dans la congrégation en 1868 et fit sa profession en 1873. C’est alors que commence la vie active du père ADAM, partagée en trois étapes :
– Bourbon (1874-1889)
– Gabon (1890-1914)
– Bordeaux (1914-1929)
Nous vous présentons quelques caractéristiques de notre Fondateur :
Homme charitable, juste, attentif et Apôtre de la promotion de la femme : Dès son arrivée, il constate la misère de la femme Gabonaise. Aussi décide-t-il de la libérer du joug de la tradition. Ainsi, son désir de promouvoir la femme Gabonaise le poussait à aller dans les villages prendre des jeunes filles et les femmes maltraitées dans leurs foyers pour les mettre à l’école des Sœurs. Il remboursait la dot des fillettes qu’on donnait en mariage sans leur consentement. Il donne un nouvel essor à l’éducation des filles en favorisant l’ouverture d’un internat à Saint Pierre ; il veille au fonctionnement, à l’évolution de cet internat et de l’école des sœurs. De ce fait, dans son « journal » tenu très scrupuleusement, il note trimestriellement avec exactitude, le nombre des inscrits, le total des présences. Il fait les moyennes pour évaluer les progrès et les régressions. Voici les résultats de quelques statistiques entre autres :
Le 03 Mai 1908 : « il y a 30 externes à l’école des filles et une présence moyenne seulement de 7 filles par jour. C’est maigre ».
Le 07 Février 1909 : « Internat des sœurs, 25 filles avec une présence moyenne de 10 sur 21 jours de classe ».
28 Octobre 1909 : « Au début de la nouvelle année scolaire, il y a 57 internes écolières, 19 apprenties, 35 externes ».
Satisfait en Novembre 1910, il s’exclama : « Quand je songe qu’il y a trois ans de cela, tous étaient contre moi, Echec certain, disait-on ! » Aussi, pendant son séjour à Bordeaux, il prêche des retraites aux religieuses, ils remplacent les aumôniers des Sœurs en cas d’empêchement ou de vacances pour que ces dernières ne manquent pas de messe. Il révise leurs Constitutions et les visite dès qu’il a un petit temps.
Homme audacieux : Il a osé fonder une famille religieuse dans une société où la femme
n’avait pas encore la parole, où le rôle de cette dernière ne se limitait qu’à donner une progéniture à son époux, la dot à ses parents et à assumer les travaux de la maison• Dans un pays où les religions traditionnelles régnaient avec la peur de la colère des dieux, la peur de la malédiction et le respect des interdits, Jean Martin ADAM a su contrer ce joug qui pesait sur la société traditionnelle gabonaise pour promouvoir la femme. Il a non seulement fondé un institut mais il a aussi libéré plusieurs fillettes des mariages non voulus pour les instruire d’une part, et d’autre part, il a dû dépasser l’opposition de ses confrères.
 
Homme réaliste : Au début du XIXème siècle, Mgr Jean Martin ADAM évêque de Libreville de 1897 à 1914, troisième successeur de Mgr Jean Rémi BESSIEUX, arrivé au Gabon en 1893, avait compris très vite que l’Eglise en Afrique devait avoir ses propres familles religieuses, bien adaptées aux situations locales et à même d’intervenir plus efficacement. Mgr Jean Martin ADAM aidé par les Sœurs Bleues, lança une grande offensive pour que les filles comme des garçons accédassent à l’éducation.
 
Fondateur : Il est habité du désir de promouvoir la femme. C’est en 1911, en la fête de l’Immaculée Conception que Dieu comblera l’attente de son serviteur Mgr Jean Martin ADAM en lui accordant la grâce de fonder la congrégation des Sœurs de Sainte Marie du Gabon. Comment cela s’est-il passé ? « Parmi les internes, en cette année 1911, il y avait deux jeunes filles de 18 ans. Toutes deux étaient nées en 1893, à quelques mois d’intervalle. Il s’agit de Léonie BEBEDI et d’Anne Marie DEMBIANO ». Léonie était entrée chez les sœurs à l’âge de 9 ans et Anne Marie un peu plus tard. C’était donc là, en voyant vivre les sœurs et en commençant à partager leur vie que naquît en elles le désir de devenir religieuses. En effet, à l’occasion de la fête de l’Immaculée Conception, des jeunes sœurs de l’institut de l’Immaculée Conception et des jeunes frères spiritains renouvelaient leurs vœux. Léonie et Anne Marie ont été touchées par le cri de Mgr Jean Martin ADAM dans son homélie : « Voici les hommes, voici les femmes qui se sont consacrés à vous. Quand aurai-je le bonheur, ô mon Dieu, de vous consacrer les femmes africaines de ce pays ? » chacune de son côté, Léonie et Anne Marie prirent la résolution de devenir religieuses ; elles en parlèrent à leur confesseur à la sortie de la messe. Celui-ci les mit en contact avec Mgr Jean Martin ADAM. Ce dernier décida de fonder une congrégation religieuse autochtone. Il demanda aux sœurs de l’Immaculée Conception d’accueillir les deux aspirantes dans leur communauté de Donguila. Sœur Saint Justin fut choisie pour être la première formatrice de cette congrégation naissante.
 
Parole de vie (conseils et principes) de Mgr ADAM
• « La vie religieuse est pour le missionnaire une sauvegarde »
• « Mon cœur est aux Africains »
• « Mon esprit se portait sans cesse vers les missions étrangères »
• « Sans une grâce spéciale, il est extrêmement difficile d’être un bon missionnaire en Afrique, si l’on n’est pas soutenu par la vie religieuse et de communauté »
• « Un évêque missionnaire n’a pas droit à la retraite, il va tant que ses jambes peuvent le porter, et il ne s’arrête que pour mourir.
 
3. La fondation des Sœurs de Sainte Marie du Gabon
   La congrégation a été fondée en 1911 à Libreville, ville d’accès des premiers missionnaires, lieu de naissance de l’Église Catholique au Gabon et en Afrique Centrale, siège du vicariat apostolique du Gabon.
   En outre cette fondation se fait dans une période critique. En effet, les années 1911 et 1945 marquent les évènements de la colonisation et des guerres mondiales.
   Menacée par la crise de vocation, la Congrégation a dû fermer plusieurs communautés à l’intérieur du pays. Elle est actuellement présente à Libreville, Lambaréné, Mouila et Port-Gentil.
 
4. La raison d’être des Sœurs de Sainte Marie
   La fin première des Sœurs de Sainte Marie du Gabon est de procurer la gloire de Dieu et la sanctification de tous les membres de la congrégation, ainsi que celle de leurs frères les hommes, dans l’observation des trois vœux, à l’imitation de Jésus-Christ chaste, pauvre et obéissant à son Père pour le royaume. Les petites Sœurs de Sainte Marie se rappelleront donc toujours qu’elles se sont données à Dieu pour la conversion et le salut des infidèles. Elles s’efforceront en particulier de promouvoir par tous les moyens, par la prière, par l’exemple et par l’enseignement, le relèvement moral et la formation chrétienne des jeunes filles et femmes de leur pays.
   Elles seront prêtes également à :
se dévouer aux soins des malades et à toutes sortes de travaux compatibles avec la sainteté de leur vocation
aller dans les zones les plus reculées
aller vers les âmes les plus abandonnées.
« Ce qui ne peut être possible que si les Sœurs aiment Dieu et par conséquent ces âmes. Pour cela, elles doivent répondre à la demande de Jésus : avoir un grand amour, faire un grand sacrifice » (Homélie du père GAUTHIER lors du premier engagement de Mère Cécilia dans la Congrégation des Sœurs de Sainte Marie du Gabon).
 
5. Notre charisme
   Notre Congrégation a pour charisme de témoigner de l’amour du Christ en promouvant l’éducation de la jeune fille et de la femme, en défendant ses droits, pour la libérer du joug traditionnel, toutes données au service de quiconque aura besoin de nous.
   Au chapitre général de 1995, les Sœurs ont destiné leur charisme à toutes les femmes quelques soient leurs pays ou leurs races.
   Pour apporter une réponse chrétienne aux besoins de la société, la Sœur de Sainte Marie se fera un devoir de contester énergiquement et sans violence la société civile dans ses dérapages moraux afin de lui proposer une réponse positive et chrétienne (Cf. article 4 p.8 des Constitutions des Sœurs de Sainte Marie, anciennes et nouvelles), prenant ainsi le visage du Christ éducateur et soignant.
 
6. Les deux premières vocations gabonaises :
                                               Sœur Augusta et Sœur Julia
 
Sœur Augusta
   Née Léonie BEBEDI, sœur Augusta était la fille de Léon DIBOULA et de Marie-Agathe BOELI, tous deux chrétiens et responsables de plusieurs enfants.
   Léonie BEBEDI cst née le 09 juillet 1893, dans l’île de Corisco (Guinée espagnole), elle était dc la tribu Benga du Cap Estérias. Elle fut baptisée le 09 décembre 1893, à 7 mois par le père DURON. En 1902, à 9 ans, elle fut confiée aux sœurs de l’Immaculée Conception à la paroisse Saint Pierre de Libreville. A cause de son état de santé fragile, elle devait repartir souvent chez ses parents qui la ramenaient à l’internat quand la santé s’améliorait. Elle fut confirmée le 13 avril 1906 toujours à Saint Pierre. Les premiers attraits de Léonie pour la vie religieuse datent d’une instruction donnée par le père Gautier sur la beauté de l’âme en état de grâce.
   Les années passent. Léonie se décide enfin de confier son secret à son confesseur qui ne la prend pas d’abord au sérieux. Mis au courant, le Père CADIOU la suit de près et informe à son tour mère Anastasie.
   Au cours de la cérémonie de renouvellement des vœux par les jeunes frères spiritains et religieuses de l’Immaculée Conception, Mgr ADAM pousse ce cri : « Voici les hommes, voici les femmes qui se sont consacrés à vous. Quand aurai-je le bonheur, oh mon Dieu, de vous consacrer les femmes africaines de ce pays ? »
Interpellées par ce cri, Léonie et Anne Marie confient à leur confesseur leur désir d’être religieuses. Le prêtre sert de pont entre ces dernières et l’évêque Mgr ADAM et sœur Anastasie se concertent pour envoyer Léonie à Donguila, où, mêlée avec les filles de la mission, on peut étudier sa vocation sans éveiller les soupçons de l’entourage. Elle se rendit à Donguila, emmenée par Mgr ADAM, le 13 décembre 1911. Elle fut admise à la vêture le 25 décembre 1913 en même temps que Anne Marie. En ce jour spécial, Léonie parée du voile et de la fleur d’orange des mariées, avança résolument vers l’autel du Christ en présence de Mgr MARTROU et devint sœur Augusta.
 
   Le 9 décembre 1917, elle fit sa profession religieuse, à l’âge de 24 ans après avoir terminé sa probation à Ndjolé. Par cet acte de consécration à Dieu, Léonie renonce à l’idée de mariage et au désir de fonder une famille qui habitait toutes les jeunes filles de son âge.
   Sœur Augusta a été ensuite affectée à Ndjolé où elle partageait la vie communautaire des Sœurs de l’Immaculée Conception. Elle était chargée de l’internat jusqu’en 1924.
 
Sœur Julia
   Née Anne Marie DEMBIANO le 08 janvier 1893 à Louis, de Vincent ORANGO, un homme calme et pieux, et de Marie AWORE appartenant à une grande famille, elle est la petite fille du roi Denis RAPONTCHOMBO.
    Louis était l’un des illustres quartiers de Libreville ; il doit cette nomination au roi Louis DOWE qui avait conclu un traité avec Willaumez BOUET, assisté de BROQUANT le 18 mars 1842. Ce traité permit aux français l’acquisition des terres principalement sur la rive droite de l’Estuaire.
   Anne Marie reçut le baptême à Pointe Denis le 08 avril 1894.
Orpheline de mère, son père l’a confiée aux sœurs de l’Immaculée Conception, à Saint Pierre. Ainsi, lorsque meurt Marie, la mère d’Anne Marie, ce fut un rude coup pour monsieur Vincent et pour toute la famille. Anne Marie avait 8 ans. Cet évènement la marqua sans que l’on sache qu’elles en furent les conséquences. Elle n’a jamais fait de confidence sur ce point. En famille, on évitait de parler de l’absence de Marie pour ne pas provoquer de crises de larmes.
   Monsieur ORANGO fit face avec vaillance à sa nouvelle situation et prenait ses responsabilités ; malgré la pauvreté, on était heureux parce qu’on s’aimait. De plus, les pauvres savent s’entraider ; voisins et amis étaient toujours disposés à partager et à rendre service. Les années passèrent vite, Anne Marie était maintenant une adolescente en recherche de sa vraie responsabilité.
   Pour ses compagnes, c’était une fille comme les autres. Anne Marie leur paraissait sérieuse et intelligente ; elle plaisantait et riait comme une petite folle, mais sans mauvaise intention. Elle se distinguait déjà par le sérieux de toute sa vie.
   Anne Marie fit sa première communion à 1l ans, en 1907, le jour de la fête de l’Immaculée Conception. Ce grand évènement spirituel l’avait marquée particulièrement. Elle s’était distinguée de ses compagnes et manifesta à cette époque un peu plus de sérieux vis-à-vis du Seigneur.
   Elle arriva à Donguila le 23 mars 1911 et elle entra au postulat le 22 mars 1912. Anne Marie devint sœur Julia après avoir été admise à la vêture le 25 décembre 1913 par Mgr MARTROU. Nous notons là une profonde évolution spirituelle déjà amorcée et qui allait se développer harmonieusement au cours des années suivantes.
   Son désir de la vie consacrée se fit intense et plus précise. Elle fit la profession religieuse le 09 décembre 1917 entre les mains de Mgr MARTROU.
   Sœur Julia partit aussitôt en 1917 à Lambaréné jusqu’en 1923 où elle y partagea la vie communautaire des Sœurs de l’Immaculée Conception, en étant chargée de l’internat. En 1923, elle fut envoyée à Franceville comme supérieure et fondatrice jusqu’en 1932, de la première communauté de la congrégation des sœurs de Sainte Marie rattachée à celle des sœurs de l’Immaculée Conception, baptisée « Saint Hilaire ». Par la suite, elle sera appelée à fonder d’autres couvents ou communautés comme celui de Ndenga (Mbigou) en 1932 et encore celui des Trois Épis de Sindara en 1934.
   Sœur Julia s’engagea définitivement par les vœux perpétuels le 28 Octobre 1948 à Sindara en la paroisse Notre Dame des Trois Epis, entre les mains de Mgr Jean Jérôme ADAM. En 1937, elle est de nouveau à Lambaréné où elle restera jusqu’en juin 1954. Le 20 juin 1954, elle est affectée à Sainte Marie pour remplacer les religieuses européennes de la congrégation des Sœurs de l’Immaculée Conception de Castres. Elle mourut le 06 juillet 1983 à 89 ans.
 
7. Le témoignage d’aujourd’hui :
                        Sœur Olga Armelle ESSENG MENDAME
 
   Sœur Olga Armelle est actuellement la plus jeune professe gabonaise. Elle a fait sa première profession religieuse le 25 mars 2004 à 26 ans en la fête de l’Annonciation.
Sœur Olga exprime ainsi sa motivation : « Ce qui me motive dans la réalisation de ma vocation dans le monde d’aujourd’hui c’est :
l’amour que Dieu me porte en m’associant à son œuvre d’évangélisation
la volonté de suivre les traces de notre Seigneur dans le service selon notre charisme
le témoignage des saints et des aînés est aussi pour moi, un stimulus.
Actuellement, notre joie dans l’accompagnement des vocations est que les jeunes sont pleines de volonté à se consacrer à Dieu. Toutefois, ces jeunes viennent avec des blessures et chacune avec son fardeau tant culturel qu’humain ou moral, ce qui rend la tâche de la formation difficile.
 
  Source :
        Sœur Thérèse Assumpta ZANG BEYEME


Sœurs de Notre Dame du Très Saint Rosaire
Tout pour Dieu !
Gabon : 1942

1. Présentation
   Notre nom officiel est la Congrégation des Sœurs de Notre Dame du Très Saint Rosaire.
 
2. Signification du nom
   Qui dit Rosaire, dit Chapelet.
Comme son nom l’indique, cela est lié à la récitation du rosaire.
   En effet, avant la naissance de la Congrégation, les journées de la fondatrice et de ses premières compagnes étaient rythmées autour du Rosaire. Ces jeunes filles du Dauphiné qui rayonnaient par leur foi dans le village en faisant le travail dans les champs, la catéchèse, la visite aux malades, aux personnes abandonnées et aux vieillards, furent appelées par les habitants, les Sœurs de l’Immaculée, mais le dogme de l’Immaculée n’étant pas encore promulgué, l’évêque de Grenoble mit la Congrégation naissante sous le vocable de Notre Dame du Saint Rosaire : « On vous appellera les Sœurs de Notre Dame du Très Saint Rosaire ».
   Le Rosaire est la prière du peuple, c’est l’Evangile des pauvres et les Sœurs étaient les filles du peuple, des pauvres filles qui voulaient vivre leur foi.
 
3. La Fondatrice
   Elisabeth GIRAUD est la fondatrice de notre Congrégation. Née le 14 Août 1797, en pleine révolution française à Pont-de-Beauvoisin (France), de Claude GIRAUD et de Benoite BURTIN, Elisabeth reçut le baptême trois jours après sa naissance de Mr BLAIN, prêtre à Domessin. Deuxième de cinq enfants, les épreuves ne lui seront pas épargnées, ni pour elle-même, ni pour sa famille : maladies, deuil avec la mort de son père alors qu’elle n’avait que huit ans, travail incessant, pauvreté, errance avec sa mère atteinte de crises de folie. Mais sa foi inébranlable en Dieu et sa dévotion à la Vierge des douleurs l’accompagneront fermement sur cet itinéraire de la vie, lieu où l’homme écrit son histoire de salut avec Dieu. C’est également par cette foi héroïque, pour une fillette de 9 ans, qu’elle obtiendra la santé de sa mère, après une neuvaine de messe à l’Esprit Saint qu’elle avait demandée au curé de la paroisse grâce à ses petites économies.
Malgré sa pauvreté, Élisabeth était coquette. Aussi, à 19 ans lors d’une messe à Miribel, alors que le prêtre prêchait sur la vanité des choses, elle est remuée et saisie dans son for intérieur.
Revenue à la maison, Élisabeth, n’ayant rien perdu des paroles du curé, se dépouilla de la jolie robe à petits pois et de sa coiffure acquise au prix d’un noble travail de misère, pour la donner à une plus pauvre qu’elle. Elle adopte désormais une robe bleue à points blancs, en coton et un foulard bleu, et un bonnet de mousseline épaisse. Elle opta de vivre pour Dieu Seul, et ne servir que Lui. A partir de ce moment, elle se dévoua uniquement pour les enfants illettrés, les pauvres, les vieillards abandonnés, les orphelins et les malades. Elle leur donne toute l’affection de son cœur, comme elle le recommandera plus tard à ses sœurs : « Je vous recommande le support des faibles, car il vaut mieux pécher par bonté que par dureté ».
   En 1831, à la demande de son curé, qui était en même temps son accompagnateur spirituel, Père CATHIARD, Élisabeth accueille les trois jeunes filles : Marie GENIN, Joséphine CROIBIER et Pauline GUILLOT qui désiraient vivre comme elle. Puis un beau jour, le curé leur demanda de prononcer les vœux. Et ce fut le 08 Décembre 1832 qu’Élisabeth et ses premières compagnes firent leur profession religieuse. Le nom de Notre Dame du Très Saint Rosaire leur fut donné.
   A l’exemple de Marie, dans la simplicité et l’humilité, la petite Congrégation rayonnait dans la Région, partout où l’Église avait besoin d’elle et dans la mesure du possible.
   Aussi, après avoir érigé plusieurs communautés et animé la Congrégation, Elisabeth rejoint la maison du Père le 21 Février 1872 en disant à ses filles : « Mon sacrifice est offert, offrez le vôtre dans calme…Aimez-vous les unes les autres…faites l’aumône de ce que vous possédez…Priez pour moi… », et ce testament qui depuis, anime toutes les sœurs de Notre Dame du Très Saint Rosaire : « Je vous recommande : la Simplicité, l’humilité, la douceur, la patience ».
 
4, Notre Charisme
   A l’exemple de la Vierge Marie qui vécut les mystères de la vie de son Divin Fils dans l’humilité, la simplicité et la pauvreté, les sœurs de Notre Dame du Très Saint Rosaire entrent dans son sillage. Elles concrétisent cet esprit dans le quotidien de leur vie à travers :
l’éducation des enfants, des jeunes
les soins aux malades
l’assistance aux personnes âgées
l’accompagnement des mouvements paroissiaux, la catéchèse…
Nous sommes appelées à être une présence maternelle en donnant Jésus au monde partout où nous sommes.
   Notre particularité est le Rosaire qui jalonne toutes nos journées, c’est la trame de notre spiritualité mariale. Être Marie qui donne Jésus au monde, dans nos milieux de vie.
 
5. Présence au Gabon
   Au départ, notre Congrégation n’était pas missionnaire. Elle le devient d’une part, en réponse à l’appel de l’Église. En effet, le Pape Pie XII dans le souci de l’évangélisation du monde, demande aux Congrégations d’Europe d’aller en mission aux terres lointaines ; d’autre part, à la demande de la hiérarchie du Vicariat Apostolique de Loango auquel appartenait le diocèse de Mouila. Il faut dire qu’après l’épreuve douloureuse de la mort en deux jours de trois Sœurs du Saint Esprit, suite à la fièvre jaune, la mission de Mayumba a eu grand besoin de religieuses pour continuer l’évangélisation par l’éducation des jeunes filles (écoles, internat) et les soins aux malades. Ainsi, après 11 ans d’absence des Sœurs, pour assurer la relève de ce départ brutal, le 21 novembre 1953, quatre Sœurs de Notre Dame du Saint Rosaire arrivèrent au Gabon : Sœur Marie-Eugène, Mère Saint Louis, Sœur Marie-Pierre et Sœur Marie-Brigitte : une équipe composée d’enseignantes et d’infirmières.
   A son arrivée au Gabon, la Congrégation s’implante à Mayumba pour la première fois. Les Sœurs s’adonnent à l’évangélisation par l’éducation des enfants (école primaire), les soins aux malades, elles s’occupent de la léproserie, de la formation des jeunes filles à travers le centre ménager, de la catéchèse et des mouvements des jeunes. Ensuite ce fut l’ouverture des communautés :
A Tchibanga en 1958 où les Sœurs œuvrent dans l’enseignement : école maternelle, école primaire, Collège Horizons, l’internat des filles, l’hospice des vieillards abandonnés, les soins aux malades, la pastorale en paroisse, dans les écoles et dans les villages.
A Ndéndé en 1962 : l’enseignement (école maternelle et primaire), la pastorale en paroisse et dans les villages.
A M’bigou en 1968 : l’enseignement primaire, la pastorale en paroisse, dans les villages, le centre ménager, les soins aux malades et l’assistance aux personnes âgées.
A Libreville en 1981 : À la demande de la Conférence épiscopale du Gabon qui souhaitait que la Congrégation Notre Dame du Rosaire libère Sœur Marie-Gérard pour le service national des Vocations. Pour éviter de laisser une Sœur vivre seule à Libreville loin de ses consœurs, une communauté a été ouverte dans cette ville, Ainsi les Sœurs se donnent non seulement au service des vocations mais également à l’éducation et la pastorale dans les paroisses environnantes.
   Dans le souci de la formation des jeunes Sœurs en terre africaine, en 1998 la Congrégation décida de l’ouverture d’un noviciat à 14 km de Libreville, à Bikélé et là aussi comme partout ailleurs, les sœurs en dehors de la pastorale en paroisse, s’occupent d’un complexe scolaire, d’un centre des soins infirmiers.
   La communauté de Mouila ouverte en 2005, est la maison régionale de la Congrégation en Afrique. Là les Sœurs tiennent un dépôt pharmaceutique qui est d’une grande aide pour les populations. Elles œuvrent également dans la pastorale en paroisse et dans l’éducation.
   Partout où nous nous installions, c’était toujours pour répondre à l’appel de l’Église car nous sommes d’abord au service du Seigneur et donc de l’Église, et aux attentes des populations dans la mesure du possible.
   En somme, nous avons quatre communautés au Gabon et depuis 2011, une communauté en République Démocratique du Congo.
 
6. La première vocation gabonaise :
Sœur Marie-Gérard SIMBOU NGOMA
   C’est à l’âge de 23 ans, le 25 août 1965 à Pont de Beauvaisin (France), que la jeune sœur Marie-Gérard SIMBOU NGOMA prononce sa première profession religieuse.
Ecoutons-la nous parler de sa vocation : « Je suis née le 1er janvier 1942 à Mayumba de NGOMA IKISSI Louis et de BAÏNA Pauline. Je suis issue d’une famille polygame, aussi j’avais beaucoup de frères et sœurs, nous vivions bien unis. J’ai été orpheline très jeune : à 7 ans. Après le décès de ma mère, j’ai été confiée à ma grand-mère SIMBOU MOUSSAVOU. C’est chez elle que j’ai entendu parler du nom de Jésus par la femme du cousin de ma grand-mère, qui était catéchiste en langue Vili et ouvrier à la mission.
   Après deux ans, j’ai été emmenée par mon oncle chez une de mes tantes dont le mari était instituteur à la mission, dans l’objectif d’aller à l’école. Je reconnais que ma formation vient de ce couple, j’en suis très reconnaissante. Après deux années de catéchisme, j’ai été baptisée en 1953 par le père HEIDET et j’avais moi-même choisi le prénom d’Odette. J’ai commencé l’école tard, à l’âge de neuf ans en 1951. Inscrite d’abord à l’école des garçons, j’ai dû rejoindre l’école des filles en classe de CE2 dès l’arrivée des sœurs de Notre Dame du Rosaire. J’avais Sœur Marie-Pierre comme institutrice, ce qui m’avait permis d’avoir un contact avec la sœur et lui posais beaucoup des questions entre autres : vous avez un très beau pays, pourquoi l’avoir quitté pour un lointain pays ? Est-ce qu’une africaine peut devenir sœur ?
   Afin de répondre aux multiples questions que nous lui posions, en particulier à celles concernant la vocation, les sœurs ont invité une religieuse africaine Gabonaise en la personne de Mère Cécilia BERRE première Supérieure Générale des Sœurs de Sainte Marie du Gabon. C’était la première fois de voir une religieuse noire. J’ai été marquée par sa simplicité, son sourire.
   Après son passage j’étais plus que résolue de devenir religieuse. J’ai exprimé mon désir aux sœurs et à mes parents. J’aurai dû me taire car du côté de mes parents, a commencé une persécution qui aurait pu me décourager, mais la fidélité du père HEIDET à la méditation m’interpellait et me fortifiait.
   Après mon certificat et l’entrée en 6ème, je suis allée à Libreville, au collège Immaculée, à la grande satisfaction de mes parents qui me voyant sortir du cadre de la mission, espéraient que la vie en ville me changerait et ferait évanouir mon idée de vie religieuse. Mais après deux années au collège Immaculée, J’ai dû poursuivre mes études à l’école des Instituteurs à Mouila.
   A Mouila, j’ai été marquée par les vœux perpétuels d’un Frère de Saint Gabriel qui s’appelait Gérard, et c’est après cette cérémonie que j’avais promis de prendre le nom de Gérard comme nom de religieuse. Munie de mon diplôme d’institutrice, je reviens à Mayumba où j’ai enseigné pendant deux années. Comme Matthieu qui, à l’appel du Seigneur, quitta tout pour le suivre, j’ai dû tout abandonner : travail, avenir, famille, pays… pour répondre à l’appel du Seigneur.
   En effet, ma famille était farouchement opposée à ma vocation, car ils avaient d’autres projets sur moi ; si j’avais attendu l’accord de mes parents pour entrer au couvent, je ne serais jamais devenue religieuse. Ainsi, le 05 septembre 1962 j’entrais au Couvent pour suivre ma formation religieuse.
   Dès la manifestation de mon désir vocationnel, et après le passage de Mère Cécilia, la sœur St. Louis prenait quelques filles que nous étions pour nous entretenir sur la vocation religieuse, nous lisait la vie des saintes. Elle m’encourageait dans ma recherche vocationnelle. En somme, en Afrique comme en France où j’ai fait ma formation, j’ai reçu un très bon accueil. Nous formions une équipe avec ma consœur française de noviciat. Bien qu’étant la première africaine de la Congrégation, loin de mon milieu, je me sentais à l’aise et la formation que j’ai reçu au noviciat était complète : cours du noviciat, sessions, accompagnement spirituel … et la formation a continué après le noviciat.
   Dans la vie communautaire, face aux incompréhensions, je prenais la peine de demander simplement et cela m’a beaucoup aidée à m’intégrer. Car il fallait apprendre à vivre avec d’autres personnes, accepter les caractères, les mentalités des autres et coopérer avec mes sœurs.
   Cinq ans après ma première profession, le 27 août 1970 je fis mes vœux perpétuels dans la congrégation à la Maison-Mère à Pont de Beauvoisin en France. En rentrant au Gabon, à la demande de Monseigneur LAMOUREYRE, j’ai dû les refaire à Mayumba en présence de toute ma famille et de la population le 27 décembre 1970.
 
7. Le témoignage d’aujourd’hui :
Sœur Marina Elisée BOUKANDOU
   Après un parcours de formation et d’accompagnement très intéressant, j’ai fait ma profession religieuse le 10 Mai 2014 à l’âge de 33 ans.
   Toute vocation est une expérience forte de Dieu comme cela avait été dans les débuts de la fondation de notre Congrégation :
Une vie pleine de ferveur, un dynamisme, un engouement, une envie forte de porter le Christ aux autres, la vie fraternelle, la joie de se consacrer à Dieu et de suivre Jésus-Christ, de voir l’Esprit de Mère Élisabeth continuer à travailler, à parler et à attirer des jeunes désireuses de suivre le Christ en partageant notre vie à l’exemple de la fondatrice.
La joie de la rencontre du Christ à travers notre témoignage de vie. Malgré l’âge de la congrégation, les jeunes se sentent interpellés à vivre cet amour mystique du Christ dont nous sœurs du Rosaire, essayons de vivre au quotidien par notre donation à Dieu.
   En nous mettant à la suite du Christ, nous sommes appelées à rencontrer non seulement des joies mais aussi des peines telles que :
¤ Le critère de recrutement : nous rencontrons des difficultés au niveau de l’accompagnement vocationnel :
des jeunes qui parfois ont déjà été ou ont suivi une formation dans une autre congrégation
des jeunes que nous accueillons qui présentent d’énormes difficultés sur le plan intellectuel et affectif
¤ La nouvelle orientation de la congrégation constitue un frein pour le recrutement des jeunes.
 
   Ce qui motive la jeune professe, c’est le fait de tout laisser.
Ma vocation montre quelque chose sur la vocation de tout homme, en raison de ce que j’ai laissé derrière moi.
   J’ai abandonné bien des choses qui donnent une identité aux êtres humains dans notre monde : les biens personnels, le statut, un partenaire dans le mariage, une carrière, etc.
   Dans une société où l’identité est si fragile, si mal assurée, je laisse derrière moi tout ce en quoi les hommes s’appuient : recherche de sécurité, le luxe, l’appropriation des biens matériels et l’indépendance….
 
Source :
Sœur Marie-Solange NDEMBI


Religieuses de Jésus Marie
Faire connaître et aimer Jésus et Marie
Gabon : 1960

l. Présentation
   Le nom officiel de notre congrégation est les Religieuses de Jésus Marie. Ce nom est lié à notre spiritualité christocentrique et mariale, qui puise sa source en Saint Ignace de Loyola. Sa fondatrice est Sainte Claudine THEVENET, née à Lyon (France) en 1774.
   La Congrégation des Religieuses de Jésus-Marie est implantée en Afrique depuis 1951 (Guinée Equatoriale) et elle existe comme Délégation d’Afrique depuis le 15 janvier 2002. Cette Délégation est constituée par les maisons de la Congrégation en Guinée Equatoriale (fondation de l’Espagne en 1951), Gabon (fondation du Canada en 1960), Nigéria (fondation de l’Irlande en 1992) et Cameroun (fondation de l’Espagne en 1997).
 
2. Communautés de la Délégation d’Afrique
   10 communautés forment à présent (11 l’année prochaine) la délégation d’Afrique :
Guinée Equatoriale : Ebebiyin – Malabo.
Gabon : Bitam – Libreville (Nzeng-Ayong – Mikolongo) – CPA (Centre Professionnel d’Apprentissage)
Nigéria : Ekpoma Brother Roman Centre – Ekpoma-Emaudo maison de formation – Lagos.
Cameroun : Mendong (Yaoundé) – Simbock (Maison de formation, Noviciat, Yaoundé)
 
3. Notre charisme
   Notre charisme est de faire connaître et aimer Jésus et Marie par l’éducation sous toutes ses formes, et manifester dans notre vie la bonté et le pardon.
 
4. Présence au Gabon
   Nous sommes arrivées au Gabon en 1960.
   En 1959, Mgr Jérôme ADAM, Archevêque de Libreville, communique avec l’Archevêque du Québec ; il cherche des religieuses missionnaires enseignantes.
   Les sœurs de Jésus-Marie arrivent à Libreville, au moment de l’indépendance du Gabon. Mgr ADAM les accueille à bras ouvert ; les fait visiter un peu et les amène chez les Sœurs Bleues, qui, elles aussi les accueillent comme des sœurs et leur donnent de bons conseils.
   Le lendemain, le 19 août 1960, elles partent pour Bitam. Elles commencent une école primaire en octobre 1960. Après deux ans, Mgr ADAM demande d’ouvrir un collège avec des filles internes. Vite, elles demandent la permission au Québec et à Rome. La réponse positive arrive. Puis le Ministère accepte l’ouverture d’un collège de filles à Bitam qui commence en octobre 1962. Voici nos origines dans la mission au Gabon ! À présent, nous avons la Mission de la Maison d’Accueil (depuis 1995) et l’internat de filles.
   Nous sommes implantées dans d’autres villes du Gabon : Libreville (Nzeng-Ayong depuis 1976 et CPA Sainte Marie depuis 1979. D’autres missions ouvertes à Minvoul (1968) et Mounana (1990), sont déjà fermées.
 
5. La première vocation Gabonaise :
                                        Sœur Marielle M’VE
   Sœur Marielle a fait sa profession religieuse le 08 septembre 2006 à 29 ans d’âge.
   Concernant l’origine de sa vocation et l’accompagnement de sa famille biologique, Marielle a été marquée par l’image de Dieu qui ne juge personne mais qui accueille chacun tel qu’il est avec le désir de le parfaire en lui montrant la route à suivre et en créant à son passage le bonheur.
   Son expérience chrétienne dans le renouveau charismatique des étudiants, lui a permis de faire grandir cette image de Dieu et lui a donné le désir de faire de même avec d’autres jusqu’à son engagement dans la congrégation. Sa famille a entrepris plusieurs démarches pour la dissuader de renoncer à ce désir, mais après un an, elle a commencé sa formation comme postulante malgré la réticence de ses parents.
   Dans notre famille religieuse, il y a eu beaucoup de doutes car plusieurs comme elle qui avaient commencé dans notre Congrégation, se sont vite découragées et n’ont plus poursuivi leur cheminement avec nous. Elle a été confiée à une religieuse de la communauté dès son arrivée pour l’accompagner et elle pouvait passer quelques jours en communauté. Elle a fait une expérience de trois mois dans l’une de nos communautés pour mieux s’imprégner des réalités de la vie communautaire pendant son aspirantat. Au postulat et au noviciat, elle a suivi tout le programme de l’inter avec d’autres jeunes et elle a toujours été accompagnée et encouragée.
   Elle a suivi des sessions diverses sur la spiritualité ignacienne et notre Congrégation pendant tout ce temps et aussi pour un approfondissement dans divers aspects de notre vie, dans d’autres pays de la Délégation d’Afrique et à Rome.
 
6. Le témoignage d’aujourd’hui :
                                  Sœur Claudine AVOUME MESSI
   Sœur Claudine a fait sa profession religieuse en septembre 2015 ; elle avait 30 ans.
Ce qui motive la jeune professe est le fait d’aider les enfants et les jeunes à grandir en liberté et dignité pour la transformation de notre société, à la suite du Christ et en communauté.
Nos joies et nos difficultés
Nous pensons qu’il est nécessaire la mise à jour des programmes de pastorale vocationnelle. À présent, une commission y travaille pour toute la Délégation d’Afrique (4 Pays). La formation et l’accompagnement des jeunes au Gabon sont assurés par quelques sœurs, engagées dans le Groupe Appel des paroisses et les Groupes de Spiritualité ignacienne en collaboration avec les jésuites. Le défi c’est d’aider à vivre la foi comme un processus intérieur et communautaire, dans le discernement et la pratiquer dans le quotidien.
 
Mission des Religieuses de Jésus Marie au Gabon
Bitam : depuis 1960
Maison d’accueil pour des enfants
Internat pour jeunes filles
Engagement paroissial : catéchèse, groupe de jeunes, MEJ
Association Famille Jésus-Marie (AFJM)
Libreville Nzeng-Ayong : depuis 1976
Jardin Glady (école maternelle paroissiale, 1988)
Mikolongo (Okala) : Ecole maternelle et primaire (2006)
Catéchèse, groupe de jeunes et pastorale vocationnelle à la paroisse Cœur Immaculé de Marie
Engagement à la paroisse de Likouala St. Jeanne d’Arc
AFJM
CPA Jésus-Marie : depuis 1979
Centre Professionnel d’Apprentissage
Filières : Pâtisserie, Couture, Informatique, Alphabétisation.
Engagement paroissial : groupes de jeunes, catéchèse, MEJ
Accompagnement ignacien
 
                                                 Source :
                                                            Sœur Encarna VIARNES


Religieuses Trinitaires de Valence
La louange de la Sainte Trinité
Gabon : 1963

1. Présentation
   Le nom officiel de notre congrégation est Religieuses Trinitaires de Valence.
   Ce nom signifie : Dieu est Trine, Dieu Trinité ; c’est cet amour infiniment personnel qui vient nous toucher dans le plus réel de notre existence. C’est une histoire vivante, une histoire d’amour, celle de Dieu avec l’humanité. Dieu n’est pas solitaire ; il est communion de personnes : le Père, le Fils et l’Esprit, unis dans un Amour qui déborde, qui s’ouvre à l’homme pour le rendre libre. La foi en Dieu-Trinité est pour nous, foi en Dieu-libération.
   Trinitaire de Valence parce que la première communauté, notre première communauté, a été fondée et a débuté dans ce diocèse de Valence.
 
2. Nos fondatrices
   On peut comprendre qu’à partir des origines de notre congrégation, c’est là que se révèle le projet du groupe fondateur et au-delà, les intentions de Dieu. Cette fondation est le fait d’un groupe de quatre jeunes paysannes peu instruites, du Lyonnais dans le Forez :
– Madeleine SAUSEY
– Marie RAVIONIS
– Marie RONAT
– Elisabeth BONTEMPS
   Elles font partie, comme beaucoup d’autres à l’époque, de la confrérie de la Très Sainte Trinité et elles décident de vivre ensemble pour louer Dieu Trinité. On les appellera les « Filles de Saint Nizier » ou « Filles de la Sainte Trinité et des captifs ». Elles sont donc animées de l’esprit de St Jean de Matha et cherchent comment servir, dans cet esprit, leur prochain.
 
3. Le charisme de notre Congrégation
   Aucun directement, mais du fait qu’elles appartiennent à une confrérie de l’Ordre, les Filles de St Nizier, sont en relation avec les Pères trinitaires établis à Lyon et ces liens subsisteront. C’est ainsi que nos sœurs ont vu passer et accueilli à Valence des groupes d’esclaves libérés qui remontaient en procession depuis Marseille. En fait, la Congrégation appelée « Sœurs de la Très Sainte Trinité » ne sera affiliée durablement à l’ordre trinitaire qu’en 1869. Mais ce qui est important, c’est que le charisme reçu par st Jean de Matha s’incarna de manière spécifique dans notre Congrégation. On y trouve une forte et solide dévotion à la Sainte Trinité avec une place importante donnée à la prière et à la vie communautaire. En fait, nous héritons de nos sœurs de Saint Nizier et c’est pour cela que nous voulons les honorer. Elles voulaient « être ensemble » pour louer la Trinité et « libérer » les personnes en difficulté autour d’elles : nous avons aujourd’hui la même spécificité qu’on pourrait résumer en trois mots : Libération, Adoration de ta Trinité et Communion.
   La singularité et la particularité de notre congrégation par rapport aux autres est la louange à la Sainte Trinité. La vie fraternelle a une place très importante dans notre vie quotidienne, l’unité et la communion, avoir un regard qui ne juge pas mais qui relève.
   Alors, la libération aujourd’hui, est effectivement assez élargie, on ne peut pas dire que nous libérons les esclaves mais nous allons, là où nous sommes envoyées à la suite du Christ libérateur… Ce n’est pas nous qui libérons, c’est le Christ. Libération de l’ignorance parce qu’elle peut entraîner une exploitation ; la libération de l’ignorance se fait dans les écoles et vous savez que nous en avons plusieurs !
 
4. Témoignages :
Sœur Odette Marie : « On aide les jeunes à grandir d’une façon spirituelle, intellectuelle, corporelle ; nous aidons aussi les parents. »
Sœur Claudine Maria : « En tant que directrice d’une école, je veille à la pastorale et à la transmission de la foi. Au niveau des élèves, par le biais de la catéchèse, nous leur faisons découvrir la spécificité de la foi chrétienne. Libération du mal et de la souffrance parce qu’une souffrance peut replier sur soi. Là aussi, nous soignons mais c’est Dieu qui guérit. Travailler à la libération sous toutes ses formes, cela paraît … surhumain ? Effectivement, c’est impossible sans la prière. Notre spiritualité prend sa source dans l’adoration, la louange de Dieu Trinité.
Adorer, ce n’est pas seulement prier, c’est se laisser aimer ; c’est accueillir cet amour qui nous libère et nous donne la vie… Adorer la Trinité, au point de vouloir lui ressembler, pour retrouver en nous l’image et la ressemblance de Dieu.
   Nous devenons alors et peu capables nous aussi d’aimer comme Dieu nous aime et de nous donner à nos frères dans une relation qui libère. Il n’y a que l’amour qui puisse libérer ! Adorer la Trinité nous permet d’améliorer notre vie de relation. Pour les Trinitaires, l’adoration de la Trinité et la communion avec les autres, cela va ensemble. Voilà pourquoi la vie communautaire est particulièrement importante pour nous ».
 
5. Présence au Gabon
   Notre congrégation s’implante au Gabon en Septembre 1963 sur l’invitation de l’évêque LAMOUREYRE Spiritain.
Comme le dit notre Constitution : « Que notre vocation dans l’Eglise est d’accueillir ce dessein d’amour, d’en rendre gloire à la Trinité et de participer à la Rédemption par toute notre vie. Que nous avons à proclamer par notre vie que Dieu est amour, que toute personne est créée à son image et est appelée à la vraie liberté dans le Christ. C’est pour s’occuper des femmes (filles mères), pour la libération et l’éducation, pour éduquer les jeunes à défendre leur droit ».
Notre congrégation s’installe au Gabon dans l’intention de libérer et d’éduquer toute personne dans son enchaînement. Comme le dit notre Constitution « Notre préférence est les pauvres ». D’où vient l’ouverture du collège Val Marie et pour libérer les femmes de la forme d’esclavage qui les empêche de s’épanouir. Nous sommes installées dans une politique sociale pour éduquer et mettre l’homme debout.
   Notre congrégation va s’installer pour la première fois dans la ville de Mouila. Nous avons choisi cette ville car c’est Mgr LAMOUREYRE, évêque de ce diocèse, qui nous a invitées et la mission était bien conforme à notre charisme.
Notre congrégation s’est implantée dans une autre ville : Libreville plus précisément à la paroisse Saint Pierre. Nous sommes présentes dans cette ville parce que l’Église a besoin de nous et là aussi, nous pouvons vivre notre charisme.
 
6. Profil de la première vocation gabonaise
   Le nom de la première gabonaise est Sœur Marianne OMANDA NKOLO.
   Cette première vocation a fait sa profession temporaire en l’année 2005 en la paroisse ND du Lac au Cameroun. Elle a fait son premier engagement à l’âge de 24 ans. Ce que nous connaissons de l’origine de sa vocation et comment sa famille biologique a accueilli cette vocation : L’origine de sa vocation fut au sein des activités du patronage organisé par les Sœurs Salésiennes. En ce moment, rien n’était clair dans sa tête. C’est lors de sa première leçon de catéchèse lorsque la catéchiste Florence (aujourd’hui religieuse salésienne) a lu le titre de la leçon : « Tu es précieux à mes yeux et moi je t’aime ». Je me suis sentie concerner au point que cette phrase est restée graver dans mon cœur et dans ma tête d’enfant. Le jour de sa première Communion après la cérémonie, elle a dit à sa sœur aînée Antoinette : « Je serai religieuse ». Tous ceux qui étaient autour de moi, m’ont dit que c’est l’effet de la communion et que dans peu de temps, je vais oublier. C’est une histoire d ‘enfant.
Les années sont passées et quand j’ai annoncé mon départ pour le couvent, ils sont restés sans voix. Seul mon père a trouvé que c’était une grâce pour la famille. Soutenue par ma marraine et l’Esprit fait son chemin. Le jour de ma profession perpétuelle, un nouveau jour s’est levé sans explication. Ils ont compris le pourquoi de mon départ pour la vie religieuse trinitaire.
   Cette vocation a été bien accueillie et accompagnée de la part de notre famille religieuse pour une formation initiale. Elle a suivi toutes les étapes d’une formation religieuse : aspirante, postulante et novice.
   Elle suivait le temps de juniorat normal ; puis elle se préparera aux vœux perpétuels. Aujourd’hui nous continuons à l’accompagner pour qu’elle soit solide dans sa vocation et puisse accompagner les autres.
 
   Les joies que la congrégation éprouve aujourd’hui, est sa croissance en Afrique. Nous avons toujours besoin de vocations africaines même si elles sont peu nombreuses ; il y a plusieurs nationalités.
   Notre peine, c’est le manque de vocation gabonaise. Pour le moment, nous n’avons qu’une Sœur gabonaise alors que nous avons célébré le 50ème anniversaire au Gabon.
Ce qui motive notre Sœur gabonaise dans la réalisation de sa vocation dans le monde d’aujourd’hui : vivre le quotidien, une vie toute donnée n ‘est pas toujours évidente, mais grâce à l’amour existant en Dieu Trinité qui engendre l’obéissance, cela m’aide à rejoindre l’appel que Dieu m’adresse chaque jour d’une manière personnelle. C’est dans la contemplation du Verbe incarné que je puise des forces et je me sens plus libre à louer et glorifier le Père, le Fils et l’Esprit-Saint dans une communauté de Sœurs de différentes origines. Cette différence culturelle, je l’accueille comme étant un don. Elles m’aident à l’ouvrir afin de recevoir, donner et montrer à la société qu’il est possible de vivre la communion dans un monde lacéré de division et d’injustice, en ayant pour arme la miséricorde.
  
                                                   Source :
                                                           Sœur Henriette Marie


Salésiens de Don Bosco
L’éducation des Jeunes
Gabon : 1964

1. Présentation
   Le nom officiel de la Congrégation est Société de Saint François de Sales d’où l’appellation salésiens de Don Bosco ! Ce nom signifie et veut dire que les Salésiens s’inspirent dans l’éducation de la douceur de Saint François de Sales : cf. sa devise, « apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur » Mt 1l , 29.
Le fondateur est Saint Jean Bosco (1815-1888).
 
2. Charisme
   Le charisme salésien est orienté vers l’éducation des jeunes pauvres et abandonnés, et les adultes des milieux populaires, sous la base d’un système original : le système préventif qui repose sur la foi, la raison et la religion.
 
3. La fondation en terre gabonaise
   Les Salésiens sont appelés au Gabon pour s’occuper de l’œuvre des vocations tardives ou séminaire d’ainés, fondée à Mouila en 1962 par Mgr Raymond LAMOUREYRE, et transféré à Sindara en 1964.
La congrégation s’installe au Gabon 4 ans après son indépendance en 1960. Les Salésiens s’installeront pour la première fois au Gabon dans la localité de Sindara et c’est pour prendre en charge l’œuvre des vocations tardives.
Actuellement, les Salésiens sont présents à :
Oyem (Rond-point Miban): Centre Professionnel et Collège
Libreville (Okala Mikolongo): Paroisse Marie Auxiliatrice
 
4. La première vocation gabonaise :
Mgr Basile MVE ENGONE
   Né le 30 mai 1941 à Nkomelene (diocèse d’Oyem), il entre dans la congrégation des Salésiens et fait son noviciat à Dormans, près de Reims (France) où il deviendra profès. Il sera ordonné prêtre le 29 juillet 1973.
   Mgr Basile a choisi la congrégation salésienne à cause de son grand amour pour les jeunes. Il raconte par ailleurs ceci : « à notre époque, les jeunes étaient abandonnés à eux-mêmes. Aucune congrégation religieuse ne s’occupait d’eux. C’est alors que face à cette situation, j’ai pris la décision de devenir prêtre pour m’occuper des jeunes. Après avoir demandé conseil à Mgr Adam qui m’a recommandé la patience, j’ai eu la grande joie après quelques années de longue attente, de connaître enfin les salésiens : une congrégation dont la mission est principalement les jeunes. Après ma première profession, j’ai vécu des expériences extraordinaires avec les jeunes et les enfants dans la catéchèse en France ; j’exerçais un attrait pour ces derniers, ce qui à cette époque, était mal perçu par certains adultes blancs, et ils se demandaient : comment un noir peut-il s’occuper de nos enfants ? Le soutien et la proximité des jeunes m’ont encouragé à aller de l’avant ».
   Après son ordination sacerdotale, il est affecté comme socius (maître de novices adjoint) au noviciat de Pointe-Noire (Congo) de 1974 à 1975. Puis il est envoyé comme professeur au Collège Raponda Walker de Port-Gentil (Catéchèse et Français) tout en assurant les fonctions de vicaire à la paroisse Sainte Barbe de Port-Gentil, le Père Anton étant le curé.
   Comme troisième affectation, il rejoindra Libreville pour travailler au Centre-Audiovisuel dirigé par Monsieur l’Abbé MBUMBA BWASA Florent.
   L’importance des médias ne lui échappe pas. Une année sabbatique lui est accordée pour parfaire ses études en 1977, et il se rend à Rome pour revenir comme professeur au séminaire Saint Jean de Libreville qu’il retrouvera en 1978 jusqu’en sa nomination comme évêque coadjuteur d’Oyem le 24 avril 1980. Il sera ordonné évêque à Oyem le 24 août de la même année par Mgr François NDONG en compagnie des évêques des trois autres évêchés de l’Archidiocèse de Libreville, NN. SS. André Fernand ANGUILE, archevêque de Libreville, Félicien MAKOUAKA, évêque de Franceville et Cyriaque OBAMBA, évêque de Mouila. Le 24 août 1982, il succède à Mgr NDONG. Un an plus tard, suite à la démission pour raison de santé de Mgr Cyriaque OBAMBA, il devient administrateur apostolique du diocèse de Mouila tout en assurant la charge d’évêque d’Oyem.
Il est actuellement archevêque de Libreville. Son épiscopat est marqué par son désir d’encourager les jeunes des Séminaires à aller de l’avant et persévérer au service du Seigneur. Sa plus grande joie est de pouvoir ordonner à la prêtrise les jeunes pour qu’ils puissent à leur tour, se faire apôtres dans leur milieu.
 
5. Le témoignage d’aujourd’hui : le plus jeune profès salésien
   Je réponds au nom de Léopold Wilfried EFFA NDOND, SDB. Je suis né un 04 Janvier 1994 à Libreville où j’ai fait une bonne partie de mon cursus scolaire jusqu’en classe de 4ème. De retour à Oyem en 2008 pour des raisons d’affectation des parents, je découvre par l’entremise d’un cousin le groupe Servant de messe de la paroisse Sainte Thérèse d’Angone et depuis lors, je fus séduit par le Christ. Très dynamique, serviable, ouvert, je me fais l’ami de tous ; cela se passe en 2009. En 2010, j’intègre la chorale des jeunes et j’en deviens le responsable. J’assume également la responsabilité de la chorale « Maîtrise paroissiale » en 2011. En 2012, alors que je ne m’y attendais pas, le conseil des jeunes me choisit comme coordinateur paroissial. Quelques années plus tard, vu le travail réalisé et le dynamisme qui régnait, je fus de nouveau reconduit en 2013-2014. Concernant mon témoignage vocationnel proprement dit, en 2014, le désir de servir le Christ a rejailli comme un feu qui brûle en moi. Je confie à mon curé mon désir d’aller au Séminaire, ce qu’il accepte tout de suite.
   Au mois de février 2015, pendant la journée des consacrés, les Frères de Saint Gabriel m’invitent à prier les vêpres, ce que j’ignorais. Pendant le repas que je partageais avec eux, ils me révèlent certaines choses : Tu es jeune, poli, serviable, respectueux envers tous et tu aimes beaucoup, les jeunes et les enfants, tu veux aller au séminaire ? Oui, c’est bien, nous pensons que tu as le charisme de Don Bosco.
   Je m’étonne car je ne connais pas ce Don Bosco. Ils me disent : « Si tu veux, on peut te présenter aux salésiens et tu verras toi-même ».
   Première rencontre avec les salésiens : je fus très étonné de voir la cour remplie de jeunes tous contents, joyeux. Je suis accueilli par le Père Rémy ; je voyais un autre type de prêtre : proche, qui travaille de ses propres mains, lave son assiette, joue au foot ; étonnant ! Alors en classe de terminale et ayant ce désir au préalable d’aller au séminaire, je devais me décider. Mais je reste ferme car c’est le Christ qui est toujours à l’œuvre dans ma vie. Qu’est-ce qui va me montrer que le Christ m’appelle dans cette voie ? La communauté avait déjà un candidat qui a grandi avec eux, moi personne ne me connaissait, j’ai juste fait une semaine avec eux et c’est ainsi qu’en allant prendre nos réponses chez le directeur, il nous dit : « Toi Wilfried, tu vas en expérience communautaire à Libreville et Christian tu continues à l’université ».
   Mes parents particulièrement mon père, n’était pas pour au départ vu qu’il avait déjà un projet sur moi ; il voulait que je sois magistrat, or il se trouve que maman est très fervente et engagée dans le renouveau, c’est elle qui va me soutenir dans la douleur. C’est lorsque je devais voyager qu’en discutant avec mon père, il m’a dit : « il ne me revient pas d’empêcher le projet de Dieu dans ta vie, qu’il te bénisse moi également je te bénis. » Le Seigneur a fait son travail et je suis parti pour être salésien de Don Bosco.
Me voici le plus jeune des salésiens gabonais. Que le nom du Seigneur soit toujours loué à jamais.
  
Source :
Père Paul EBOME


Sœurs de Saint Joseph de Cluny
Faire la volonté de Dieu !
Gabon : 1966

 1. Présentation
   Les Sœurs de Saint-Joseph de Cluny (en latin : Congregationis S. Ioseph de Cluny) sont une congrégation religieuse féminine enseignante ct hospitalière de droit pontifical.
 
2. Fondation
   La congrégation est fondée par Anne-Marie Javouhey (1779-1851) le 12 mai 1807 à Chalon-sur-Saône où Mgr Imberties, évêque d’Autun, reçoit les vœux d’Anne, de ses trois sœurs et de cinq compagnes. La congrégation est mise sous le patronage de Saint Joseph avec pour but, la prise en charge des orphelins et l’éducation des enfants. En 1812, après l’établissement du noviciat à Cluny, elles prennent le nom de Saint Joseph de Cluny. La réponse à l’appel missionnaire perçu d’une manière mystérieuse par Anne Javouhey en 1800, se concrétise en 1817 : un premier groupe de sœurs part pour l’île Bourbon (La Réunion). En 1819, un deuxième groupe arrive à Saint-Louis du Sénégal.
   La maison-mère est transférée de Cluny à Paris en 1854, aujourd’hui 21, Rue Méchain. C’est là que mourut Mère Anne-Marie Javouhey. Les Sœurs de Saint-Joseph de Cluny reçoivent le décret de louange le 8 février 1854, et elles obtiennent la reconnaissance civile de l’État français le 21 juin 1870. Ses constitutions basées sur la règle de Saint Augustin sont définitivement approuvées par le Saint-Siège le 18 août 1899. La fondatrice est béatifiée par le pape Pie XII le 15 octobre 1950.
 
3. Fusion
Cinq congrégations ont fusionné avec elles :
1953 : Sœurs de Notre-Dame de Guinée, congrégation de droit diocésain fondée le 2 juillet 1919 par Mgr Raymond-René Lerouge, préfet apostolique de Conakry.
1954 : Sœurs de Saint-Joseph du Bon Secours de Toulouse, congrégation fondée en 1863 par Françoise Puntus de Barbazan (1832-1896) en religion mère Marie de Saint Joseph pour le soin des orphelines.
1957 : Petites Servantes de Marie Immaculée, congrégation diocésaine fondée le 11 octobre 1855 à Gaudechart par l’abbé Labarre et Thérèse Dumontier en religion Mère Marie-Thérèse, pour se consacrer à la jeunesse dans les écoles, pensionnats, orphelinats, ainsi que
1964 : Sœurs de la Miséricorde de Caen, congrégation hospitalière de droit diocésain fondée le 9 mai 1844 par l’abbé Beaussire, prêtre à Notre-Dame de Caen.
2003 : Sœurs du Sacré-Cœur d’Ernemont, congrégation diocésaine fondée en 1690 par Barthélémy de Saint-Ouen, baron d’Ernemont-sur-Buchy, et sa femme, Dorothée de Vandisme. Ces derniers réunissent quelques jeunes filles pour instruire les enfants du village et soigner les malades. Ils fondent donc une école puis un hôpital. L’institut est reconnu par Mgr Colbert, archevêque de Rouen en 1698 et par le roi Louis XIV en 1699.
 
4. Le charisme
   La spiritualité des Sœurs de Saint Joseph de Cluny cet exprimée dans le charisme donné à Anne-Marie Javouhey, un don de Dieu pour le bien de l’Église :
Connaitre le vouloir divin et le faire était la règle de pensée et d’action de notre mère fondatrice, le secret de l’équilibre et de la fécondité de sa vie :
Faire la volonté de Dieu, mais ce n’est tout ! Il faut donc la voir en tout, aimer la faire et la faire aimer. (Constitutions des Sœurs de Saint Joseph de Cluny)
La recherche de la volonté de Dieu se fait dans le dialogue, le discernement et l’amour mutuel.
   Sur les traces d’Anne-Marie et en adhérant au Christ, nous participons, sur son appel, à sa mission. Toute notre action est pénétrée de contemplation. Et notre contemplation nous conduit à annoncer la Bonne Nouvelle, à libérer et à promouvoir la dignité de la personne dans son intégrité.
   La vie d’Anne-Marie Javouhey continue d’interpeller les Sœurs de Saint Joseph de Cluny à être des prophètes mystiques. Nous nous efforçons d’avoir :
– L’oreille du disciple : familiarité intime et constante avec Dieu
– La vision perçante de la réalité présente : être de son temps pour le gagner à Dieu
– Le courage de répondre aux défis d’aujourd’hui
– La foi en l’Évangile qui nous demande de la créativité dans le chaos de notre monde
– La confiance en un avenir meilleur qui suppose un changement de vie dans le présent
– L’espérance à donner aux « blessés de la vie »
 
Quelques caractéristiques de notre vie :
– Union au Christ dans notre vie de prière
– Simplicité et disponibilité totale
– Esprit missionnaire d’adaptation et de détachement
– Écoute de l’Esprit qui nous renouvelle
– Ouverture aux signes des temps et aux cris du monde d’aujourd’hui
– Discernement des priorités pour trouver des réponses adaptées
– Courage qui nous fait prendre des risques
– Désir profond de partager l’amour qui libère
   La spiritualité des Sœurs de Saint Joseph de Cluny est une façon de vivre qui suscite une réponse selon les signes des temps. Elle fait notre identité et notre unité. Elle se renouvelle au fur et à mesure qu’on la partage. Elle est DYNAMIQUE, influence notre vie et inspire nos missions. Elle est au cœur de notre vie quotidienne.
 
5. Notre Mission en Afrique Centrale
   La vice-province de l’Afrique Centrale compte trois pays : Congo-Brazzaville, Cameroun et Gabon.
   Au Gabon, nous dirigeons 2 écoles : une à Moanda. Nous avons fêté le 50ème anniversaire de l’arrivée des Sœurs à Moanda, en 2016. L’autre école maternelle et primaire est à Libreville. Les Sœurs sont très activement impliquées dans la pastorale.
 
6. Témoignage d’aujourd’hui
   Je suis Sœur EBORI Pulchérie Marie de l’Eucharistie, la première religieuse gabonaise de Saint Joseph de Cluny. J’ai fait ma profession religieuse le 08 décembre 2001à l’âge de 24 ans. Ma vocation a été bien accueillie et considérée dans ma famille religieuse. Les sœurs de saint Joseph de Cluny que j’ai rencontrées depuis que j’étais aspirante, m’ont accompagnée par les conseils, leurs prières jusqu’à ce que j’ai commencé la formation proprement dite (postulat, noviciat).
Les joies rencontrées sont :
– Le fait de voir des jeunes filles ou des garçons, exprimer leur désir de se donner au Christ.
L’espoir que ces jeunes seront les consacrés de demain, et constituent donc l’espoir pour l’Église de demain.
L’assurance d’une relève dans la vie consacrée au Gabon.
Les peines rencontrées se résument en ces points :
– La difficulté d’avoir des jeunes qui persévèrent dans leur vocation
– Les changements de décision de la part des jeunes filles, une fois le BAC obtenu
L’influence négative de certains parents qui détournent les enfants de leur vocation
   Ce qui me motive dans la réalisation de ma vocation dans le monde actuel, c’est le fait que bon nombre de chrétiens ont encore une foi peu profonde, peu enracinée dans le Christ, de sorte qu’au moindre évènement malheureux ils sont prêts à quitter l’église catholique. D’où mon désir de m’engager davantage, comme religieuse, à l’affermissement de la foi des fidèles, à la suite du Christ et de beaucoup de nos prédécesseurs et contemporains dans la vie consacrée.
   DIEU m’a donné la grâce de me former pendant huit (8) ans en R.D.C en médecine ainsi je serai plus proche de lui dans le corps, le cœur meurtri du malade « J’étais malade… »
 
Source :
                                                           Les Sœurs de Saint Joseph de Cluny


Filles de Marie Auxiliatrice
Annoncer Jésus-Christ aux Jeunes
Gabon : 1971

1. Présentation
   Les Filles de Marie Auxiliatrice ou les Sœurs Salésiennes de Don Bosco forment une famille religieuse née du cœur de Saint Jean Bosco et de la fidélité créative de Sainte Marie-Dominique Mazzarello. Don Bosco a choisi la terminologie : « Filles de Marie Auxiliatrice », parce qu’il voulait que cette famille soit un monument vivant de sa reconnaissance à la Vierge Marie.
 
2. Un peu d’histoire…
   Le choix de cette fondation en faveur des jeunes filles à Turin répond à des nécessités et à des appels précis : Don Bosco a été sollicité par différentes personnes ; il a vu l’état d’abandon et de pauvreté de beaucoup d’adolescentes ; il a été en contact avec différents Instituts féminins ; sa profonde dévotion mariale y est aussi pour quelque chose : le Pape Pie IX l’a encouragé dans cette voie ; enfin, il a reçu plusieurs révélations et vécu des faits extraordinaires qu’il a lui-même racontés.
   À la même époque à Mornèse, sur les collines du Monferrat, la jeune Marie-Dominique Mazzarello était l’âme d’un groupe de jeunes filles qui se consacraient aux fillettes du village, dans le but de leur apprendre un métier, mais surtout de les orienter à la vie chrétienne. À distance donc, deux signaux, sur la même longueur d’onde, envoyaient un message identique : les petites filles et les adolescentes devaient avoir elles aussi le même milieu éducatif que celui que Don Bosco avait fondé à Turin-Valdocco pour les garçons. Marie-Dominique Mazzarello a été la Co-Fondatrice qui a donné vie, forme et développement à la nouvelle institution.
   Le 5 août 1872, les 15 jeunes femmes de ce premier groupe prononcèrent leur « oui », comme la Vierge Marie, pour être « auxiliatrices » surtout parmi les jeunes. « Par un don de l’Esprit et grâce à l’intervention directe de Marie, Saint Jean Bosco a fondé notre Institut en réponse aux attentes profondes des jeunes, pour leur salut en Jésus-Christ. Il lui a transmis un patrimoine spirituel inspiré de l’amour de Jésus-Christ, le Bon Pasteur, et l’a marqué d’un puissant élan missionnaire.
Dans un unique dessein une de grâce, il a suscité en Sainte Marie Dominique Mazzarello une même expérience de charité apostolique en la faisant participer d’une façon singulière à la fondation de 1’Institut ».
   La Congrégation a été fondée en réponse aux attentes profondes des jeunes pour leur salut en Jésus Christ. Elle participe dans l’Église à la mission de salut du Christ, en réalisant le projet d’une éducation chrétienne selon le Système Préventif, méthode basée sur trois piliers : Amour, Raison et Foi.
   La singularité est une présence amicale au milieu des jeunes qui prévient au lieu de réprimander, qui avertit au lieu de châtier, qui établit des relations basées sur la spiritualité du Système Préventif qui repose sur les paroles de Saint Paul (1 Corinthiens 13, 4-7) : « La charité est patiente… ». Cette présence est vécue avec constance et disponibilité, spécialement dans la cour et dans les diverses activités de loisirs.
   Les Filles de Marie-Auxiliatrice sont dans l’Église des Femmes Consacrées, vivent en communauté et au milieu des gens, témoignant la mystique d’un amour radical pour le Christ.
   Elles vivent leur Service éducatif aux Jeunes avec simplicité et joie. Chaque jour elles cultivent la Dimension Missionnaire de leur vocation, qui les ouvre de vastes horizons apostoliques. Insérées dans l’Église locale, elles font le choix d’une Citoyenneté Active dans un pays ou un contexte déterminé.
   « Nous croyons qu’aujourd’hui, notre passion missionnaire s’exprime dans le choix déterminé de l’éducation comme chemin de citoyenneté évangélique. Elle nous demande de devenir présence solidaire auprès des jeunes et des pauvres, de leur offrir un service courageux en faveur de la justice et de la paix, en vue d’une convivialité humaine plus respectueuse de la dignité de tous ».
Dans l’optique de la prévention
   Par ailleurs, avec l’amour préférentiel de Don Bosco et de Marie-Dominique, les Sœurs Salésiennes de Don Bosco se donnent aux jeunes les plus pauvres, c’est-à-dire à celles qui, pour diverses raisons, ont le moins de chance de réussir dans leur vie et qui sont plus menacées. Pour Don Bosco, prévenir, c’est éduquer la personne, favoriser sa capacité de donner un sens à la vie par des expériences positives et agir en cohérence avec les décisions prises. Prévenir c’est créer des rapports éducatifs capables de stimuler et de soutenir les forces intérieures du jeune et de les orienter vers de nouvelles étapes de maturation, vers de nouvelles expériences, dans la perspective du projet de vie chrétienne. Cette articulation entre prévention et éducation constitue le socle même du style éducatif des Sœurs salésiennes.
 
3.Le style éducatif des Filles de Marie Auxiliatrice
   La vie même de Marie-Dominique Mazzarello est la clé qui nous introduit à la compréhension de la tradition éducative de l’Institut. Bien qu’elle n’ait laissé aucun écrit relatif à l’éducation, on peut lui reconnaître officiellement un « ministère éducatif », à travers ce qu’elle a vécu. Un critère éducatif de grande importance a été, pour elle, la priorité donnée à la personne : elle voulait que tous les jeunes rencontrent Jésus en adhérant personnellement au projet de Dieu. Le message éducatif de Marie-Dominique est réaliste et concret, se basant sur le travail et l’éducation à la diligence. Toute son œuvre éducative s’exprime dans une vie donnée par amour. Elle s’accompagne d’une joie sereine et contagieuse qui devient pédagogie de la joie, et aussi d’une grande ouverture à la collaboration.
 
4. La présence au Gabon
   L’Album souvenir, 150e anniversaire de l’Église Catholique au Gabon indique que l’arrivée des Sœurs Salésiennes au Gabon en 1971, repose sur un objectif : Annoncer Jésus Christ aux jeunes dans une vie de prière et de service, vécue en communauté, dans l’Eglise, selon le style de Saint Jean Bosco et de Sainte Marie Dominique Mazzarello.
   En effet au Gabon, les Sœurs salésiennes s’installent et travaillent respectivement dans les villes de Port-Gentil, Oyem et Libreville.
Leurs principales activités reposent sur la formation humaine, professionnelle et chrétienne des jeunes, tout particulièrement les jeunes filles en difficulté, à qui elles essaient de donner une éducation qui leur permet de se réaliser en tant que femmes dans la société gabonaise, à travers les écoles maternelles, primaire et secondaires, les Centres de promotion et de formation professionnelle, les Centres de loisirs, la pastorale et la formation des catéchistes, y compris celle des enseignants.
a. L’œuvre des Filles de Marie Auxiliatrice à Port Gentil
   Selon les archives de l’Institut des Filles de Marie Auxiliatrice en Italie, il est mentionné que : « A l’origine du projet se trouve l’appel lancé par Monseigneur ANGUILET Archevêque de Libreville-Gabon le 6 Novembre 1969, lors d’une visite Paris. Il demande urgemment l’arrivée des Sœurs Salésiennes dans la ville de Port Gentil, vue l’industrialisation de la ville. Son grand désir est l’éducation de la jeune fille. » Les Sœurs soulignent : « Nous ne pouvions après l’Encyclique « Populorum Progressio » rester sourdes à la demande expresse qui nous fut faite à ce moment-là.
   En Mai-Juin 1970, deux sœurs firent un premier voyage et constatent les besoins du lieu, le travail à faire, les possibilités de vie. L’appel se fit alors plus pressant et les autorisations furent données. En Janvier 1971, un deuxième voyage fut entrepris par la Provinciale et une Sœur afin de mettre au point les modalités de la vie des religieuses, les œuvres à lancer au départ, les constructions à faire et les personnalités à rencontrer…
   Depuis, la préparation s’accélère pour recevoir une communauté de cinq sœurs en septembre 1971. La création d’un centre social à Port-Gentil s’est avérée urgente dans un quartier de cette ville industrielle qui s’étend rapidement. Ce centre est destiné à :
l’éducation des jeunes filles, à leur formation professionnelle, afin qu’elles puissent ensuite diffuser les connaissances reçues.
l’accueil des petits enfants des classes maternelles dont le nombre s’accroît sans cesse dans ce quartier de Port-Gentil, appelé Grand village et qui ne possède pas d’école et où vit une population implantée récemment, venant des villages de l’intérieur, attirée par des usines pour gagner davantage. Des centaines de familles sont là, logeant dans des cases extrêmement pauvres à cause de la modicité des salaires. »      
 
   Actuellement les Sœurs continuent leur mission avec des nouvelles œuvres répondant aux exigences du temps : une école primaire, augmentation des filières au Centre de Formation Professionnelle, les loisirs, le Centre de jeunes, l’accompagnement des Salésiens Coopérateurs, la catéchèse et la formation de catéchistes, l’engagement dans la pastorale vocationnelle au niveau diocésain. La raison d’être au Gabon est l’éducation intégrale des jeunes plus particulièrement des jeunes filles et des enfants. Cette orientation est la même qui a guidé les Filles de Marie Auxiliatrice en s’installant aussi à Oyem.
 
 
b. La mission des Sœurs Salésiennes à Oyem
   La Congrégation des Sœurs Salésiennes est présente à Oyem depuis 1984. C’était une réponse à l’appel du Pape Jean Paul Il pour intensifier l’évangélisation en Afrique ; elle a donc accepté avec joie l’invitation de Monseigneur Basile MVE ENGONE pour s’occuper de l’éducation et de la promotion de la jeunesse. Avant d’entrer dans leurs locaux, la communauté des Sœurs de l’Immaculée, déjà présente sur place à Angone, loge les quatre premières Sœurs Salésiennes qui arrivent chez elles. Elles les accueillent chaleureusement.
   Monseigneur Basile précise sa pensée déjà exprimée à Paris, axée sur trois points :
La catéchèse ou la formation des jeunes catéchistes. A cette époque-là il y a plus de 9000 élèves dans le primaire et environ 1000 au lycée d’Oyem.
Le centre de jeunes aux activités diverses (à chercher progressivement) loisirs, formation de la jeune fille et des jeunes femmes avec des notions d’hygiène, de puériculture, de couture etc…
« Cette formation des jeunes non-scolarisées pourrait se faire par une animation dans les quartiers car certains jeunes ne viennent jamais à la mission à cause de l’éloignement…, précise Monseigneur Basile.
La formation de deux monitrices gabonaises du jardin d’enfants de la paroisse Saint Charles Lwanga.
   Dans la monographie de la communauté les sœurs soulignent : « Au départ, l’étude de la langue Fang est souhaitable nous dit Monseigneur Basile. Nous avons pu constater cette utilité.
Dans les quartiers, partout les gens font usage de la langue, le milieu est beaucoup plus homogène…
Quelques personnes qui marquent notre accueil :
Monseigneur Basile MVE ENGONE, par sa présence paternelle et son investissement personnel à tout niveau.
Les frères de Saint Gabriel du Collège d’Angone (6 frères) nous attendent au Collège dès que possible…
L’abbé Léon ONDO, Gabonais, curé de la cathédrale Saint Charles Lwanga et Procureur de I ‘Évêché voudrait déjà connaitre la date de notre arrivée.
L’abbé Casimir ONDO MBA, L’abbé serge Pasquier NZUE,
L’abbé Charles ABOGHE, tous les quatre Gabonais expriment leur consentement et leur joie.
Frère Robert et Frère André souhaitent faire une communauté de prière avec nous ».
 
   Peu à peu les œuvres se sont élargies en répondant aux besoins des jeunes : Centre de promotion, actuellement Centre de Formation Professionnelle, l’internat pour jeunes filles, l’école maternelle et primaire, l’engagement dans la pastorale vocationnelle au niveau du diocèse.
 
c. L’étape de Libreville
   En 1989, dans la même lancée du « Projet Afrique », la Congrégation répond à un nouvel appel de Monseigneur ANGUILET pour ouvrir une présence à Libreville.
Sr Yvonne REUNGOAT provinciale de Paris, et Sr Janine PERNOUD économe provinciale, réalisent un voyage à Libreville pour concrétiser la nouvelle fondation. En ce temps-là, la cité compte 1500 logements abritant une population d’environ treize mille habitants. Le niveau de vie est moyen. La majorité des gens travaillent. La plupart des enfants et des jeunes sont scolarisés. Mais on note la montée du banditisme des jeunes désœuvrés. Au sein de la cité, on mentionne la présence de plusieurs sectes à côté des églises catholique et protestante.
   A la proposition de différents lieux d’implantation, Sr Yvonne ayant réuni les sœurs de Port Gentil et d’Oyem, avec elles, choisit le quartier de la SNI (Société Nationale Immobilière) où il n’y a aucune présence de religieuses ni d’éducation catholique. Une paroisse vient de commencer. Le Père Jorge FONFERRIER accueille chaleureusement les sœurs et attend de leur part un appui pastoral spécialement dans la catéchèse.
   Dès leur arrivée, la communauté commence en 1990 un centre de promotion féminine, permettant aux jeunes filles de se former et apprendre un métier.
   La même année, les Sœurs se lancent dans l’éducation par la construction d’un jardin d’enfants. En 1998, sur la demande des parents d’élèves, l’école primaire Saint Jean Bosco ouvre ses premières classes, et par la même raison, en 2011 démarre le lycée.
   Les loisirs, les activités sportives et culturelles sont une œuvre centrale de la communauté ; actuellement en collaboration avec les jeunes, elle anime quatre centres tous les dimanches, également avec eux, le centre des jeunes fonctionne les après-midis.
   Les sœurs se sont engagées dans l’animation pastorale de la paroisse Notre Dame du Port et de la Nomba, aujourd’hui appelée Notre Dame du Rosaire.
 
5. La première vocation gabonaise
Sœur Florence MINKOUE M’EYEGHUE est né le 21 décembre 1970 à Oyem de feu EYEGUE NDONG Martin et de AYINGONE EBA Thérèse. Elle a grandi au sein d’une famille chrétienne très croyante et pratiquante. Son père était polygame et contrairement aux idées négatives qu’on se fait de ce genre de milieu, ses parents ont toujours essayé de donner la place à Jésus dans le quotidien de la vie de la famille par la prière quotidienne, la vie chrétienne dans l’engagement au sein de leur communauté ecclésiastique de base.
 
Origine de ma vocation
Les communautés de base : « Nous vivions à Angone I et notre communauté de base avait sa rencontre hebdomadaire tous les lundis de 17h à 18h30. Pendant ces rencontres on avait la catéchèse, l’apprentissage de la prière, les répétitions des chants. On avait aussi des engagements selon les âges : les enfants balayaient la chapelle, les jeunes puisaient de l’eau aux vieillards, les adultes visitaient les malades. La vie chrétienne était rythmée par les temps liturgiques. Et ma vie était ainsi rythmée par cette vie chrétienne palpitante. C’est cette expérience qui a renforcé en moi la présence réelle de Dieu et désir de le servir. »
La catéchèse : « j’ai suivi la catéchèse en fang avec le Père Gilles SILARD, missionnaire spiritain. J’avais commencé la catéchèse à 6 ans. Il a su me transmettre sa passion pour Dieu et pour nous les enfants. Il s’occupait de nous comme si nous avions été ses propres enfants. Il nous présentait un Dieu proche des enfants et bon envers tous sans exception. Il nous disait que chacun de nous devait s’engager pour les autres sinon on n’est pas chrétien. C’est pourquoi chacun de nous avait un engagement dans notre communauté de base et dans la paroisse. On était responsable de partager et de ramasser les livres de catéchèse, balayer la salle ou s’occuper des plus petits ; c’est ce témoignage des spiritains qui a fait naître en moi le désir de faire comme eux. Je me disais dans mon cœur d’enfant de 7 ans : « quand je serais grande, je serais comme le père SILARD ». J’ai été baptisée le 24 mai 1980. J’avais senti une grande joie ce jour-là. »
 
Mon cheminement
« J’avais commencé le groupe vocationnel au cours élémentaire 1(CE1), c’était le groupe « appel junior ». Après l’entrée en 6e j’ai intégré le groupe « appel aînés ». Je faisais aussi partie du mouvement GEN (Génération nouvelle) où j’ai appris à entrer en contact avec la Parole de Dieu et chercher à la vivre au moins une fois dans la semaine d’une manière consciente. Ce mouvement m’a nourri pendant toute ma jeunesse. À un certain moment j’ai pensé devenir laïque engagée dans cette famille Focolarini. Pendant ce temps du groupe appel, l’accompagnement des prêtres, religieux et religieuses m’a aidé à voir clair. Ce qui m’avait touché chez les spiritains c’était la manière de s’occuper des enfants et des jeunes, l’annonce de Dieu par la catéchèse. Et toute ma recherche vocationnelle allait dans ce sens.
Ainsi quand les Sœurs Salésiennes arrivent à Oyem en 1984 et que je commence à fréquenter le patronage, j’ai trouvé dans leur manière de faire ce que je cherchais. C’est ainsi que j’ai commencé l’Aspirandat en septembre 1989 à Port Gentil. L’année suivante j’ai été admise au postulat que je devais effectuer à Lubumbashi en RDC (Zaïre à l’époque), ensuite le noviciat l’année suivante1991 à la Kafubu à 16 km de Lubumbashi. » J’ai commencé le noviciat le 04 août 1991. Pendant ces deux années je me suis initiée à la vie religieuse salésienne. J’ai appris comment s’occuper des enfants et des jeunes à la manière salésienne. J’ai appris le détachement de ce qui est inutile à mon choix de vie. J’ai connu la joie d’entrer dans une très grande famille, joyeuse et dynamique. L’accompagnement durant ces deux années a été formidable. Ce fut un temps de croissance spirituelle et charismatique qui m’a fait grandir comme personne et comme chrétienne. Deux ans après j’ai fait ma première profession le 05 août 1993 à Duékoué en Côte d’Ivoire ».
« Ma famille biologique a accueilli ma décision avec foi. Mes parents m’ont promis leur soutien et c’est ce qu’ils ont fait. Mon papa m’a toujours encouragée et comprise. Il était toujours là quand on demandait la présence des parents ou pour payer la participation aux weekend et camps vocationnels. Malheureusement Dieu l’a rappelé un an avant l’Aspirandat.
   Après la mort de mon père, ma mère et mes frères et sœurs ont continué à me soutenir par leur foi et leur engagement chrétien. Ils m’édifient par le don d’eux-mêmes à leurs familles et aux autres. Leur manière de vivre leur vie chrétienne m’édifie et me pousse à approfondir le sens de mon engagement. Jusqu’au moment où je livre ce témoignage, ma famille est un soutien dans les moments difficiles et dans les moments de doute ».
   « Ma famille religieuse a bien accueilli ma demande de mieux connaitre le charisme salésien et la vie des sœurs. Pendant plus de 4 ans, elle m’a accompagnée d’une manière planifiée. J’ai pu fréquenter les Sœurs, faire des récollections, des formations et je me suis engagée avec elles dans leur pastorale des enfants et des jeunes. Par des lectures sur Don Bosco et son charisme, sur Marie Dominique Mazzarello et la vie des saints (jeunes) de la famille salésienne, j’ai pu mûrir ma vocation. Cette proximité m’a permis de comprendre et d’approfondir mon amour pour Jésus dans le service des enfants et des jeunes.
   J’ai trouvé dans le charisme de Don Bosco de Marie Dominique Mazzarello ce que je voulais être : une personne consacrée à Dieu au service des enfants et des jeunes par l’évangélisation et l’éducation. Depuis que je suis rentrée chez les Filles de Marie Auxiliatrice je n’ai jamais cessé de découvrir la beauté de suivre Jésus en étant avec les enfants et les jeunes.
   Chaque visage, chaque enfant ou jeune me rappelle qu’il y a plus de joie à donner qu’à recevoir. Et chaque jour, même les jours sombres, j’expérimente la beauté et la bonté de Dieu dans le sourire et la joie des enfants et des jeunes. Et j’expérimente la Parole de Dieu qui m’avait touchée quand j’étais encore enfant : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».
 
6. Le témoignage d’aujourd’hui (la plus jeune professe gabonaise)
   « Je suis Chancelia AMBOUROUET, née à Port-Gentil (Gabon) le 8 août 1992 ; de Géneviève PANGUI et de Jean Bernard RENOMBO AMBOUROUET, respectivement de culture Gisira-Myènè. Je ne grandis pas directement avec mes parents, sinon avec ma grande sœur, de laquelle, j’ai appris l’essentiel de la vie. Avec elle, je grandis dans une bonne ambiance familiale, mais étant donné qu’elle n’est pas catholique, je n’ai vraiment pas reçu une instruction religieuse de sa part. D’elle et de ma mère, j’ai appris le sens du partage, l’entraide, la disponibilité… On ne parlait presque pas de la religion catholique dans ma famille.
   Cependant, avec ma nièce, nous osions franchir les frontières et nous nous sommes engagées dans une des paroisses catholiques du Diocèse : « Sainte Barbe. » En très peu de temps, j’adhère premièrement au mouvement CV-AV, puis aux GEN (Génération Nouvelle) et enfin aux Groupes de lecteurs… Très vite je me forme à l’écoute de la Parole de Dieu et la religion devient pour moi une source de vie. Je reçois les sacrements d’initiation chrétienne et je poursuis très engagée dans la religion.
   Il sied de noter qu’avant de prendre le chemin de l’Église proprement dit, je participais à l’oratoire, activités de loisirs organisées par les Sœurs Salésiennes aux cocotiers. Bien plus tard, déjà enracinée dans la religion je m’engage comme animatrice de l’oratoire, du côté des sœurs. C’est juste sur ce chemin que je commence à les connaître vraiment et que je découvre et apprends leur style de vie. Et c’est justement aussi de là, que pas-à-pas se révèle ma vocation. Abonde un flux de questions et une grande lutte en moi. Finalement avec la force de l’Esprit et l’accompagnement spirituel, je finis par donner une réponse au Seigneur. Après mon bac, la Congrégation est bien d’accord que je commence la formation… Et le 5 août 2017, je vis ma première profession religieuse, à l’âge de 25 ans.
   Concernant les joies et les peines, je louerai le climat de fraternité qui permet la proximité, la quiétude et une certaine complicité, confiance entre les jeunes et les sœurs. Et plus encore, cette capacité de considérer les jeunes dans leur intégralité. J’entends dire en cela, aller personnellement à leur rencontre et à celle de ses proches, les connaître et les aider à réaliser leur vocation.
   Plus encore, un bon accompagnement, un bon suivi spirituel, est un phare. Pour parler de joies, il y’en a plus que ce que j’en ai cité.
Pour les peines, il m’arrive de me demander, pourquoi je me suis engagée, pourquoi je continue à être là et à m’y sentir bien, pourquoi je sens autant de profondeur et de vérité quand je touche cette question. Je me pose tant de questions et je réfléchis…
   Le monde d’aujourd’hui est vraiment attrayant et il a beaucoup de possibilités. Le boom actuel, ce sont les NTIC- le monde digital. C’est un monde magnifique et fantastique, il nous donne la possibilité de nous rapprocher, de tisser des relations, même de nous évader, de communiquer, de s’instruire et bien plus. Or, il est en même temps, envoûtant et dangereux. Besoin est de rester attentif, de donner l’exemple et d’aider les jeunes à utiliser les nouvelles technologies avec sagesse.
   Ce qui m’anime, c’est le monde d’aujourd’hui, la mission et le style salésien. Pour être plus explicite, la vie salésienne est belle et attrayante, c’est un monde merveilleux et réel.
Être FMA est une grâce. Parler des FMA revient à parler obligatoirement des jeunes et marcher avec eux sur le chemin de la sainteté, les accompagner à rencontrer le Christ. C’est la cause de ma joie profonde. C’est aussi pour eux que je me sens interpellée à être debout et à vivre la vocation à laquelle le Seigneur m’a appelée et continue à m’appeler. Tout cela se résume pour moi dans une action de grâce à Dieu pour le don de ma vie et de mon histoire : « Comment rendrai-je au Seigneur, tout le bien qu’il m’a fait ? »
   Au fond, la motivation primordiale est simplement la recherche de l’essentiel, la recherche de Dieu, de la Sainteté. »
 
Conclusion
   En l’année jubilaire du Gabon, l’Institut des Filles de Marie Auxiliatrice rend grâce à Dieu. La vie religieuse salésienne au Gabon trouve des racines très profondes. De par l’invitation des évêques Mgr André Fernand ANGUILET et Mgr Basile MVE en faveur des jeunes les plus pauvres, les Sœurs ont su s’incarner dans leur milieu de vie, annonçant Jésus Christ aux pauvres à travers les moyens mis à leur disposition et principalement leur charisme éducatif.
 
Source :
                                                 Sœur Teresita VILLEGAS


Fils du Cœur Immaculé de Marie
Ou Missionnaires Claretains
Au Service de la Parole de Dieu
Gabon : 1974

Présentation
   Les fils du Cœur Immaculé de Marie (en latin Congregatio Missionariorum Filiorum Immacolati Cordis B.M.V.) ou missionnaires claretains forment une congrégation cléricale de droit pontifical.
 
2. Fondation
   Nous sommes une Congrégation de missionnaires, fondée par Saint-Antoine-Marie-Claret avec cinq compagnons (Esteban Sala, José Xifré, Jaíme Clotet, Domingo Fábregas, Manuel Vilaró), en Espagne, le 16 juillet 1849. Notre nom officiel est : Fils du Cœur Immaculé de la bienheureuse Vierge Marie. L’Église Catholique nous connaît, officiellement, sous ce nom. Il est à l’origine du sigle CMF (Cordis Mariae Filius : Fils du Cœur de Marie).
Avec le temps, et pour des raisons pratiques, on nous appela, familièrement, Pères Clarétains. Ce nom s’inspirait du nom du Fondateur, Saint-Antoine-Marie-Claret… tout comme les Franciscains viennent de Saint François. Après le Concile Vatican II, notre Congrégation a fait un retour aux sources et a repris le nom de « Missionnaires », lié au nom original ou populaire. Les deux noms : « Missionnaires, Fils du Cœur Immaculé de Marie » ou « Missionnaires Clarétains » ont été reconnus universellement.
 
3. Spiritualité
   Le prêtre, frère, diacre ou laïc claretain possède une foi et une fougue missionnaire qui prend sa source dans une profonde expérience de Dieu et du Christ. Cette expérience se nourrit dans la prière, le contact régulier avec la Parole et l’Eucharistie.
   Un fils du Cœur Immaculé de Marie est un homme qui brûle de charité et qui embrase tout sur son passage. Il désire efficacement et essaie par tous les moyens d’enflammer le monde du feu de l’amour divin. Rien ne l’arrête. Le claretain se réjouit des privations, aborde les travaux, embrasse les sacrifices, se complaît dans les calomnies, est heureux dans les souffrances. Il ne pense à rien d’autre qu’à suivre et imiter Jésus-Christ dans la prière, le travail, la souffrance et dans la recherche continuelle et unique de la plus grande gloire de Dieu et le salut des hommes.
 
   Le missionnaire est formé dans le cœur de Marie qui a accueilli la Parole, l’a proclamée, l’a fait fructifier et l’invite à en faire autant. Il vit la fraternité en communauté et cherche à discerner les défis, choisissant les pauvres avec qui il veut être solidaire, prophète à la suite de Jésus et des apôtres. Cette spiritualité fait partie de cet immense trésor que l’Eglise a développé au cours des siècles et qui ne demande qu’à être découvert par la francophonie. Pour les 3000 missionnaires Claretains, la primauté est le service de la Parole. Communauté pleinement insérée dans le monde, choisis comme les apôtres, ils ont reçu le don de suivre le Christ par la communauté de vie et de parcourir le monde entier en annonçant l’Evangile à toute créature.
   Les Claretains sont une communauté convoquée par l’Esprit pour l’annonce missionnaire de la Parole. Dans le charisme claretain, la Parole de Dieu est aussi essentielle à la communauté que la communauté l’est à la Parole. Habitée par la Parole, comme le Cœur de Marie, la communauté claretaine ne peut être insensible aux cris de Dieu à travers les hommes. Et la Parole proclamée par une communauté de frères vivant unis à Jésus est toujours crédible et attrayante.
 
4. Les Claretains au Gabon
    La Congrégation arrive au Gabon le 15 décembre 1974, et s’y installe dans le diocèse de Franceville en 1975. Des claretains italiens, venus épauler leurs confrères qui œuvraient en Guinée Equatoriale, désirèrent traverser la frontière pour s’installer au Gabon plutôt que de rentrer en Italie pendant la crise politico-religieuse qui frappait la Guinée Équatoriale dans les années 1970.
   Après une année d’expérience missionnaire partagée avec les prêtres spiritains à la paroisse cathédrale Saint Hilaire, le premier évêque du diocèse nouvellement créé, Mgr MAKOUAKA, permet aux claretains d’ouvrir une communauté et de s’installer à la paroisse Notre Dame de l’espérance, au quartier Mingara, dans la périphérie de la ville, en août 1975.
La gare ferroviaire et l’université des sciences et des techniques de Masuku s’implanteront par la suite dans les territoires desservis par la paroisse. De là, les missionnaires claretains occuperont progressivement les paroisses d’Okondja et d’Akiéni dans le même diocèse, où ils exercent activement leur apostolat missionnaire jusqu’à nos jours.
 
   En 1995, les Claretains venus de Guinée Équatoriale, en accord avec feu Mgr André Fernand ANGUILLET, archevêque de Libreville, s’installent à Notre Dame des Victoires. Comme on peut le constater jusque-là, notre évangélisation au Gabon est principalement exercée sous la facette de l’animation paroissiale. Cependant et comme nous l’avons susmentionné, en vertu de la richesse multidimensionnelle de notre charisme, les circonstances des lieux et les besoins de chaque peuple nous ont conduit à exploiter les autres formes d’évangélisation qui nous ont été léguées par le Père Fondateur.
   En somme, un claretain peut s’occuper de :
– l’éducation
– la formation professionnelle
– la formation humaine et spirituelle, etc.
   C’est pourquoi donc, les Claretains du Gabon ont des écoles (préscolaires et scolaires) et des ateliers de menuiserie à Franceville et Okondja. Ils assurent également l’aumônerie des étudiants de l’Université des Sciences et Techniques de Masuku (USTM) et, depuis le 06 novembre 2010, l’aumônerie de l’institution privée « Berthe et Jean » et l’aumônerie du monastère notre Dame des Anges d’Essassa.
   Tous ces apostolats répondent à notre identité et se réalisent en étroite collaboration avec toutes les personnes qui présentent un souci particulier pour l’annonce de la Bonne Nouvelle afin que l’homme connaisse Dieu, ses valeurs et qu’il soit heureux et sauvé.
 
5. La grande famille claretaine
   La famille claretaine est constituée de tous les Instituts religieux et des Mouvements laïcs fondés soit par saint Antoine-Marie Claret, soit par un claretain ou un membre de ces Instituts, ou encore par n’importe quelle personne imprégnée de la spiritualité claretaine. On peut citer en exemple quelques-uns de ces instituts et mouvements : Les Fils du Cœur Immaculé de Marie ou Claretains, les Religieuses de Marie Immaculée ou Claretaine, les Laïcs Claretains (fondés par Claret lui-même), les Sœurs missionnaires de saint Antoine-Marie Claret (Claretaines) fondées par un évêque claretain…
   Au Gabon, on trouve les Fils du Cœur Immaculé, les Sœurs missionnaires de saint Antoine-Marie Claret et les Laïcs claretains.
 
6. Les claretains gabonais
   Au Gabon, il y a actuellement 17 claretains. Nous appartenons à la province claretaine Père Xifré. Les premières vocations claretaines gabonaises issues de familles chrétiennes, sont :
Père Yves LOUSSOU actuellement Vicaire provincial, a fait sa première profession religieuse le 30 septembre 1990, les Vœux perpétuels le 1er mai 1997. Son père s’est opposé farouchement à sa vocation mais trois mois avant l’ordination diaconale, il a donné son accord. Père Yves a été ordonné prêtre le 23 mai 1998.
• Père Paulin MBONGO OWOUO est devenu religieux claretain le 26 septembre 1990. Il a fait sa profession perpétuelle le 1er mai 1997 à Yaoundé. Ordonné prêtre le 23 mai 1998, il est actuellement curé de la paroisse.
      Le claretain le plus jeune, est Boris MBA OBAME.
   Sa famille biologique qui est très chrétienne, est heureuse de sa vocation et l’accompagne dans cette voie. Boris a fait sa profession religieuse le 05 août 2017 à Yaoundé au Cameroun. Il est actuellement au théologat d’Ibadan au Nigéria IBADAN. Il est le premier claretain ressortissant du diocèse d’Oyem.
Les claretains ont aussi 8 jeunes en formation (2 au théologat et 6 au philosophat).
 
Nos Défis
   Lors de notre assemblée annuelle en juillet 2017, nous avons exprimé nos principaux défis dans les points suivants :
– la pastorale vocationnelle
– l’obéissance religieuse
– la disponibilité missionnaire
– la formation des missionnaires, la qualité de notre pastorale et de notre relation avec la hiérarchie de l’Église (évêques et autres personnalités ecclésiastiques)
notre participation à l’Église locale qui est au Gabon et la congrégation au niveau national.
   Notre relation avec le Peuple nous encourage à continuer la mission même si elle devient de plus en plus exigeante.
 
Source :
                                        Père Yves LOUSSOU


Ordre des Sœurs Pauvres de Sainte Claire
Ou Sœurs Clarisses
N’être attaché à rien sauf à Dieu !
Gabon : 1975

1. Présentation
   Nous sommes l’Ordre des Sœurs Pauvres de Sainte Claire ou Ordre de Ste Claire, OSC ou plus couramment : Sœurs Clarisses.
   Ce nom souligne le caractère principal de notre vie : la pauvreté que Ste Claire a vu vivre par St François avec un radicalisme absolu : n’être attaché à rien sauf à Dieu seul et attendre tout de Lui. Elle a vu quelle liberté en ressortait pour François et ses frères, quelle joie les remplissait et a voulu aussi répondre à Dieu en prenant cette voie.
 
2. Fondateur et fondatrice
   Nos fondateurs sont St François et Ste Claire d’Assise.
 
3. Notre Charisme
   L’Ordre des Pauvres Dames de Sainte Claire est d’abord voué à la contemplation en clôture, dans un mode de vie pauvre et avec une grande insistance sur la qualité de la vie fraternelle. Selon la demande de l’Église, nous nous sommes mises à un travail qui nous permet de subvenir à nos besoins sans troubler notre mission première de priantes pour notre pays, pour l’Église et pour le monde. Mais nous recourons à la quête comme instrument de la Providence et nous partageons beaucoup avec les pauvres.
   Une particularité de notre monastère, avec les deux monastères de clarisses du Cameroun, fondés par Mère Marie de Jésus, c’est que nous avons le privilège de l’adoration quasi perpétuelle. C’était un engagement de 1960 pour l’unité de la grande famille humaine et le salut du monde entier, à l’heure des indépendances où il y avait des conflits inter-ethniques.
 
4. Présence au Gabon
   Nous sommes arrivées au Gabon le 20 juillet 1975.
   Nous sommes le seul monastère contemplatif, et nous avons bien conscience de l’importance de notre mission de prière et d’adoration.
   C’était le Pro-nonce apostolique du Cameroun et du Gabon, Mgr Donato SQUICCIARINI, qui, voyant le grand nombre de sœurs dans nos monastères camerounais, avait suggéré à Mère Marie de Jésus de venir fonder au Gabon, car ce pays avait besoin de ce souffle spirituel.
   Notre hôtellerie permet à tous ceux qui le souhaitent de prendre une pause spirituelle, seul ou en groupe. Nous recevons aussi beaucoup de personnes qui ont besoin d’être écoutées ou qui viennent tout simplement demander notre prière. Nous avons bien conscience d’être le cœur priant de notre Eglise et de tout le Gabon spécialement.
   À notre arrivée au Gabon, il y avait la conférence annuelle de l’OUA à Libreville. Des travaux se faisaient donc pour cette circonstance. La croissance économique bénéficiait du boom pétrolier d’alors. La ville évoluait avec la construction du palais présidentiel, de l’Hôtel de ville, du boulevard triomphal et l’axe lourd vers Owendo. Le Transgabonais a été inauguré en 1972 et Air Gabon international sera fondé en 1976. Les gens vivaient assez à l’aise dans l’ensemble.
   Nous devions occuper la mission de Donguila au départ. Mais la population de là-bas ne voulait pas perdre sa mission. Aussi, Mère Marie de Jésus chercha un lieu à la convenance de notre monastère avec l’aide de techniciens des routes, avec avion à l’appui ! C’est ainsi que fut choisie la crête que nous occupons entre deux collines à Nzogmintang au km 24 de la route de Kango.
   L’acquisition du terrain auprès des habitants fut facilitée par l’entremise du Père Gérard MOREL, CSSP, qui avait soutenu la fondation dès le départ. Comme le village était encore sur la paroisse de St Michel, le Père connaissait tous les habitants. L’espace fut défriché avec l’aide du Président et des TP, et les bras des Sœurs fondatrices. Celles-ci sont 10 avec Mère Marie de Jésus, essentiellement camerounaises, mais il y avait aussi une Française, une Américaine et une Argentine. L’internationalité sera toujours une richesse de la communauté.
   Les Sœurs ont été accueillies au noviciat des Sœurs de Sainte Marie qui était vide à l’époque et vont et viennent tous les jours. Les sœurs ont pris possession à Essassa des bâtiments assez achevés le 1er Décembre 1976. Le monastère est alors sous la dépendance de l’abbesse du monastère St François de Toumi jusqu’en 1986 où le monastère acquerra son autonomie et élira pour abbesse, Mère Marguerite de Jésus. Quatre sœurs sont déjà retournées vers le Père dont Mère Marie de Jésus en 1978 qui repose sous l’autel de l’actuelle chapelle, construite entre 2000 et 2002.
 
5. Le profil de la première vocation Gabonaise
   Le nom de la première vocation gabonaise est sœur Claire de Jésus née Sylvie NZOA AGNEGUEBELE EKOUAGHE. Elle a fait sa première profession religieuse le 2 août 1986, à l’âge de 22 ans.
 
6. La plus jeune professe gabonaise
   Sœur Claire Marie de Jésus née OBONE ESSONO Marie Claire est fille de feu ESSONO BEKALE Norbert et d’ASSENGONE NDOUTOUME Pauline, dernière d’une famille de huit enfants dont trois décèdent en bas âge et cinq sont en vie.
   Marie-Claire est née le 26 décembre 1973, à Libreville. Elle est originaire de la province du Woleu-Ntem, dans le Canton Bissock à Oyem. Elle a fait tout le primaire à l’école Saint Michel dans la paroisse Saint Michel où elle a pris tous ses sacrements. Son père marié religieusement à sa mère, était catéchiste dans cette même Paroisse et portait la communion aux malades de son quartier, le dimanche, après la messe. Il y amenait parfois sa fille Marie-Claire. Cet apostolat, il l’exerçait avec le défunt père Gérard MOREL. Il était menuisier au CPA de Sainte Marie. En 1987, la famille déménage pour le quartier Nzeng-Ayong derrière la paroisse Saint Jean Baptiste. Son père est décédé deux ans plus tôt, c’est l’aînée qui jouera le rôle de père et même de mère de Marie-Claire. Au secondaire, elle fréquente le collège Quaben de la sixième en seconde (1987-1992). Puis tour à tour, elle fait sa première et sa terminale au Lycée Dioué-Dabany, puis au Lycée de Nzeng-Ayong (1994-1995).
   Elle obtient son baccalauréat en 1997 (candidate libre). Elle s’inscrit dans la Faculté des Lettres et Sciences Humaines dans le département des Lettres Modernes (1997-2003). Elle passe le concours d’entrée à l’Ecole Normale Supérieure (ENS, 2004-2006). Elle est affectée comme professeur au Lycée Richard Nguéma Bekale à Oyem (2006-2008). Elle entre au Monastère Notre-Dame des Anges à Essassa le samedi 04 octobre 2008 en la fête de Saint François d’Assise. C’est l’année du Jubilé de l’an 2000 que Marie-Claire a commencé à ressentir fortement l’appel de Dieu. Elle fréquentait beaucoup la communauté des Béatitudes, qu’elle aimait énormément. Elle assistait aux messes en semaine, aux vêpres de la résurrection, au forum international des jeunes, aux retraites, aux chemins de croix…).
   L’année 2000-2001, elle reprenait la licence à cause du rapport qu’elle n’avait pas déposé à temps. Au cours d’une messe aux Béatitudes, elle rencontre Marie Annick, une jeune fille qui s’occupait des personnes âgées à la Fraternité Saint Jean (située derrière le collège Sainte Marie). Les jeunes filles avaient été ensemble au collège Quaben (en classe de seconde). Marie Annick invite donc Marie-Claire à découvrir cette Fraternité. Elle s’y rend avec elle. A la vue de tous ces vieillards, elle éprouve une grande répulsion. Elle se demande comment une fille si jeune peut demeurer en un tel lieu.
   Cependant elle lui fait part de son désir de se donner à Dieu. Marie Annick l’invite à passer une semaine à la Fraternité et d’aller visiter les sœurs de Saint Jean (contemplatives), au Cameroun, pour y discerner sa vocation. Marie-Claire accepte et au lieu d’une semaine, c’est trois ans qu’elle passera à la Fraternité Saint Jean.
   L’année 2001-2002 fut décrétée année blanche à l’université, elle fut inscrite à l’ENASS (École Nationale d’Action Sanitaire et Sociale) avec des stages dans les hôpitaux. Marie-Claire se sentait plus poussée à prier pour les malades qu’elle rencontrait qu’à soigner leurs corps ; elle prenait leurs noms, priait pour eux. Dans la Fraternité Saint Jean où elle vivait alors, la vie consiste à donner à manger aux personnes âgées, à les laver, à les habiller (pour ceux qui n’étaient plus valides), à prier avec eux (messe sur place, quand cela est possible ; chapelet après la messe pour les mystères joyeux, les mystères douloureux avant le repas de midi, les mystères glorieux, avant le repas du soir), à se détendre, à partager leur joie d’avoir été visités par des groupes, à les accompagner à l’hôpital quand ils sont malades et par la prière quand ils sont à l’agonie et à les enterrer. Leur aumônier était le défunt Père Gilles DELALANDE. Elle est rejointe par d’autres jeunes :  Irène, Eliane, venues pour une retraite. D’autres les fréquentaient régulièrement : Léna, Loyola, Lydia. L’Archevêque les soutenait, ainsi que de nombreux prêtres : Monseigneur Mathieu, Monseigneur Eusebius, Monseigneur Jean-Jacques (tous abbés à cette époque) …et les laïcs, notamment la famille ALAWOE, docteurs Marcelline et son époux Urbain).
   L’année suivante, elle décide de repartir pour l’université qui rouvrait ses portes (il faut dire que les résultats à I’ENASS n’avaient pas été bonnes). Elle était en année de maîtrise. Marie-Claire avait toujours le désir de servir Dieu ; elle participa à la retraite d’élection (une retraite qui consistait à discerner sa vocation, avec accompagnement spirituel), aux Béatitudes. A la fin de la retraite, elle fit part à la responsable de la communauté (à l’époque sœur Anastasia) de son appel chez les sœurs clarisses. La sœur l’encouragea à y aller. Marie-Claire prit donc rendez-vous avec la mère abbesse, sœur Marie Esther de Jésus. Quelle ne fut sa surprise ! Elle fut admise à entrer dans le cloître, à être au chœur avec les Sœurs, à participer à la retraite annuelle. C’était trop beau pour elle ! Au terme du stage, elle exprime son désir de vivre parmi elles. La mère lui fait comprendre qu’elle doit terminer sa formation à l’ENS (École Normale Supérieure) ; toutefois la mère la confie à la direction du défunt père Gianni ZUCCA (Jésuite) ; après deux ans de formation, elle demande de nouveau à entrer chez les Sœurs clarisses. La mère lui répond qu’elle doit exercer pendant cinq ans. Pour Marie-Claire c’était trop cinq ans, alors qu’elle avait trouvé ce qu’elle cherchait. Son directeur spirituel partage le même avis que la Mère. Alors elle se soumet à leur volonté.
Elle est affectée à Oyem dans sa province d’origine (au Lycée d’État Richard NGUÉMA BEKALE) : la mère abbesse y voit un signe de la volonté de Dieu à vivre ces quelques années auprès de sa mère qui y vivait encore. À Oyem, elle est catéchiste à la cathédrale Saint Charles Lwanga, et elle donne des cours au Centre chez les Sœurs Salésiennes. Finalement c’est au bout de deux ans qu’elle est appelée à entrer au Monastère Notre Dame des Anges. Elle a quitté une folie (la Fraternité Saint Jean) pour une autre folie, la vie cloîtrée. Elle fait son entrée au postulat six mois après ; un an après (2009), elle fait la prise de médaille de Saint François et Sainte Claire. En 2010, elle entre au noviciat. Trois ans plus tard, elle fait sa première profession le samedi 6 avril 2013, la veille de la fête de la Divine Miséricorde, à 40 ans.
 
Les Joies
Voir encore aujourd’hui des jeunes qui s’intéressent à la vie religieuse, particulièrement la vie contemplative : tout quitter pour vivre uniquement pour Dieu ; des jeunes qui se sentent appelés et qui répondent généreusement à l’appel de Dieu.
 
Les peines
Voir des jeunes qui veulent servir mais parfois ne tombent pas sur des bonnes personnes pour les orienter. Des jeunes qui ressentent l’appel mais les désirs passagers du monde envahissent leur cœur et les détournent du véritable but de leur vie ; le contre-témoignage de certaines âmes consacrées les détournent de cette voie.
 
Les motivations
Vivre pour Dieu. Quand on a Dieu on a tout. Dans ce monde, tout passe, mais Dieu Seul demeure pour l’éternité. Notre style de vie a encore quelque chose à dire aujourd’hui. Ce monde a besoin de notre présence, de notre prière, du témoignage de la centralité de Dieu dans toute vie.
 
 
Source :
                                                      Sœur Marie Esther de Jésus


Sœurs Missionnaires Claretaines
Bonté et joie !
Gabon : 1979

1. La fondation
   Fondée le 19 mars 1958 à Londrina au Brésil, de la rencontre de sœur Léonia MILITO et de Mgr Géraldo FERNANDÈS (Clarétain), la Congrégation des Sœurs Clarétaines est une congrégation missionnaire dont Jésus est le centre de chaque communauté. Tous les membres qui vivent en fraternelle communion de vie, doivent se traiter avec un respect réciproque en portant les fardeaux des uns et des autres. Devise : Bonté et Joie !
 
2. L’Afrique, une fondation rêvée, programmée, concrétisée
   De l’Afrique, précisément de la Côte d’Ivoire, l’archevêque d’Abidjan, Mgr Bernard YAGO, avait déjà reçu des informations sur la Congrégation des Missionnaires Clarétaines par l’intermédiaire du Père Bertaine de Blagnac, en France où les Sœurs avaient une communauté, fermée quelques années plus tard. Celui-ci était l’ami de l’archevêque d’Abidjan. A cette occasion, une brève rencontre avec Monseigneur Bernard YAGO a eu lieu, où l’archevêque exprima son désir d’avoir les Missionnaires « Brésiliennes » dans son diocèse.
   Le 10 janvier 1969, les premières Missionnaires Clarétaines arrivent à Abidjan. Ce sont les sœurs : Angelica Marcendes, Luzia Fontoura, Ana Luzia Vieira et Ermerinda Eulalia dos Anjos. Cette dernière est actuellement Carmélite. Quant à Luzia Fontoura, elle est encore à Abidjan, précisément au Siège Provincial.
   Le 21 février 1969, sont arrivées d’autres sœurs : Aparecida Anselme, Leonilda Assis et Iracema Rosa. Dès lors, lamission en Afrique a pris racine et d’autres communautés sont fondées.
 
3. Le Charisme
   Notre Charisme est la « SUITE DE JESUS MISSIONNAIRE ET REDEMPTEUR qui a « Évangélisé les pauvres, guéri les infirmes, consolé les affligés, libéré les opprimés, donné sa vie pour le salut du monde » (LC 4,18-19), en accomplissant, ainsi, la volonté du Père. (Cf Constitution).
   Ce « Charisme » nous le réalisons concrètement à travers :
l’Annonce de la Parole et le Service de la Charité, selon le programme des Œuvres de Miséricorde décrites en Mt 25, 31-43 : « J’avais faim et tu m’as donné à manger ; j’avais soif et tu m’as donné à boire, j’étais nu et tu m’as habillé ; j’étais malade et tu m’as visité ; j’étais étranger et tu m’as accueilli… »
 
« L’esprit » avec lequel nous réalisons notre mission est celui des Béatitudes et les destinataires préférentiels de notre mission charismatique sont « les pauvres les plus pauvres ».
 
Notre vie missionnaire est nourrie par une forte spiritualité eucharistique et mariale, cultivée au quotidien. Les sources qui nourrissent quotidiennement notre spiritualité sont : la Messe quotidienne, l’adoration personnelle devant le très Saint Sacrement, la Parole de Dieu méditée et contemplée, une filiale dévotion au Cœur Immaculé de Marie Mère, Maîtresse et Reine de la Congrégation, Modèle de notre cœur missionnaire.
 
La Bonté et la joie, devise de la Congrégation, est aussi le secret, le différentiel et la marque qui caractérisent et identifient notre être et notre action missionnaire.
 
4. La mission au Gabon
   Nous sommes présentes à :
Okondja : Cette communauté a été fondé le 22 octobre 1979. Les activités réalisées par les Sœurs sont : assistance à l’hôpital public et au centre de santé de la mission, apprentissage de l’art plastique aux élèves du collège et aux femmes de la mission d’Okondja et d’Akiéni et catéchèse. Mais cette communauté a été fermée en septembre 2004.
 
Franceville : La communauté de Franceville est ouverte le 5 octobre 1981. Les activités principales sont : catéchèse, formation humaine, religieuse et promotion féminine au collège Saint Hilaire. Aujourd’hui, les sœurs ont un complexe éducatif et continuent de travailler à la catéchèse, Caritas, etc.
 
Libreville : La communauté de Libreville existe depuis le 07 novembre 2006 à la Paroisse Saint Joseph de Lalala. Les sœurs travaillent dans les secteurs suivants : école maternelle, dispensaire, catéchèse, pastorale.                                                                            
 
5. Vocation au Gabon
   Sœur Euphrasie NDJILA est la première religieuse claretaine gabonaise. Elle voulait devenir « clarétain » comme son frère Yves LOUSSOU. Celui-ci l’oriente vers les sœurs claretaines et l’accompagnera dans son cheminement vocationnel.
   Elle a fait la première profession religieuse le 30 septembre 2006. Elle a prononcé ses vœux perpétuels le 06 juin 2015 en la paroisse Notre Dame de l’Espérance de Mingara. Au terme de la célébration eucharistique, Sœur Euphrasie a exprimé ses sentiments qui traduisent sa joie d’être au service du Seigneur et son espérance concernant le manque de vocations religieuses, en ces termes : « Comme le Seigneur l’a dit « priez le Maître de la moisson ». Nous gardons toujours l’espérance, tout en priant pour qu’Il envoie toujours les ouvriers pour sa moisson. »
   Feu Mgr Timothée MODIBO DZOKENA lors des vœux perpétuels de Sœur Euphrasie, exprime l’importance de l’engagement définitif de cette dernière en ces mots : « C’est une grande joie car une religieuse du diocèse vient de faire ces vœux perpétuels dans la Congrégation des Sœurs Missionnaires Claretaines ; elle donne un exemple à ses sœurs ; elle les invite à la suivre ; c’est un pas qu’elle trace. »
   Actuellement, Sœur Euphrasie exerce sa mission en Côte d’Ivoire comme assistante sociale, directrice d’une école et secrétaire provinciale. Deux autres gabonaises sont en formation.
 
Source :
                                    Sœur Joëlle OPALI


Filles du Divin Amour
Daughters of Divine Love Congregation
L’amour du Christ nous presse !
Gabon: 1980

1. Signification de notre Nom
   Le nom officiel de la congrégation est Daughters of Divine Love Congregation – Congrégation des Filles du Divin Amour (en français). Ce nom signifie que les membres sont les Filles bien aimées de Dieu et qu’elles sont dignes d’être appelées ses précieuses Filles en incarnant son Amour dans le Monde. Le Fondateur veut que les membres reconnaissent leur dignité comme des princesses, des héritières de leur Père en réalité et en vérité par leur comportement, leurs paroles et leurs actions.
 
2. La Fondation
   Le Fondateur est Mgr Godfrey Mary Paul OKOYE Cssp – de la congrégation du Saint Esprit (Paix à son âme). Celui-ci a fondé la Congrégation des Filles du Divin Amour le 16 Juillet 1969 à Ukpor dans la région d’Anambra à l’Est du Nigéria.
 
3. Le charisme de notre Congrégation
   C’est une réponse généreuse de notre amour à l’amour de Dieu incarné. C’est la force motivante et convaincante de cet Institut et des Sœurs qui viennent à Lui. L’apostolat des Filles du Divin Amour est constitué principalement par le témoignage de leur vie consacrée à l’amour divin, donc toute leur vie religieuse doit être imprégnée de l’esprit apostolique inspiré par l’amour du Christ. Notre apostolat s’adapte aux besoins du milieu d’accueil et de l’époque.
 
4. La singularité et la particularité de notre Congrégation
   La Congrégation est une nouvelle fondation après le concile Vatican II. Elle est privilégiée car elle s’est basée dès le début sur les enseignements de ce concile.
   Elle va commémorer de l’amour et de la miséricorde infinie de Dieu et par sa grâce, lui fait honneur, lui rend grâce dans l’amour réciproque.
   Elle converge, sanctifie et sauve les âmes pour Lui, et tout d’abord les âmes des membres de la congrégation.
   Les Filles du Divin Amour sont connues d’une manière spéciale par leur amour pour Dieu et leur semblable, accompagné par une profonde humilité, le sacrifice de soi, une piété solide fondée sur l’amour.
   Les Filles du Divin Amour accompagnent la contemplation avec l’action apostolique en imitant la vie de Jésus le Maître.
La Devise de la congrégation est : Caritas Christi Urget Nos (L ‘Amour du Christ Nous Presse).
 
5. Notre Spiritualité
   La spiritualité de la congrégation est celle de l’incarnation, l’amour divin en action, exprimé dans la contemplation de Dieu, la vie fraternelle et profonde, et l’action apostolique.
   La vie spirituelle des Sœurs et leur apostolat au service de l’évangile doivent être la face interne et externe d’une seule et même réalité, la rencontre avec le Christ lui-même en aimant les hommes et les femmes qu’elles servent.
 
6. Notre vision
   Nous, les Filles du Divin Amour, une congrégation internationale, de droit Pontifical poussée par l’Évangile du Christ et l’esprit de notre fondateur, sommes appelées à donner une réponse d’amour courageuse à l’amour divin, incarné dans la contemplation, dans la vie harmonieuse communautaire et dans l’action apostolique rendue visible à travers les services libérateurs désintéressés à la création toute entière.
 
7. Notre mission
   Nous, les Filles du Divin Amour, sommes appelées à témoigner de l’amour divin dans le monde.
 
8. Fondation au Gabon
   La congrégation des Filles du Divin Amour est implantée au Gabon le 10 octobre 1980 par l’invitation de Mgr André Ferdinand ANGUILET. La fraternité des amis du Divin Amour est fondée en 1968 à la paroisse St Michel de Nkembo.
   Notre congrégation s’installe au Gabon pour l’Éducation, la Santé, la Pastorale dans les paroisses. Nous visons aussi à éveiller la vocation religieuse chez les jeunes, prier pour le salut des Âmes et répondre aux besoins de l’Eglise locale en fonction de la disponibilité du personnel formé.
   Nous nous sommes implantées pour la première fois à Libreville à la paroisse Saint Michel de Nkembo. En 1989 sur invitation de Mgr Basile MVE ENGONE, nous nous sommes installées dans la ville de Makokou justement pour l’éveil des vocations, et pour venir en aide aux démunis par les soins sanitaires et la prière. En voyant les besoins du milieu, la Congrégation s’intègre dans les domaines de l’éducation des jeunes. En 2004, la congrégation s’installe à Angondje à Libreville, en voyant le besoin de morale et d’éducation des Jeunes de cet endroit.
9. Profil de la première vocation
   Le nom de la première vocation gabonaise est Sr Marie Lovette NSEGUE MBA. En 2005, elle a fait ses vœux temporels à l’âge de 25 ans et les vœux perpétuels en 2016.
   Sr Lovette est la première fille de ses parents. Sa vocation hésitante a choqué sa famille biologique à cause de sa position dans la famille. Cette vocation a été accueillie chaleureusement et accompagnée délicatement par la Congrégation pour la formation initiale.
Comme d’ailleurs la plupart des congrégations, la nôtre rencontre les joies et les peines dans l’éveil des vocations.
Les joies
La joie du don de fidélité au témoignage de la vie consacrée au Gabon
Joie d’avoir une vocation gabonaise
Joie de la fondation de la Fraternité des Amis du Divin Amour et pour les bonnes œuvres   qu’elle fait pour l’évangélisation du peuple gabonais
Joie de voir des enfants, des jeunes qui nous sont confiés dans nos différents complexes scolaires Divin Amour pour une formation intègre et pour l’épanouissement des personnes humaines au Gabon
Joie de faire partie de la mission du salut des âmes laissée par les apôtres et continuer par l’aide de l’Esprit-Saint dans l’Église catholique du Gabon
Peine
   Notre plus grande peine réside dans le fait de voir les jeunes filles empêchées de s’engager dans la vie religieuse par leurs parents, camarades et voisines pour des raisons de culture, de mentalité et de connaissance de la vie consacrée.
   Nous prions pour que Jésus-Christ envoie des âmes prédestinées à cet appel dans notre congrégation comme Il a saisi Sr Lovette pour sa plus grande gloire. Amen.
 
Source:
                                                              Soeur Mary Evangeline ALIWO


Communauté des Béatitudes
Notre Vocation au bonheur
Gabon : 1987

1. Présentation
   Nous sommes membres de la Communauté des Béatitudes. Ce nom renvoie au résumé et à l’enseignement du Christ qui nous rappelle notre vocation au Bonheur. Proclamées par Jésus sur la montagne, les Béatitudes tracent de fait le chemin vers le bonheur éternel auquel aspire le cœur de l’homme. (Cf CEC 1697). Notre fondateur est Ephraïm CROISSANT.
 
2. Le charisme de notre Congrégation
   La Communauté est contemplative et missionnaire, œuvrant dans l’évangélisation et la compassion des pauvres, sa singularité est mixité des états de vie.
 
3. Présence au Gabon
    La Communauté des Béatitudes s’est implantée au Gabon en 1987. Notre raison d’être au Gabon est résumée dans cette phrase : Être une présence de prière au cœur de la ville de Libreville, et l’accompagnement des groupes de prière et des jeunes. Nous nous installons au Gabon pendant la période du monopartisme.
   La communauté des Béatitudes va s’implanter à Libreville sur l’invitation de Feu Mgr André Fernand ANGUILET.
   Ensuite nous nous sommes installés à Port-Gentil, suite à l’affectation professionnelle d’un couple membre de la branche laïque de la Communauté.
 
4. Le profil de la première vocation Gabonaise
   Le nom de la première vocation Gabonaise est Laure Véronique MBOUI NZE MBETSI, en religion Sr Anastasia.
   Elle a fait sa première profession religieuse en 1995, à l’âge de 24 ans.
   Elle a reçu son appel très jeune (autour de 7-8ans), et n’en a parlé à sa famille que longtemps après. Cela n’a pas eu un écho favorable au niveau de sa famille biologique. Et malgré l’opposition de sa famille, elle a fini par intégrer la Communauté des Béatitudes.
Après une année d’intégration à Libreville, elle a été affectée au Congo Brazzaville pour une année, puis en France où elle est restée 10 ans avant d’être réaffectée au Gabon.
 
5. Le témoignage d’aujourd’hui
   John Dean MOUNGUENGUI, en religion Frère Jean-Paul du Christ Rédempteur a fait sa profession religieuse en 2014, à l’âge de 32 ans. Sa principale joie se base en ceci : les jeunes veulent un mode de vie consacré authentique et rigoureux.
La peine est le refus des parents à laisser leurs enfants se consacrer à Dieu.
   Ce qui motive le jeune profès dans la réalisation de sa vocation est le fait de marquer la différence en aimant Dieu et en exprimant cet amour de façon authentique par la consécration.
 
 
Source :
     Larissa Gladys MASAGWAMBILOU BANYENDA TCHIEYA
                                        en religion Soeur Gloria


Sœurs Carmélites de la Charité de Vedruna
La gloire de Dieu et le bien du prochain
Gabon : 1989

1. Présentation
   Le nom officiel de notre Congrégation est Sœurs Carmélites de la Charité de Vedruna (CCV). Notre Fondatrice est Sainte Joaquina de Mas et de Vedruna.
La signification de ce nom se résume de la manière suivante :
Carmélite c’est la Vierge du Mont Carmel
Charité c’est l’amour,
Vedruna, c’est le nom familial de Notre Fondatrice.
   Selon l’expérience vécue par notre Fondatrice, son accompagnateur lui a proposé que l’Institution soit sous la protection de la Vierge du Mont Carmen.
 
2. Le Charisme de notre congrégation
   La mission d’annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume, est la raison d’être de notre vocation. Cette unique mission « constitue notre vie, elle nous unit en fraternité » et nous situe dans la perspective du Christ, présent dans ceux qui souffrent et dans ceux qui cherchent, pour être parmi eux des témoins de l’amour et du service de la vie et de la dignité de chaque personne, parce que nous sommes tous des fils aimés du même Père.
   L’engagement vocationnel Vedruna nous porte à concentrer nos forces et nos énergies à cette seule fin : la gloire de Dieu et le bien du prochain, et il nous invite à avoir l’oreille attentive à Dieu, les yeux fixés sur Jésus et les pieds dans la réalité souffrante du monde.
 
3. La Singularité et la raison d’être de notre Congrégation
   Notre singularité est « l’Esprit de Famille et charité ». Notre particularité : « Jésus selon l’expérience qu’a eu notre Fondatrice Ste Joaquina de Vedruna: Jésus Anéanti, Maître et Guérisseur ».
Notre raison d’être se trouve dans les aspects suivants :
L’Évangélisation et la pastorale rurale
Le désir d’être présent dans un autre pays de l’Afrique centrale
Le rapprochement entre les pays avec la présence Vedruna en Afrique, Zaïre et la Guinée-Équatoriale qui dépendaient de la Province de Barcelone et Madrid.
4. Présence au Gabon
   La congrégation s’est implantée au Gabon à Moanda, dans le diocèse de Franceville en 1989. Nous nous étions d’abord installées à Franceville pour connaître le milieu, les possibilités et les conditions de notre urbanisation. Les Sœurs étaient logées provisoirement dans un local près de l’archevêché en attendant et en étudiant l’implantation de la nouvelle communauté.
   La communauté de Moanda est orientée vers les zones rurales pour la pastorale de proximité et l’Évangélisation. Nous avons été invitées pour quelque chose de concret: « présenter un service des œuvres sociales (SOS) pour la catéchèse ».
   Au niveau politique, le Gabon traversait des moments difficiles après les Élections en 1993. Les Sœurs étaient restées une semaine sans sortir de la maison. Après quelques mois d’impasse sociale, la classe politique était invitée en France, où les « Accords de Paris » étaient signés en novembre 1994. Il est décidé, entre autres aspects, que l’opposition fera désormais partie du gouvernement.
   Au milieu de cette situation conflictuelle, la congrégation célébrait avec joie la naissance de la Province d’Afrique le 26 février 1994.
Le 13 mars 1993, l’archevêque de Libreville, André Fernand ANGUILET, a envoyé une lettre à Mère Felisa ARAGON, Générale des Sœurs carmélites de la charité, annonçant favorablement la fondation en disant : « Notre Église gabonaise connaît une crise malheureuse des vocations. Tous nos frères et sœurs de l’extérieur qui veulent venir nous aider seront les bienvenus. Nous vous demandons seulement de marcher avec nous, selon ce que nous sommes et selon ce que nous voulons pour l’évangélisation de notre pays. Dans la plupart des districts et paroisses à Libreville, il y a une congrégation religieuse, à l’exception d’Akébé. En plus la paroisse d’Akébé est très populaire, Que le Seigneur et sa Sainte Mère rendent possible pour vous de prendre en compte la pauvreté de notre Église; nous pouvons vous offrir notre hospitalité et nous le ferons avec un cœur ouvert ».
   Le 12 mai de la même année, Mère Felisa ARAGON avait confié aux Sœurs Justine SARMIENTO, Carmen RODRIGUEZ et Théodora CORRAL la nouvelle fondation en leur disant « de Vivre dans la communion, la mission et l’entraide mutuelle. » Du 11 au 14 mai les Sœurs ont tenu les premiers contacts avec l’évêque de Libreville et le quartier: voir la maison où elles vont vivre, se mettre d’accord sur les arrangements à faire, parler à plusieurs personnes pour trouver un travail rémunéré et, visiter les quartiers des Akébés.
 
5. Connaissance de la réalité et recherche d’emploi
   Le 12 août 1993, Sœurs Carmen et Theo arrivent à Libreville. Comme la maison d’Akébé n’est pas encore terminée, elles sont accueillies par les « Sœurs Bleues » et traitées avec finesse et hospitalité.
   Le 15 août 1993, elles sont officiellement présentées à la paroisse Rois Mages d’Akébé et reçues avec joie. Pour cette première étape, trois objectifs prioritaires sont fixés: connaître la réalité du quartier, la vie paroissiale et trouver du travail. La communauté, dans ses sorties à travers le quartier, a collecté tout ce qu’elle trouvait dans la rue, qui pouvait être utilisé, recyclé, pour la production de matériel pédagogique ou pour la psychomotricité. À l’école, le nombre d’enfants a commencé à augmenter et à la fin de la première année, il était possible d’organiser une petite fête qui réunissait des parents qui ne se connaissaient pas.
Ils pouvaient rire et apprécier ce que leurs jeunes enfants étaient capables de faire.
   L’environnement de travail, la motivation et la responsabilité se sont beaucoup améliorés dans le petit groupe de trois personnes.
   Le Seigneur nous appelle pour être une présence évangélisatrice dans la paroisse peuplée … des raisons les plus importantes qui nous émeuvent sont la nécessité de la présence de la vie religieuse dans ce domaine, l’évangélisation, la formation de laïcs et le travail avec les jeunes. Grâce à notre charisme basé sur l’«éducation chrétienne de la jeunesse et de la santé», nous souhaitons collaborer dans ces domaines avec sens et dimension pastorale, pas simplement en tant que professionnelles.
 
6. « Un arc-en-ciel pour les « enfants de la rue »
   En s’installant à Libreville, les sœurs sont confrontées à des problèmes sociaux typiques des grands centres urbains africains. De nouveaux champs de mission s’ouvrent devant eux. Ils participent activement à Caritas et, à l’Assemblée générale de décembre 1994, réfléchissant sur trois problèmes qui affectaient Libreville: les «enfants esclaves», les «enfants des rues» et les malades mentaux, voir les possibilités d’action, former avec Caritas une commission pour entrer en contact avec les enfants des rues dans leurs lieux habituels de travail, de divertissement, et confier cette tâche à la sœur Théodora CORRAL, qui travaille en étroite collaboration avec la sœur Louise BILODEAU, de la Congrégation de Jésus Marie, et avec des laïcs de plusieurs paroisses de Libreville.
   Les problèmes économiques rencontrés par les familles, déstructuraient de plus en plus le tissu social et le nombre d’enfants vivant dans la rue augmentait.
Les profonds changements subis par la société traditionnelle, le grand développement des micro-entreprises et de l’économie souterraine, les problèmes de sorcellerie très présents dans l’environnement urbain, le manque de la scolarisation des enfants, l’absence d’une politique efficace de protection de l’enfance, le climat d’impunité dans lequel vivaient de nombreux États africains, favorisaient ce phénomène.
La large présence des sectes contribuait également à aggraver le problème; les enfants, accusés de sorcellerie ou diabolisés, étaient soumis à des exorcismes indiscriminés entraînant la marginalisation sociale et la déstructuration psychologique. Pour survivre dans la rue, ces enfants se consacraient au lavage des voitures, poussaient les caddies des grands supermarchés, travaillaient comme garçons conducteurs, mendiaient ou volaient. Grâce au soutien des salésiens et un groupe de bénévoles en 1995, ils offrent aux enfants un service de réception le soir, au Séminaire Saint Jean, où ils sont à l’écoute, l’alphabétisation, les soins médicaux, le suivi de la famille, des jeux et de l’artisanat ; Parallèlement, le travail de rue et le suivi des enfants en prison sont accentués.
 
7. Un espoir pour les « filles esclaves »
   Parallèlement à ce travail avec les enfants des rues, les sœurs participaient à une autre commission diocésaine pour étudier et répondre aux nouvelles formes d’esclavage moderne des enfants du Togo, Bénin, Nigéria, Cameroun, etc. UREGA était profondément impliquée dans ce problème.
   Certaines communautés ouvraient leurs portes pour accueillir les filles fuyant leurs employeurs, d’autres participaient à des commissions de réflexion avec des organisations de la société civile et l’UNICEF. Dans la communauté d’Akébé, il était fréquent de trouver des filles qui passaient des périodes à la maison jusqu’à ce qu’une issue favorable soit trouvée pour elles.
   En juillet 2000 était créé le Collectif de lutte contre la traite des enfants (COCTE), dont faisait partie I’UREGA et les Carmélites de Vedruna. En août 2000, le premier Centre d’accueil des enfants victimes de la traite a été ouvert, appelé « Centre Emilie »; les filles étaient accueillies dans « Emilie » et les enfants victimes de la traite à « Arc-en-ciel ».
 
8. Profil de la première religieuse gabonaise
   Le nom de la première Sr Gabonaise est Florence MOMO MILAN. Sa première profession religieuse a eu lieu le 17 Août 2008 à Kinshasa (RDC) à l’âge de 25 ans. Nous avons connu la jeune à la paroisse Rois-Mages d’Akébé comme servante d’autel, par le canal de la sœur Carmen Lucas communément appelé Mamen. Elles étaient au nombre de 9 filles qui nous fréquentaient malheureusement, elle est restée l’unique. De temps en temps, la jeune venait à la communauté pour nous poser des questions par rapport à la vie religieuse ; nous avions trouvé mieux de l’orienter au groupe vocationnel de la paroisse et diocésain, pour approfondir ces questionnements et être aussi en contact avec d’autres congrégations. Petit à petit, elle commençait à s’intéresser à la vie religieuse.
   Lors d’une sortie pour le camp vocationnel, à son retour, elle nous demanda de lui parler de notre congrégation. Nous nous rappelons bien, début janvier 2003, elle nous demanda si elle pouvait faire l’expérience dans notre congrégation. Cette demande était la bienvenue. Nous l’avons envoyée à Moanda comme aspirante de première année et en même temps qu’elle devait commencer la classe de terminale.
   Nous pouvons dire que sa vocation a été mal accueillie dans sa famille biologique en tant qu’aînée d’une fratrie de 7 enfants. Ses parents ont voulu qu’elle se marie ; cela n’a pas été facile pour elle. Elle a dû combattre pour arracher sa vocation. Parfois, nous avons reçu même des menaces venant des parents mais elle nous demandait de toujours prier.
   Quand elle devait voyager pour le noviciat en RDC, avant le voyage, sa mère était venue crier à la communauté menaçant la provinciale de laisser leur enfant. Après plusieurs réunions en famille, elle était toujours déterminée et courageuse de parler à ses parents malgré tout ce qui pouvait arriver. Quand la jeune a eu le désir de nous connaître, nous l’avons laissé la liberté de bien réfléchir avant de s’engager.
De temps en temps elle nous accompagnait dans nos activités pastorales pour mieux nous connaître. Le fait qu’on la considérait comme enfant de la maison sans distinction, l’a poussée à se sentir accueillie et c’était son premier pas.
   Pour sa formation initiale, vue les problèmes avec sa famille, elle a dû aller à Moanda pour l’aspirantat première année ; dès son retour de Moanda, elle commença la deuxième année d’aspirantat, ensuite le postulat.
Elle alla dans un pays étranger (RDC) pour 2 années de noviciat.
 
Le témoignage d’aujourd’hui
   Nous n’avons qu’une seule Sœur Gabonaise (Sœur Florence MOMO). Sa première profession religieuse fut le 17 Août 2008 à Kinshasa à l’âge de 25 ans.
   Nous pouvons dire que la joie que nous rencontrons dans notre congrégation est que les jeunes filles sont très proches de nous, enthousiastes ; elles donnent l’impression de vouloir devenir religieuses.
   Mais la peine est que les jeunes ne se manifestent pas ; personne ne se prononce car disent-elles que notre vie est difficile parce que nous ne possédons rien. Et un autre point: l’influence des parents et la société.
Dans le monde d’aujourd’hui, ce qui motive notre Sœur gabonaise dans la réalisation de sa vocation est le fait de solidifier sa vie sur la foi et la joie de l’évangile.
Un autre motif de joie est l’engagement de suivre Jésus qu’elle a découvert tout en restant fidèle à sa vocation ; cela ne peut que se réaliser si elle reste ouverte à l’action de l’Esprit Saint.
   Sœur Florence MOMO affirme ceci : « Je sens et je suis convaincue que la grâce du Seigneur envers moi est grande. Cela me donne jour après jour, cet enthousiasme de continuer malgré les difficultés de ce monde ».
 
 
Source :
Sœur Rita ADA ABAGA MENGUE


Ordre de la Très Sainte Trinité
Rédemption des Captifs et Adoration de la Trinité
Gabon : 1999

1. Les origines
   L’Ordre de la très Sainte trinité (Trinitaires) est une famille religieuse fondée par un français, Jean de Matha (1154-1213) avec une règle propre, approuvée par Innocent III le 17 décembre 1198 par une Operante divine dispositionis. C’est la première institution officielle de l’Église qui se consacre au service de la rédemption sans armes à la main, sans autre armure que la miséricorde et dans la seule intention de redonner l’espérance à des frères dans la foi qui souffrent sous le joug de la captivité.
 
2. La Spiritualité trinitaire
   En 1998, à l’occasion du huitième centenaire de la reconnaissance de l’Ordre de la Très Sainte Trinité et des Captifs et de l’approbation de sa règle propre, Saint Jean-Paul II adressait ces paroles aux Trinitaires : « Votre spiritualité, qui tire sa force du mystère de la Trinité et de la Rédemption, s’est souvent démontrée dans le service des prisonniers et des pauvres tout au long de votre longue histoire qui a été jalonnée par de nombreux exemples de sainteté. Au sein de votre Ordre, se trouvent de vaillants témoins du Christ, dont certains ont témoigné de leur fidélité par le martyr. Votre spiritualité se situe au centre même du message chrétien : l’amour de Dieu le Père qui embrasse tous les humains à travers la rédemption du Christ, dans le don permanent de l’Esprit Saint. L’Église compte sur vous. Travaillez en union avec le Christ « Lui, révélateur du nom du vrai Dieu, glorificateur du Père et rédempteur de l’humanité ».
 
3. Les caractéristiques propres
   Notre vie, que l’on doit mener en commun à l’exemple de la primitive Église où la multitude des croyants n’avait qu’un cœur et qu’une âme (cf. AC. 4, 32), consiste dans l’unité d’une même consécration, d’un même esprit, d’un même amour, d’une même prière et d’une même activité. Cette vie menée en commun, avec ses nombreux membres conduits par l’Esprit du Père, constitue en effet une famille rassemblée au nom du Seigneur, qui jouit de Sa présence (Cf. Mt 18, 20) et la manifeste; elle rend plus efficace l’action apostolique à laquelle se voue chacun de ses membres. Ainsi en tant que communauté ecclésiale, notre Ordre apparaît comme un peuple rassemblé dans l’unité du Père, du Fils et de l’Esprit-Saint. (Constitution Chapitre III)
   La Trinité et la Rédemption, dogmes principaux de notre foi, sont le fondement doctrinal de la spiritualité de notre Ordre. Mais cette spiritualité se traduit dans la vie et dans la pratique lorsque les frères, mus par l’Esprit Saint, s’appliquent à devenir conformes au Christ, (Constitution, chapitre IV).
 
Trois Passions chez le religieux trinitaire:
Passionné pour le pauvre, le captif ct le persécuté à cause de sa foi au Christ. Toute personne qui rencontre un religieux de la Trinité devrait s’attendre qu’il partage sur la vie du pauvre, du captif et du chrétien persécuté.
Passionné par la Trinité: Oui le religieux trinitaire va à la rencontre de la Trinité libératrice au cœur même du pauvre, du captif et du persécuté. La Trinité se révèle à nous par ce chemin privilégié de l’Alliance avec un pauvre concret, un captif avec de vraies chaines et un persécuté à cause de sa foi qui la vit dans la clandestinité. Cette Trinité libère à la fois le pauvre, le captif et le persécuté et libère de ce fait même le religieux trinitaire.
Passionné par la vie communautaire: Le religieux trinitaire est avant tout un membre de la famille trinitaire et à ce titre représente toujours la communauté à l’œuvre dans le monde d’aujourd’hui.
 
4. Les Pères Trinitaires au Gabon
   Les Pères trinitaires arrivent au Gabon, en passant par le Congo. C’est en raison de la situation de guerre dans ce pays que le Provincial des Pères trinitaires et son conseil décidèrent, en 1998, de demander l’autorisation à l’Archevêque de Libreville de transférer les scolasticats au Gabon, pays stable pouvant permettre aux jeunes pratiquants trinitaires de poursuivre leurs études. C’est ainsi qu’une communauté fut installée à Libreville. Avec l’aide de Mgr BERTOLDI, alors Nonce Apostolique au Gabon, la communauté trouva une maison que les frères Trinitaires occupèrent dès le 8 décembre 1999. Cette maison sera désormais le noviciat des Pères trinitaires au Gabon, et sera dirigée dès sa mise en place par le Ministre Père Luigi SAVIGNANO, par ailleurs Maître des novices.
   En 2003, l’Archevêque de Libreville, Mgr Basile MVE ENGONE confie aux Pères trinitaires un secteur pastoral doté d’une Chapelle au quartier Kinguélé, dans le 3ème arrondissement de Libreville. La chapelle fut érigée en Paroisse le 6 novembre 2004, avec Père Antonio SIMA NHUERE comme curé.
   En 2006, le Père Ange MAMPOUYA succède au Père Luigi Ministre de la Maison, et reçoit par la même occasion le service de la pastorale des Prisons en qualité d’Aumônier général de la Prison Centrale de Libreville.
   En 2009, le Père Antonio SIMA NGUERE devient Ministre de la Maison des Pères Trinitaires.
   La famille Trinitaire comprend aussi des « Sœurs Trinitaires », qui sont présentes au Gabon bien avant les Pères. Elles sont implantées dans plusieurs diocèses.
I1 existe également un laïcat Trinitaire à la paroisse Saint Pierre de Libreville.
 
5. Le profil de la première vocation gabonaise:
Père Alban EBE ZOGO
   Le Frère Alban que je suis, a une toute petite expérience de la vie religieuse.
   Mon appel commence à Libreville où j’ai passé les ¾ de mon existence. C’est une famille foncièrement religieuse qui m’a accueilli dans ce monde. Un foyer où étude et prière rimaient harmonieusement. La Vierge Marie est la Patronne de ma vie, grâce à elle nous avons forgé une identité d’abandon à l’œuvre de Dieu. J’étais junior au sein du groupe de la Légion de Marie.
Mon vœu d’être prêtre commence à l’âge de 9-10 ans, un âge où le prêtre avec ses tuniques fascine ; un âge où l’imitation, la ressemblance est une joie de vivre. A cette époque, nous coupions des morceaux de bananes en forme d’hosties, nous mémorisions le canon de la messe et le plus fort était celui qui récitait sans faute en même temps que le prêtre. Le perroquet est fini, place à la réalité.
 
   Merci aux prêtres qui nous ont inspiré. Le Pape Paul VI disait qu’une vocation ne se développe qu’à côté d’un prêtre qui en donne sens. Oui, je peux avouer que l’Abbé Jean-Jacques KOMBILA, ainé des prêtres de la Paroisse Notre Dame des Apôtres, ma paroisse d’origine, et l’Abbé Serge Patrick MABICKASSA, aîné du quartier où j’habitais, ont franchement avivé et enflammé ce désir en moi.
 
Le charisme de l’Ordre de la Très Sainte Trinité
Gloire à toi Trinité et aux captifs liberté
   En 2002, j’ai fait le choix de l’Ordre de la Très Sainte Trinité. Son charisme est la Rédemption des captifs et l’adoration de la Trinité. En regardant ma vie et la société gabonaise, ce n’est que par la prière et par l’action que nous pouvons offrir à l’homme de notre temps les propositions de sortie de l’esclavage : esclavage social, esclavage familial ; l’homme a besoin d’être rejoint dans sa condition ethnique, politique, économique, dans sa situation particulière.
   Rejoindre l’homme c’est se rejoindre d’abord soi-même ; délivrer l’homme c’est se délivrer d’abord soi-même. Le charisme trinitaire nous prépare à une résurrection personnelle pour ressusciter avec chaque homme et tout homme. Nous ne pouvons offrir à l’homme du Gabon que ce que nous sommes, que ce que nous avons.
   En nous, Dieu a enfoui sa grâce par son Esprit. C’est le Christ Rédempteur qui nous révèle nos enchaînements, nos prisons intérieures, nos blessures intérieures, nos fragilités qui nous empêchent d’être vrais et transparents.
   Le charisme est certes un don fait à l’Esprit, c’est aussi une manifestation vivante de la présence de Dieu au milieu des hommes. Dieu se voit de manière plurielle. Pour nous, il est action et adoration. Prendre des forces dans l’adoration pour agir dans la prière, prier dans l’action pour porter l’homme à Dieu, l’offrir à Dieu sur l’autel ; que l’homme retourne à Dieu, de cœur et d’âme ; que ses sentiments, ses émotions, ses affections soient les chemins contemporains du Christ.
   Première mission, premier enseignement : obéissance et abnégation. En 2002, j’ai obtenu mon Baccalauréat au Collège Bessieux. Au matin du jour suivant, très tôt, je rencontrais le Père Luigi SAVIGNANO, Supérieur de la Maison Trinitaire, et lui émis mon vœu de rentrer dans l’Ordre de la Très Sainte Trinité. Sans trop de questions, le Père Luigi me dit : « Je t’accepte, mais sache pour ta gouverne, que je t’envoie à Brazzaville ».
   Je commençai à avoir peur, parce que Brazzaville sortait d’une guerre (1998) avec d’autres troubles. Le pays était fragilisé et l’insécurité très grande. J’exposai le vœu à maman qui était très heureuse, mais Brazzaville posait problème. J’étais confus et perdu. Alors je confiai mon voyage à la Vierge en lui disant : « Sainte Vierge, nous sommes en 2002, j’ai 7 ans de formation de base à faire, mets la paix dans ce pays, parce que je reconnais ma fragilité et ma grande sensibilité ».
   Je puis vous assurer qu’il y a la paix au Congo. Ce ne sont pas les 7 ans que j’avais demandé que la Vierge m’accorda, mais bien plus que mes espérances. Comme quoi, Dieu va toujours au-delà de nos attentes, au-delà de nos espérances, au-delà de nos intelligences.
 
La vocation
   La vocation n ‘est pas à prendre à la légère, toute vocation est un appel à faire plus. La vocation ouvre les frontières humaines à l’espace divin. Toute vocation est un locus teologicus, un espace de Dieu, où celui-ci se personnifie (se rend présent), se montre tel qu’il est. Jean-Paul II dans l’Exhortation Apostolique Post-Synodale Pastores Dabo Vobis au n°2 disait : « Le don de Dieu n’annule pas la liberté de l’homme, mais la suscite, la développe et l’exige ». C’est pourquoi je pense que ma vocation est un don libre, responsable, coopératif à l’action de Dieu. J’ai appris, comme dit Jean-Paul II dans la même Exhortation Apostolique, à « correspondre généreusement », petit à petit à cette action. On ne dit jamais c’est terminé. La pédagogie divine nous enseigne chaque jour. Le sacerdoce se réapprend au quotidien, parce que la finalité de toute vocation : « c’est de former en nous les sentiments du Christ ».
   Vivre comme le Christ, agir comme le Christ, sentir comme le Christ. On ne peut le faire en un instant, mais toute la vie. Il me reste un an, deux ans trois ans pour être prêtre, cela n’a pas de sens. On devient prêtre chaque jour, même après 20 ans de sacerdoce.
   J’ai connu des moments de doute, des colères intérieures, de crises atroces où je décidais de partir, de m’en aller. Comme disait le Pape Jean-Paul Il en 1992 : « Le Christ n’a pas proposé la route facile, mais le chemin escarpé, la porte étroite des béatitudes, qui est folie aux yeux de certains hommes, mais qui est sagesse de Dieu et force de Dieu : l’esprit de pauvreté, la pureté, la soif de justice, la douceur, la miséricorde, la recherche de la paix, la patience dans l’épreuve, la persévérance dans la persécution à cause de Jésus et, de surcroît, la joie, oui, la joie la plus profonde… ». Et j’ai compris que la guerre que je redoutais, celle que je fuyais à Brazzaville n’était pas plus forte que la guerre intérieure ; celle que chacun de nous mène avec son histoire, mène avec son passé, mène avec ses rêves non réalisés, avec ses enfants, avec sa belle-famille, avec ses collègues de travail… Alors j’ai retrouvé mon humanité, mes sentiments, mes affections, mes désirs, mes besoins… Au milieu d’hommes à Brazzaville, j’ai appris à grandir. Aucune vocation ne peut éclore sans au préalable assumer son passé, assumer ce que l’on est. Dieu certes nous appelle tels que nous sommes, mais il appelle des personnes qui reconnaissent leurs sentiments, leurs émotions, leurs désirs, leurs besoins et qui dialoguent avec eux, sans les frustrer, sans les étouffer. Les reconnaître, c’est vivre avec eux. C’est en nous, par la foi, que nous pouvons dorer notre Église en nos vocations d’une saveur d’espérance, d’une espérance sûre et durable.
L’un des plus jeunes trinitaires gabonais est le Frère Marie Blanchard NDONG OVONO. Il a été ordonné diacre le 20 octobre 2018 en la paroisse cathédrale Notre Dame de l’Assomption (Sainte Marie).
 
 
Source :
            www.eglisecatholiquedugabon.org


Sœurs de Jésus Bon Pasteur
Esprit pastoral et Communion ecclésiale
Gabon : 1999

1. Présentation
   Nous sommes les Sœurs de Jésus Bon Pasteur (Pastourelle).
 
2. Signification du Nom
   Le nom signifie ou est un « Mémorial » de Christ mort et ressuscité pour rassembler dans un seul peuple les fils de Dieu dispersés, et un « Appel » à vivre en communion avec Lui en disposition de son Royaume. Ce nom est à cause de la participation à la mission pastorale de Christ pour l’édification chrétienne en communion avec les pasteurs de l’Eglise.
 
3. Le fondateur
   C’est le Père Jacques ALBERIONE, celui qui est aussi le fondateur de toute la famille paulienne.
 
4. Le charisme de notre congrégation
   C’est un charisme pastoral vécu ensemble pour l’édification de la communauté chrétienne surtout où il y a plus besoin d’évangélisation dans les églises locales en communion ecclésiale avec les évêques, les prêtres et les laïcs, avec les plus faibles dans la recherche de ceux qui sont éloignés, pour être au milieu du peuple de Dieu signes de sa bonté patiente et sollicite.
Notre but est L’esprit pastoral et la communion ecclésiale.
 
5. Présence au Gabon
   Notre congrégation y est implantée en 1999. Nous sommes venues du Brésil pour l’Afrique par une décision d’un chapitre général et une demande d’un prêtre claretain.                                       
   Nous nous sommes installées avec et au milieu des pauvres, dans une petite ville appelée Lastourville et au milieu d’une grande forêt à côté de l’Ogooué.
   À cette époque, c’était le président Omar BONGO ONDIMBA. Nous avons senti un pouvoir politique en forte relation avec l’Eglise avec des implications dans quelques décisions. Nous avons constaté que pendant les élections, les politiciens venaient et distribuaient des cadeaux; ils organisaient des fêtes pour gagner la faveur de la population et pour s’assurer la victoire.
   Nous avons choisi Lastourville dans le diocèse de Franceville parce que c’était un lieu où on avait vraiment besoin de nous. Nous y avons trouvé une structure pour nous accueillir.
   Nous avons vécu à la Paroisse de 1999 à Juin 2007. Nous avons quitté Lastourville avec un grand pincement de cœur (grande souffrance) pour venir à Libreville. Notre motivation reposait principalement sur l’amélioration de la communication avec la congrégation, une meilleure connaissance de notre famille religieuse, les vocations et les possibilités offertes pour notre formation. Nous avons vu que Libreville répondait plus à ces motivations. Par rapport aux vocations, nous avons beaucoup travaillé sans réussite. Mais grâce à notre travail, la présence à Libreville a été une réussite avec plusieurs engagements conscients à vocation chrétienne. Nous avons participé dans la pastorale de l’archidiocèse avec effort. Maintenant nous avons pris la décision de nous dédier plus à la création et à la formation de la pastorale vocationnelle dans la Paroisse.
 
 
Source:
                                                         Sœur PEREIRA DE JESUS Carmelita


Filles de la Divine Providence de Créhen
Servir et Annoncer l’Evangile
Gabon : 2000

1. Présentation
   La Congrégation des Filles de la Divine Providence de Créhen a été fondée en 1822 en France, dans la Région de la Bretagne, Département des Côtes d’Armor, diocèse de St Brieuc dans le village de Créhen par l’Abbé Guy HOMERY.
   Guy HOMERY, Recteur de Créhen, demeure attentif à la voix de Dieu qu’il reconnaît dans celle des enfants abandonnés et non scolarisés, dans la voix des malades sans soins, des chrétiens menacés dans leur vie de foi, mais il manque de moyens. En 1821, il entend le Seigneur lui dire : « Commence mon enfant, la Providence viendra à ton secours ».
   Le 20 Octobre 1822, il crée une « Maison de Providence » en rassemblant cinq femmes qui ont le désir de servir Dieu et dix orphelines « à qui elles apprendront à gagner honnêtement leur vie ».
Elles vont porter trois noms :
Filles du Cœur Immaculé de Marie : Parmi les cinq premières qui vont commencer avec le Père HOMERY, trois viennent de l’Institut séculier dénommé Filles du Cœur de Marie du Père Jésuite Pierre-Joseph de Clorivière. A cela s’ajoute la dévotion très importante du Père HOMERY à Marie, qu’il nous confie comme Mère pour nous introduire dans le mystère de Jésus Serviteur.
Mères des pauvres : Le Père HOMERY, en confiant les orphelines à ses premières filles, voulait que celles-ci soient leurs mères et qu’elles les traitent comme leurs propres enfants, qu’elles se rappellent sans cesse la tendresse qu’une mère doit avoir pour ses enfants.
Filles de la Divine Providence : Ce nom de la Divine Providence vient de l’expérience faite par le fondateur au début de son œuvre. Il a commencé la congrégation sans un sou en poche, ayant même une soutane à crédit. Il a connu beaucoup d’échecs, d’incompréhensions, de difficultés de tout genre mais malgré cela, sa confiance était ferme en Dieu. Son œuvre ne se réalisera qu’avec l’aide de la Providence. Il exhortera ses filles à avoir la même confiance pleine et tranquille en la Divine Providence et de s’appuyer comme lui sur ses trésors qui ne s’épuisent jamais.
 
2. Notre Spiritualité: « Cor Amator Pauperum »
   A la suite de Jésus Serviteur, selon l’esprit de Guy HOMERY, marqué par la spiritualité de Saint Ignace Loyola, fondateur de la compagnie de Jésus, notre congrégation a été fondée pour servir les pauvres et annoncer l’évangile, à travers l’éducation et l’instruction, le service des malades à visiter et à soigner, l’œuvre des retraites spirituelles.
   Nous restons aussi attentives aux appels de l’esprit et aux signes de temps.
   Nous sommes implantées dans cinq pays : La France, la Belgique, les Pays Bas, la République Démocratique du Congo, le Gabon.
 
3. Les Filles de la Divine Providence au Gabon
   Nous sommes arrivées au Gabon à Koulamoutou en 2000, sur la demande de Monseigneur Timothée MODIBO, l’Ordinaire du Lieu et par l’intermédiaire des religieuses de Saint Joseph, congrégation d’origine française. Monseigneur était à la recherche d’une congrégation pouvant remplacer les Sœurs de Saint Joseph qui s’apprêtaient à rentrer définitivement en France pour des raisons de santé et d’âge avancé. De toutes les années passées au Gabon, elles n’ont aucune vocation autochtone; il était difficile qu’elles poursuivent car il n’y avait pas non plus de renouvellement en Europe.                                  
   Le premier groupe des Sœurs de la Divine Providence était arrivé à Koulamoutou en Août 2000. Dans la ligne du charisme de la congrégation, elles se sont insérées dans le domaine de la santé (pharmacie) et de l’enseignement en collaboration avec les institutions présentes à Koulamoutou. Elle se sont engagées également dans l’éducation chrétienne des enfants, des jeunes, à travers la catéchèse et les mouvements catholiques (CVAV…). En collaboration avec les prêtres, elles ont participé à l’animation des communautés chrétiennes dans les villages, la visite des malades et des pauvres de Koulamoutou. Elles ont ouvert leur porte pour manifester la Providence du Père à tous et plus spécialement aux abandonnés et aux plus pauvres du village. Avec pincement au cœur, la Divine Providence a dû quitter Koulamoutou en 2010, à cause de l’effectif très réduit de la communauté, sans fermer totalement les portes avec l’espoir d’y retourner un jour.
   En 2008, une deuxième communauté verra le jour à Libreville, pratiquement dans les mêmes conditions que Koulamoutou. Une autre demande d’une congrégation, les sœurs de la Providence de Mayenne, ayant passé plus de quarante années au Gabon et qui devaient regagner la France pour les mêmes raisons : santé, âge et manque de relève.
Monseigneur Basile MVE ENGONE accueillera la communauté de la Divine Providence de Créhen en août 2008.
   Les Sœurs sont insérées dans l’enseignement, la santé en collaboration avec les institutions du lieu. Elles visitent les malades et les plus démunis dans la ville. Elles rendent aussi service dans les activités pastorales de la Paroisse et de l’archidiocèse, visitent les communautés chrétiennes avec les prêtres.
   Aujourd’hui, des laïcs partagent l’héritage spirituel de Guy HOMERY et cheminent avec les sœurs dans différents groupes de réflexion, de prière et d’actions.                           
Ce service se vit selon l’esprit voulu par le fondateur. Le texte évangélique de Matthieu 20, 24-28 mis en tête de nos constitutions renferme l’esprit qui doit animer les filles de la Divine Providence:
« Les chefs des nations commandent en maîtres et les grands leur font sentir leur pouvoir. Il n’en doit pas être ainsi parmi vous : au contraire, celui qui voudra être grand parmi vous se fera votre serviteur et celui qui voudra être le premier d’entre vous se fera votre esclave. C’est ainsi que le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude. »
   Voilà pourquoi l’icône de Jésus lavant les pieds des disciples est chère à notre famille religieuse. Cela nous rappelle sans cesse l’esprit d’humilité, de service, de zèle qui doit nous animer.
   La Divine Providence de Créhen laisse ses portes ouvertes aux jeunes filles gabonaises, « la moisson est abondante mais les ouvriers sont peu nombreux ». Nous espérons un jour compter parmi nous nos sœurs gabonaises.
 
 
                                   Source:
                                                   Sœurs de la Divine Providence de Libreville


Sœurs de la Charité
 de Sainte Jeanne ANTIDE THOURET
Être au service des plus pauvres
Gabon : 2001

1. Présentation
   La Congrégation des Sœurs de Sainte Marthe de périgueux est aujourd’hui appelée Sœurs de la Charité de Sainte Jeanne ANTIDE THOURET après la fusion de 2014.
 
2. Historique : Fondation au Gabon à la Mission
                        Sainte Anne de Fernand-Vaz
   La communauté au Gabon a été ouverte entre le 25 Octobre 2001, départ de Yaoundé et le 16 Novembre 2001, arrivée à la mission Sainte Anne du Fernand-Vaz. Cette fondation est née du désir de quelques sœurs camerounaises après avoir médité sur la prière du chapitre. Elles ont entendu un appel à risquer un départ hors de leur pays pour être à leur tour, missionnaires. A ce moment suite à la fermeture d’une communauté du Cameroun, et la fin des études de deux sœurs, nous cherchions à ouvrir une nouvelle communauté en Afrique.
   Plusieurs Sœurs du Cameroun ont adhéré à ce désir et souhaité une prompte réalisation. Parmi plusieurs propositions, au Cameroun et hors du Cameroun, c’est Sainte Anne du Fernand-Vaz qui a été retenue. Sœur François Xavier, alors supérieure générale, dans sa lettre aux communautés N°4 du 25 Novembre 2000, faisait part à la congrégation de ce projet de fondation. Des nouvelles régulières ont tenu au courant de sa mise en place.
 
3. La Mission Sainte Anne de Fernand-Vaz
   La Mission Sainte Anne a été fondée en 1887 par les pères spiritains en occurrence le père BICHET fondateur. Elle a été prospère, puis déclinée suite aux difficultés du grand isolement. Elle a été fermée en 1987, puis réouverte en 1998. Elle a eu beaucoup de mal à redémarrer.
 
4. Fondation de la Communauté
   Quand Sœur François Xavier et Soeur Solange sont allées voir pour la première fois en décembre 2000, beaucoup de signes positifs les ont encouragées à poursuivre, malgré les grosses difficultés qu’elles présentaient :
Tout d’abord l’appel de l’Église par l’archevêque de Libreville, Monseigneur Basile MVE ENGONE, relayé par son vicaire épiscopal à Port-Gentil, le Père Benoît DIEME, un spiritain très dynamique qui soutenait à fond cette Mission.
Un prêtre spiritain sur place, un saint Homme
Un coopérant français qui faisait la coordination
Une ONG bien engagée
Un projet d’accueil des touristes en voie de réalisation, qui devait apporter les moyens financiers indispensables dans un tel lieu
Un internat dirigé par une enseignante originaire du lieu et un enseignant gabonais très motivé
Parallèlement une population assez délaissée et en grand besoin d’une présence religieuse: 15000 habitants répartis dans les différents villages et campements sans un médecin, sans infirmière, sans autres églises ou prêtres qu’à Sainte Anne
Malheureusement en juillet et août 2001, les choses ont basculé. Ce qui semblait être bien engagé, s’est retrouvé soudain mis en échec :
Les pères spiritains se sont désengagés et le prêtre de Sainte Anne a été nommé dans une ‘ autre communauté
Le coopérant est parti sans être remplacé
Le projet tourisme piétine
Le climat conflictuel s’installe et le représentant de I’O.N.G. a des difficultés avec la population
   L’archevêque et le Père Benoît continuent à tenir à notre venue. Ils ont promis de nommer un prêtre gabonais : condition minimum exigée pour notre venue. Nous étions très inquiètes. Sœur François Xavier est de nouveau allée sur place avec Sr Balbine et malgré les difficultés, la décision de partir à la date prévue a été maintenue. Trois sœurs sont donc parties: deux camerounaises et une française:
Sœur Balbine, enseignante et responsable de l’internat
Sœur Martine, infirmière, a ré-ouvert le dispensaire
Sœur Marie Anne s’occupait de l’église, des personnes âgées du village et aidait au dispensaire.
   L’installation de la communauté a été très aidée par les paroisses de Port-Gentil, en particulier celle du Père Benoît et une association locale créée pour soutenir la renaissance du secteur.
   Il y a aussi le ministre des affaires étrangères de l’époque, la compagnie pétrole et les militaires français. Les sœurs ont trouvé un accueil très chaleureux dans les communautés de Port-Gentil. Actuellement, la situation ne s’arrange pas :
Le prêtre gabonais est parti avant la semaine sainte
Sœur Marie Anne est retournée en France par suite d’un problème de santé
Les conditions de vie sont très dures
   Avec le départ de Soeur Marie Anne, Sœur Eliette et Sœur Eveline arrivent pour le renfort de la communauté. Au niveau du clergé, les Abbés Raphaël et Armand vont se succéder en un laps de temps. En 2004. Soeur Balbine retourne au Cameroun à la maison de formation et Sœur Bernadette assistante sociale, vient prendre le relais à l’internat et dans la pastorale. Une postulante : Pauline, vient avec elle, commencer la première étape de la vie religieuse (postulat). Cette dernière aidera à l’internat pour les cours de répétition à l’étude. Avec l’accord de la supérieure générale, une amie de la congrégation Christine, sous sa propre demande, donnera six mois de ses services auprès des enfants.
   Ce fut une bouffée d’oxygène pour la Sœur responsable de l’internat. Malgré tout ce que cette mission comporte, les sœurs ont donné le meilleur d’elles-mêmes dans les différents secteurs d’activités. Comme nous l’avions évoqué plus haut, Sainte Anne n’est pas une Mission facile. Arriva le moment où Sœur Martine devait prendre une année sabbatique et la postulante devait retourner au Cameroun pour poursuivre sa formation religieuse (Noviciat). La sœur responsable de l’internat ne pouvant pas continuer sa mission toute seule à Sainte Anne, elle rejoignit Soeur Eliette et Sœur Eveline à la communauté de Port-Gentil. C’est en 2007 que nous fumes remplacés par l’association Edith-Stein.
   Nous n’avons pas de sœurs gabonaises au sein de notre congrégation. Aujourd’hui, notre communauté est composée de deux sœurs : sœur Bernadette NDJOUMBAM et sœur Felixa SERNA.
 
5. Charisme
A l’exemple du Christ, nous sommes au service des plus pauvres.
 
6. Nos activités
   Sœur Felixa est très prise par la Caritas, aves les visites des personnes âgées et abandonnées dans les quartiers.
Sœur Bernadette donne ses services au CEMI (Centre Espérance et Mission d’Insertion de Ntchengue) auprès des enfants de la rue, orphelin et enfants des familles pauvres. Jusqu’en 2017, elle a accompagné les femmes catholiques dans leur association et dispense les cours de religion dans deux écoles catholiques (Saint Roger et Saint Roger annexe).
 
   Que le Seigneur en soit remercié pour ces découvertes sur les eaux de la lagune et de la mer.
 
 
Source:
                                                 Sœur Bernadette NDJOUMBAM


Missionnaires Filles de Jésus Crucifié
S’offrir victime pour la sanctification des prêtres
Gabon : 2002

1. Origine et Fondation
   La congrégation des Filles de Jésus crucifié est un institut apostolique de droit pontifical, né à Tempio (Italie) le 8 décembre 1925 par la médiation du Père Salvatore VICO.
 
2. Charisme
   Le charisme idéal des Filles de Jésus crucifié est de s’offrir victime comme hostie vivante, pour la sanctification des prêtres. Par leur vie de prière et de sacrifice, elles soutiennent les prêtres dans la sainteté de leur état de vie (vie contemplative) et s’engagent à les aider dans leur ministère paroissial (vie active).
   Elles sont engagées dans l’apostolat, dans le social et dans la formation, l’éducation préscolaire et scolaire.
   À travers cet idéal des Missionnaires Filles de Jésus crucifié, la congrégation tend à susciter dans l’Eglise, des âmes généreuses qui par l’ardeur de leur vocation missionnaire, par leur passion pour le crucifié, s’associe à la Vierge Marie et au mystère de la passion du Christ, pour la sanctification des prêtres, le salut du monde entier et la gloire de Dieu le Père.
 
3. Œuvres – Mission – Apostolat
   Leur première œuvre est l’évangélisation : catéchèse, orphelinat, handicapés, maison de repos, écoles maternelles et primaires, hôpitaux, formation des catéchistes, formation et promotion humaine de la famille africaine et d’autres œuvres sociales selon les besoins de l’Eglise locale.
 
4. La Spiritualité
   La spiritualité de la congrégation est « oblative et sacerdotale ». Les religieuses soutiennent les prêtres dans leurs œuvres, prient pour leur sainteté. Suivant leur charisme, elles s’occupent aussi des démunis, orphelins, handicapés, vieillards.
   Présente au Brésil, en RDC et au Gabon, la congrégation s’adapte aux besoins des diocèses.
 
5. Implantation au Gabon
     Elles sont arrivées au Gabon plus précisément dans le diocèse de Franceville, le 20 Octobre 2002.
   Les noms des religieuses de la communauté sont : Sr Elvira MEREU (la supérieure), Sr Béatrice MBINA et Sr Joséphine.
   La nouvelle et la première Supérieure régionale de l’Afrique est Sœur Catherine YOLO.
 
 
 
Source:
                                                            Missionnaires Filles de Jésus crucifié


Filles de Saint Joseph de Genoni
Consécration–Communion-Service
Gabon : 2002

1. Origine
   Les Filles de Saint Joseph de Genoni sont un institut religieux féminin de droit pontifical: les Sœurs de de cette congrégation appelées communément Giuseppine, ajoutent à leur nom le sigle F.S.G.
   L’institut a été fondé par un prêtre italien Felice PRINETTI, de la congrégation des oblats de la Vierge Marie. Pour permettre à l’institut de se développer d’une manière autonome, il acheta une propriété à Genoni où se trouve la maison mère des Filles de Saint Joseph. La congrégation a été approuvée par l’archevêque de Cagliari Paolo Maria SERCI le 15 août 1894 et par l’archevêque d’Oristano Francesco ZUNNUI le 24 octobre 1895 : elle devient un institut de droit pontifical le 4 mai 1947.
 
2. Activités
   Les Filles de Saint Joseph sont ouvertes aux nécessités du monde : elles travaillent en particulier dans les séminaires, les asiles, les maisons de repos pour les personnes âgées. Les sœurs sont présentes en Italie (surtout en Sardeigne), en France, en Inde, en Afrique (République centrafricaine, République démocratique du Congo et Gabon), et en Amérique méridionale (Argentine et Brésil). La maison généralice est à Oristano.
 
3. Charisme
   Être Fille de Saint Joseph signifie incarner dans le temps les vertus typiques du Saint Patriarche: la foi, l’union affectueuse avec Jésus et Marie, l’obéissance spontanée et sereine, le labeur, le silence, l’humilité. La spiritualité des Filles de Saint Joseph est aussi mariale. Marie est la créature privilégiée appelée à donner Jésus au monde.
   Les Filles de Saint Joseph par volonté explicite de leur fondateur, doivent être intermédiaires de salut au moment historique et dans le lieu dans lequel elles vivent. Le charisme de l’Institut peut être résumé en trois mots :
Consécration: Par la consécration, nous devenons prophètes de Dieu, dans l’abandon total à son Amour.
Communion: La communion provient de la consécration qui se réalise dans le rapport d’amour avec le « Tu » de Dieu, révélé en Jésus-Christ, en Lui se trouve espace, l’amour fraternel à la dimension universelle qui accueille les pauvres et les derniers.
 Service: Le service des Filles de Saint Joseph s’explique surtout comme une médiation spirituelle, selon les directives du Bienheureux Père Felice PRINETTI. Les Filles de Saint Joseph doivent avoir leurs maisons et les cœurs ouverts à chaque nécessité du monde.
 
4. Présence et vocations gabonaises
   Au Gabon, nous vivons notre charisme dans différentes œuvres : Service à la nonciature,
 Pastorale, Alphabétisation…
   Parmi nos vocations, nous avons deux Sœurs gabonaises qui ont fait leur profession perpétuelle :
Sœur Roselyne OKO, profession perpétuelle le 20 Août 2017
Sœur Marie Corinne MEKUI MENDOME, profession perpétuelle le 19 Août 2018.
 
Source:
                                                           Sœur de Saint Joseph de Genoni


Les Jésuites
Pour la plus grande gloire de Dieu !
Gabon : 2003

1. Présentation
   A l’origine, six jeunes étudiants français, portugais et espagnols fréquentent au Collège Sainte Barbe à Paris en 1533. Un étudiant basque distingué, nommé Ignace de Loyola et âgé de 43 ans, leur donne individuellement les Exercices spirituels. Progressivement, ces étudiants forment un groupe autour d’Ignace et ils deviennent des amis dans le Seigneur, désireux de servir Dieu en se consacrant au bien du prochain et en vivant dans une stricte pauvreté à l’imitation du Christ.
   Le 15 août 1534, Ignace et ses six premiers compagnons se rendent sur la colline du Montmartre à Paris. Et là, dans la crypte de la chapelle consacrée à la Vierge Marie, ils se lient à Dieu par un vœu commun: partir à Jérusalem à la fin de leurs études. Et si ce voyage s’avérait impossible pendant un an, ils iraient à Rome s’en remettre au Vicaire du Christ pour lui présenter leur projet de vie et lui demander de les envoyer là où cela lui semblera le plus opportun.
   Entre temps, le 24 juin 1537, à l’exception de Pierre Favre qui est déjà prêtre, les six autres compagnons reçoivent l’ordination sacerdotale à Venise au titre de la pauvreté volontaire et de la science suffisante. N’ayant pas pu se rendre à Jérusalem, les premiers compagnons dont le nombre est à dix maintenant, réalisent que leur projet d’être à la disposition du Pape va occasionner leur dispersion. Alors, ils se posent deux questions. Doivent-ils rester unis dans la dispersion ? Et, par quels moyens ? Ignace et ses 9 compagnons se réunissent à Rome pour en délibérer. Les débats s’étendent de mi-mars au 24 Juin 1539. Selon Ignace de Loyola, cette Délibération constitue la manière dont la Compagnie s’est instituée.
   C’est l’acte fondateur de la Compagnie de Jésus (Societas Jesu, SJ) que le pape Paul III va approuver le 27 septembre 1540 comme ordre religieux catholique dont les membres, prêtres et frères, sont des clercs religieux communément appelés « jésuites ». Comme les autres religieux, les jésuites professent les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance mais prononcent également un quatrième vœu qui leur est propre, celui de l’obéissance spéciale au Souverain Pontife en ce qui concerne les missions.
   La Compagnie de Jésus obéit aux Constitutions écrites par Ignace de Loyola et qui, avec la Formule de l’Institut, définissent son charisme, son esprit et ses objectifs. La spiritualité de la Compagnie de Jésus repose sur les Exercices spirituels qui façonnent les fils d’Ignace de Loyola pour les amener à devenir des contemplatifs dans l’action qui pratiquent régulièrement le discernement spirituel et l’examen de conscience, se distinguent par leur engagement sans réserve (magis), gardent un regard positif sur le monde et restent disponibles à aller au-delà des frontières. La mission des Jésuites, précisée dès le début de leur existence, porte sur l’évangélisation, la justice sociale et l’éducation.
   La devise de la Compagnie de Jésus AMDG (Ad Majorem Dei Gloriam : pour la plus grande gloire de Dieu), rend compte de la diversité des tâches auxquelles s’adonnent les jésuites. Outre l’enseignement, qui s’étend à tous les niveaux, ils pratiquent la prédication, les accompagnements spirituels, la pastorale des jeunes et des cadres, exercent le ministère des paroisses, favorisent le dialogue entre la foi et la culture, effectuent des recherches scientifiques mais cheminent également avec les réfugiés, les prisonniers, les malades et les pauvres. Bref, pour les jésuites, il s’agit de garder unis le service de la foi et la promotion de la justice. En 2008, la 35ème congrégation générale (en son décret 1 & 6) a fermement défini la mission des jésuites comme étant une défense et annonce de la foi qui nous fasse découvrir de nouveaux horizons et parvenir aux nouvelles frontières sociales, culturelles et religieuses qui, comme frontières […] peuvent être des lieux de conflit et de tension mettant en danger notre réputation, notre tranquillité et notre sécurité.
   Le sceau de la Compagnie de Jésus, IHS, représente les trois premières lettres du nom de Jésus en grec IHƩOYƩ.
 
2. Les Jésuites dans le Monde
   A la mort d’Ignace de Loyola, le 31 juillet 1556, les jésuites étaient au nombre de 938 membres dont 271 prêtres, 168 frères et 499 scolastiques. En 1773, avec un effectif d’environ 23000 membres à travers le monde, la Compagnie de Jésus est supprimée par le Pape Clément XIV. Une quarantaine d’années plus tard, au moment de son rétablissement par le Pape Pie VII en 1814, les jésuites ne comptaient plus que 600 membres.
   Le record de l’effectif des jésuites date de 1965 où l’on comptait 36 038 membres dont 20 301 prêtres, 5 872 frères et 9 865 scolastiques. Depuis cette période du Concile Vatican II, les effectifs ont fortement diminué.
   Au 1er janvier 2018, dans le monde, les jésuites étaient au nombre de 15 842 membres dont 11 389 prêtres, 1 077 frères, 2620 scolastiques et 756 novices. Cet effectif des jésuites en 2018 correspond à peu près à celui de 1900 où ils étaient 15 073 membres.
   De nos jours, les jésuites sont présents dans les 5 continents et répartis dans 69 provinces, 5 régions indépendantes, 6 régions dépendantes et 1 mission. Ces différentes entités sont regroupées en 6 conférences de provinciaux qui sont : l’Afrique, l’Amérique latine, l’Asie méridionale, l’Asie Pacifique, le Canada avec les Etats-Unis et l’Europe.
 
3. Les jésuites en Afrique
   La mission de la Compagnie de Jésus en Afrique remonte au temps d’Ignace de Loyola. Déjà en 1541, François Xavier, en route vers l’Asie s’arrête à Malindi au Kenya et à Goa au Mozambique. De son vivant, Ignace de Loyola lui-même, envoie des jésuites au royaume du Kongo en 1548 et en Éthiopie en 1555.
   Par la suite, jusqu’au moment de la suppression de la Compagnie de Jésus en 1773, les jésuites ont été successivement envoyés en Angola, dans les îles du Cap Vert, dans l’actuelle Sierra Leone, au Zambèze, au Mozambique et à Madagascar.
   Après le rétablissement de la Compagnie de Jésus en 1814, les conséquences de la période de sa suppression ont été fortement ressenties pendant de longues années. Les jésuites ont dû apprendre à se reconstituer et à se réorganiser. Pendant ce temps, la Congrégation pour la Propagation de la Foi répartit l’Afrique en préfectures et vicariats apostoliques et elle confie chaque territoire apostolique à une société missionnaire. Après sa restauration et malgré son souci de continuer les œuvres d’avant la suppression, la Compagnie de Jésus reste encore trop faible pour avoir un rôle de premier plan au moment de l’occupation missionnaire de l’Afrique. Néanmoins, elle se réimplante progressivement dans l’océan indien (à l’Ile Maurice, à la Réunion et à Madagascar), dans le nord de l’Afrique (en Algérie), dans le sud de l’Afrique (en Afrique du sud, au Zimbabwe, au Mozambique et en Zambie) et au centre de l’Afrique (au Kwango dans le royaume du Kongo et en Angola).
   Il faut attendre la fin de la Deuxième Guerre mondiale avec les périodes de la décolonisation et des indépendances pour voir la Compagnie de Jésus prendre son essor et un élan sans précédent en Afrique. De fait, le 22 octobre 1948, le premier noviciat jésuite en terre africaine ouvre ses portes à Djuma sur Kwilu dans l’actuelle République démocratique du Congo.
   Depuis lors, la présence jésuite en Afrique n’a fait que s’accroître. Au 1er janvier 2018, l’Afrique comptait 1 631 membres dont 828 prêtres, 99 frères, 554 scolastiques et 150 novices. La conférence des jésuites d’Afrique et de Madagascar (JCAM) compte 7 provinces, 1 région indépendante et 1 région dépendante.
 
4. Les engagements apostoliques des jésuites en Afrique
La formation des jeunes jésuites. En Afrique comme en Asie où le nombre de vocations est en augmentation, la formation des jeunes jésuites constitue la priorité des priorités.
Pour la formation de base, l’Afrique compte 7 noviciats, 3 philosophats (à Kinshasa, à Antananarivo et à Harare) et 2 théologats (à Nairobi et à Abidjan). Sous la conduite des jésuites africains, ces 5 maisons de formation pour la Philosophie et la Théologie comptent plus de 350 jeunes jésuites. Le Plan d’Action Stratégique (PAS) pour ces maisons de formation cherche à rendre les jeunes jésuites plus sensibles aux nouveaux défis du continent, aux besoins de l’Eglise et aux nouvelles directives de la Compagnie de Jésus.
 
L’éducation est mentionnée dans les projets et les plans d’action de toutes les provinces et régions jésuites de l’Afrique comme une des priorités apostoliques. La Compagnie de Jésus en Afrique travaille pour l’éducation d’environ 30 000 jeunes à partir du préscolaire jusqu’à l’université. Depuis 2007, la fédération internationale Fé y Alegria (Foi et Joie) qui se définit en Amérique latine comme mouvement d’éducation populaire collabore à la création et à l’expansion du système éducatif dans les milieux pauvres et abandonnés. Aujourd’hui, les jésuites en Afrique font de l’éducation, plus qu’un moyen d’instruction, d’acquisition des connaissances ou d’évangélisation, mais également un lieu de rencontre des cultures et des religions, de la promotion de la justice, de la collaboration avec les autres, etc.
L’apostolat social des jésuites en Afrique est dans une phase de réorientation et de changement de perspectives compte tenu du bilan mitigé de plus de 50 ans d’indépendance de bon nombre de pays africains. Certains centres sociaux jésuites se remettent en question pour s’adapter à la situation présente et répondre aux besoins actuels. Ainsi, à Abidjan, l’Institut Africain pour le Développement Économique et Social (INADES) est devenu le Centre de Recherche et d’Action pour la Paix (CERAP). A Ndjamena, le Centre d’Études et de Formation pour le Développement (CEFOD) s’est investi dans la bonne gestion des ressources pétrolières. A Kinshasa, le Centre d’Etudes pour l’Action Sociale (CEPAS) se préoccupe quant à lui de la gestion des ressources minières. Les centres sociaux jésuites plus jeunes comme le Jesuit Centre for Theological Reflection (JCTR) à Lusaka, Jesuit Hakimani Centre (JHC) à Nairobi, Silveira House à Harare ou le Centre Social Arrupe à Antananarive sont de taille modeste, privilégient un autre modèle et développent de nouvelles thématiques (la paix, la démocratie, la bonne gouvernance, la réconciliation, les dettes publiques, l’advocacy, l’économie domestique, etc.) qui deviennent urgentes pour le continent noir. Depuis 2010, ces 7 centres sociaux travaillent en réseau. En outre, le service jésuite des réfugiés (JRS) qui voit le jour en 1980 est particulièrement opérationnel en Afrique où, à travers l’éducation formelle et informelle, le soutien aux personnes vulnérables, les jésuites accompagnent et défendent les personnes déplacées. En 2002, les jésuites africains ont mis sur pied un réseau de lutte contre le Sida connu sous le sigle AJAN (African Jesuits Aids Nerwork).
En plus de ces centres sociaux plus formels, dans toutes les provinces et régions en Afrique, certains jésuites travaillent activement dans le secteur social auprès des enfants de la rue, dans les prisons, les hôpitaux, ou les centres d’apprentissage des métiers dans le seul but d’être solidaires avec les plus défavorisés et de manifester l’option préférentielle pour les pauvres.
 
Les centres spirituels et les maisons de retraite jésuites en Afrique s’inscrivent dans la tradition ignatienne d’aider les âmes à travers les Exercices spirituels. Ils sont surtout fréquentés par les membres du clergé et les associations ou confessions religieuses. On y organise aussi d’autres sessions de formation humaine et professionnelle. Cependant, les frais exigés dans ces centres sont souvent élevés et hors de la portée des personnes de la classe moyenne qui ne peuvent malheureusement pas bénéficier des services qu’on y offre.
 
L’apostolat paroissial des jésuites en Afrique a été lié au travail missionnaire pour édifier les églises locales dans le contexte d’évangélisation du continent noir. De nos jours, l’apostolat paroissial continue à embrasser toutes les couches et les catégories sociales. Il est ainsi, d’une part, un lieu de contact et de service direct des plus pauvres et des minorités, des intellectuels et des cadres, des prisonniers et des malades, des réfugiés et des migrants, des jeunes et des adultes; d’autre part, un lieu de collaboration et d’insertion plus organique avec les églises locales, d’engagement dans différents types de dialogue au niveau de la foi (œcuménisme, inter-religieux et religion africaine traditionnelle) et des questions d’inculturation.
 
   C’est dans le seul but de chercher et trouver Dieu en toutes choses que les jésuites sont envoyés en mission et qu’ils exercent ces différentes activités.
 
5. Les jésuites au Gabon
   Le Gabon, étant situé en Afrique centrale, fait automatiquement partie de la province jésuite de l’Afrique de l’Ouest (AOC), créée le 31 juillet 1973. Le provincial réside à Douala au Cameroun. L’AOC regroupe 14 pays francophones dont 5 sont situés en Afrique centrale (Cameroun, Centrafrique, Congo Brazzaville, Gabon, Tchad) et 9 en Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Conakry, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Togo). Il n’y a pas encore de présence jésuite en Mauritanie et au Niger.
L’implantation des jésuites au Gabon est à ses débuts. Jusqu’en 2002, quelques jésuites sont passés au Gabon pour des ministères ponctuels et en particulier pour animer des retraites annuelles. La présence la plus remarquée de ces jésuites de passage au Gabon est celle du Père François PELTIER qui est resté plus de 2 ans à la fin des années 80 dans le diocèse de Franceville pour des ministères divers auprès de Mgr Patrice Félicien MAKOUAKA.
 
Le Père Giovanni Zucca, S.J. (2003-2011)
   En 2002 à Douala, Mgr Basile MVE ENGONE, archevêque de Libreville, fait remarquer au Provincial des jésuites, le Père Jean Roger NDOMBI, que la Compagnie de Jésus est présente partout en Afrique centrale, sauf au Gabon. Du coup, il invite les jésuites à venir à Libreville pour un ministère auprès des jeunes intellectuels et des cadres chrétiens. Dès septembre 2003, le Père Gianni ZUCCA qui achevait la fondation de la communauté jésuite et du centre catholique universitaire à Bangui, se rend disponible pour cette nouvelle mission au Gabon.
   Ici, il n’aura pas la même chance qu’en Centrafrique de trouver un terrain malgré les tentatives d’acquisition ou les promesses qui lui ont été faites.
   A son arrivée à Libreville, il loge pendant quelques semaines à la Maison Libermann en attendant que le studio que l’archevêque lui a assigné à la Vallée Sainte Marie près de la cathédrale, soit prêt.
   Pendant 8 ans, le Père Gianni, jésuite italien d’heureuse mémoire, a ouvert les portes de la Compagnie de Jésus au Gabon et il a largement contribué à faire connaître les jésuites par son ministère.
   Dans la discrétion et la simplicité qui le caractérisaient, il a mené une intense activité apostolique qui a marqué tous ceux qui l’ont rencontré. Il a parcouru tous les diocèses du Gabon pour répondre aux multiples appels qui lui étaient adressés. Sans jamais se lasser, il a assuré des accompagnements spirituels, des messes, des enseignements, des retraites auprès des individus, des communautés religieuses, des paroisses, des prêtres, des cadres chrétiens, des associations ou des groupes de toutes sortes. L’investissement du Père Gianni dans le ministère pastoral et spirituel, la formation des laïcs, des séminaristes et des consacrés révèle son choix répété d’être levain dans la pâte et ce sont des constances qui ont caractérisé sa vie missionnaire. Beaucoup de gens témoignent qu’il était très discipliné voire méticuleux et que sa voiture Suzuki reflétait parfaitement son esprit de pauvreté, d’humilité et de discrétion. Même après plus de deux semaines d’hospitalisation à la clinique Chambrier à Libreville, il n’avait pas informé sa famille de son état de santé. Le 29 avril 2011, la nouvelle de son décès fut une grande surprise pour tout le monde. La semence jésuite était ainsi jetée en terre gabonaise.
   Quelques mois après le décès du Père Gianni, Mgr Basile MVE ENGONE qui a été sollicité par plusieurs personnes pour que le Père Gianni soit remplacé par un autre jésuite, reprend contact avec le nouveau provincial des jésuites, le Père Eugène GOUSSIKINDEY et réitère son invitation à voir la Compagnie de Jésus s’implanter au Gabon. Entre temps, un jeune petit séminariste gabonais, Parnel LEDAGA, que le Père Gianni avait accompagné, est entré dans la Compagnie de Jésus en septembre 2013. Après deux ans de noviciat à Bafoussam, à l’Ouest du Cameroun et une année de Philosophie à Harare au Zimbabwe, Parnel a décidé de quitter la Compagnie de Jésus.
 
Le Père Jean-Roger NDOMBI, S.J. (depuis 2013…)
   Pour répondre à la seconde demande de l’archevêque de Libreville, le provincial de l’AOC n’est pas allé chercher loin pour trouver le remplaçant du Père Gianni, d’heureuse mémoire. Le Père Jean Roger qui vient de terminer sa mission à la curie généralice des jésuites à Rome comme conseiller général et assistant général pour l’Afrique lui semble indiqué à plus d’un titre. Alors, il l’envoie à Libreville continuer l’implantation de la Compagnie de Jésus au Gabon.
   Le 25 novembre 2013, le Père Jean Roger arrive à Libreville pour poursuivre le travail de l’implantation de la Compagnie de Jésus au Gabon. Il est accueilli à la vallée Sainte Marie près de la cathédrale dans le même studio où logeait le Père Gianni et que l’archevêque a préservé pendant plus de deux ans pour le prochain jésuite.
En plus de ce studio, le Père Jean Roger a bénéficié de la bonne réputation du Père Gianni. Mais, cet héritage a un prix à payer et par conséquent il comporte les diverses réponses à donner aux grandes attentes et aux besoins illimités des nombreux orphelins spirituels de son prédécesseur. C’est ainsi que le Père Jean Roger commence par emboîter le pas du Père Gianni dans la mesure de ses possibilités. Il est sollicité pour des accompagnements spirituels, des messes hebdomadaires dans les communautés religieuses, des recollections et des retraites, le service de vicaire dominical à la cathédrale et celui d’aumônier national du Mouvement Eucharistique des Jeunes (MEJ) et du Mouvement Chrétien des Cadres (MCC). Toutefois, la priorité pour la mission de Père Jean Roger au Gabon, c’est de trouver un terrain du côté où s’étend la ville c’est-à-dire vers Ntoum. Le projet, c’est d’y construire un établissement scolaire et un centre pour les exercices spirituels.
 
   Au début du mois de janvier 2014, le Père Jean Roger prend contact avec le Père Paul Truszkowski, ofm, curé de la paroisse Saint Thomas de Ntoum. Ce dernier invite le Père Jean Roger à venir célébrer les deux messes dominicales du 26 janvier 2014 pour présenter à la communauté chrétienne le projet de l’implantation de la Compagnie de Jésus à Ntoum. Ce fut une heureuse initiative. Le même jour, quatre propriétaires se présentèrent pour proposer au Père Jean Roger la vente de leur terrain.
   Dès le lendemain, avec l’aide indéfectible de Mr Paul MADOUNGOU, ancien adjoint au Maire de Ntoum et le précieux concours de Sœur Marie Sidonie OYEMBO, provinciale des Sœurs de l’immaculée Conception de Castres, les explorations d’une vingtaine de terrains commencent. Le 19 mars 2014, la Compagnie de Jésus achète le terrain de Mfoulayong qui mesure 5 hectares.
   Le 8 avril de la même année, compte tenu, d’une part, de l’incompatibilité d’avoir plus tard un établissement scolaire et un centre spirituel sur le même terrain, d’autre part, des prix abordables à cette époque, la Compagnie de Jésus achète un autre terrain de 4 hectares à Evor-Doul à environ 5 km du premier. Des litiges souvent pénibles avec les voisins ou les autorités locales n’ont pas manqué. Par deux fois, c’est au tribunal à Libreville que ces litiges se sont terminés par des verdicts étonnants. Actuellement, ces deux terrains sont entourés par un mur (de plus de 2 mètres de haut) qui épargnent la Compagnie de Jésus de toutes sortes de querelles.
   Le 26 avril 2014, Madame Pauline MAKANGA, convoque le Père Jean Roger à son domicile à Ntoum en présence de ses enfants et du Père Paul TRUSZKOWSKI ofm pour répondre à la demande des jésuites d’acquérir un terrain à Ntoum. Ce jour-là, la famille MAKANGA cède à la Compagnie de Jésus un terrain de 1 ha 2 à Nkan-Poussière. Ce terrain est actuellement délimité par des poteaux en béton, distants de 6 mètres.
   Le 26 juin 2014, soit exactement 5 mois après les messes célébrées par le Père Jean Roger à Ntoum pour présenter le projet de la Compagnie de Jésus, le Père Paul TRUSZKOWSKI ofm rend l’âme à l’âge de 38 ans à la clinique Chambrier de Libreville après deux jours d’hospitalisation. Le décès brusque et douloureux de ce jeune capucin polonais qui a facilité l’installation de la Compagnie de Jésus à Ntoum, a été une épreuve terrible. Depuis mars 2017, la Compagnie de Jésus cherche à acquérir un terrain à Libreville dans la commune d’Akanda pour la construction d’une résidence. Le processus d’obtention des titres fonciers de tous ces terrains est désespérément long. Dans l’attente de réaliser ces projets, le Père Jean Roger plante des arbres fruitiers sur ces terrains et va enseigner pendant 3 mois comme professeur visiteur à l’Institut de Théologie de la Compagnie de Jésus (ITCJ) à Abidjan.
 
Le Père Victor ADANGBA BOUDJOU S. J. (depuis 2015…)
   Une des demandes faites par l’archevêque de Libreville à la Compagnie de Jésus est de s’occuper de la « jeunesse intellectuelle ». Pour répondre à celle-ci, le Père Provincial, Hyacinthe LOUA, en accord avec le Père Jean Roger et l’archevêque de Libreville, envoie le père Victor BOUDJOU ADANGBA comme Aumônier général de l’aumônerie catholique des universités et grandes écoles (ACUGE) de Libreville. Le Père Victor arrive à Libreville, le 25 mars 2015, jour de l’Annonciation de notre Seigneur.
   L’équipe pastorale de la Quasi-Paroisse St Albert-Le-Grand
Structurée comme aumônerie en 2006 par le Père Spiritain Jean-Clair Patrick NGUEMA EDOU, l’Aumônerie des universités et grandes écoles de Libreville a pour ambition d’évangéliser le milieu de l’enseignement supérieur sur le territoire de l’Archidiocèse de Libreville. Quarante-cinq établissements sont à ce jour réputés être dans le champ apostolique de l’ACUGE. Il s’agit, avant tout, d’offrir un cadre de conversation entre la foi et la culture universitaire, en accompagnant les uns et les autres dans l’effort de vivre les valeurs chrétiennes là où ils sont.
   Les activités de l’ACUGE ont trois caractères : d’abord, les activités religieuses comprenant des messes, des groupes de prières, un grand pèlerinage durant le temps de carême et la catéchèse enseignée en vue des sacrements d’initiation chrétienne. Puis, des activités de formation consistant à donner surtout aux étudiants des habilités au plan académique, humain et religieux. Enfin, des activités ludiques qui consolident la convivialité entre les membres de l’ACUGE. Depuis 2015, l’ACUGE a un siège et une Quasi-paroisse dénommée St Albert-Le-Grand. Elle n’a pas d’Église propre, cependant, elle est équiparée à une paroisse, assurant les sacrements usuels de l’Eglise catholique et les actes paroissiaux ordinaires. Elle a deux messes mensuelles, l’une dans une paroisse de la ville, et l’autre dans une université ou grande école. Elle fait partie du Doyenné Sainte Marie. Plusieurs aumôniers collaborent à cette tâche pastorale.
   A l’arrivée du Père Victor, le père Jean Roger avait arrangé avec l’archevêque son logement à l’étage du bâtiment de l’enseignement catholique. Sur un long couloir, résident l’Abbé Jean MBANG, 88 ans (le prêtre le plus âgé du Gabon) et le cuisinier de l’Archevêque. La section du bâtiment laissée par l’Archidiocèse à la Compagnie de Jésus comprend : un oratoire, une salle de séjour, trois chambres, 2 douches et 2 WC extérieurs. Afin de mieux organiser leur travail, il a été convenu un partage des territoires d’activité : les travaux et la sécurisation des terrains de Ntoum et le suivi des dossiers juridiques relatifs à l’implantation de la Compagnie de Jésus au Gabon (COJEGA).
   Depuis le 4 Avril 2017, l’association à but non lucratif COJEGA est reconnue par l’Etat gabonais par un arrêté définitif inscrit au registre du Ministère de l’Intérieur au N° 269/MISPHPDDL/SG/BMB. L’obtention du titre foncier des terrains de Ntoum est une gageure en raison des lourdeurs administratives.
   De fréquentes visites à l’ANUTTC (Agence Nationale de l’Urbanisme, des Travaux Topographiques et du Cadastre) de l’Estuaire, pourraient nous faire obtenir « le sésame » des titres fonciers de nos terrains. Notons également, que nous avons le projet d’une résidence communautaire de la Compagnie à Libreville. Le terrain est acquis et nous attendons l’approbation du père Provincial. Nous aurons ainsi, la première communauté Jésuite au Gabon.
   Outre ces démarches administratives, la participation des compagnons aux activités pastorales de l’archidiocèse de Libreville, est un effort notable d’insertion dans l’Eglise du Gabon. Les Pères Jean Roger et Victor assurent la charge de vicaires dominicaux à la Cathédrale et participent à la vie de l’équipe presbytérale.
   Le Grand séminaire national « Saint Augustin » a fait appel à l’aide aux compagnons pour l’enseignement de quelques cours. Le Père Victor y rend quelques services présentement. La formation du clergé se poursuit également sous forme de retraite dans les différents diocèses: retraite aux futurs diacres du diocèse de Mouila à Sindara en janvier-février 2017, retraite des futurs prêtres du même diocèse en septembre 2017, retraite pour les futurs prêtres du diocèse de Franceville en juillet 2018, retraite pour les futurs prêtres de l’archidiocèse de Libreville en septembre 2018.
   Nous participons à la formation des religieux et religieuses du Gabon en animant la commission de formation de la COSMAG (Conférence des Supérieurs Majeurs du Gabon). Cela fait en moyenne 6 thèmes de formation chaque année.
   En direction des laïcs, quelques formations sont proposées : l’une sur l’Enseignement social de l’Eglise et l’autre sur la spiritualité ignatienne. A cela s’ajoutent des retraites: un week-end d’initiation en octobre, une retraite de 8 jours en décembre, une retraite de jours pendant le temps de carême. Notons aussi qu’en dehors des temps formels, à l’initiative des congrégations religieuses ou des personnes, nous donnons des retraites individuelles : de 30 jours avec le Père Jean Roger et de 5 jours avec le Père Victor, en général pendant les grandes vacances.
   La fête de Saint Ignace de Loyola chaque année à réuni plusieurs personnes autour d’un thème à débattre, de l’eucharistie et des agapés réalisées grâce à la généreuse contribution des amis de la COJEGA. Si l’accent était mis, en 2015 et 2016, sur une homélie situant le caractère propre de la Compagnie de Jésus, la fête de St Ignace de Loyola, les deux dernières années, a eu un thème de débat et de conversation. En 2017 : « Saint Ignace hier et aujourd’hui » ; en 2018 : « Modèles d’évangélisation – Film Mission (Jésuites au Paraguay) ». Cette célébration draine plus de 100 personnes.
   Les compagnons ne font pas que travailler ; ils profitent de la luxuriante nature du Gabon. La mer du Cap Santa Clara et l’Arboretum Raponda Walker du Cap apportent fraicheur et engouement pour les activités pastorales si abondantes en cette contrée.
 
 
Source :
                                                                 Père Victor ADANGBA BOUDOU S.J.
                                                                             Père Jean Roger NDOMBI S. J.


Institut des Sœurs Franciscaines Filles de Padre Pio
La Sainteté par le quotidien
Gabon : 2005

1. Fondation
   La famille religieuse des Filles de Padre Pio a été fondée en 1995 par le Père Gilbert DAGNON, prêtre de l’archidiocèse de Cotonou, de vénérée mémoire. Durant son cheminement sacerdotal, il s’est choisi des modèles de Saints parmi lesquels figure Saint Pio de Pietrelcina. Notre fondateur a été impressionné par la vie toute mortifiée, effacée et rayonnante de ce capucin marqué aux signes visibles de la passion du sauveur. Il a voulu que nous vivions une spiritualité aussi centrée sur le service tant matériel que spirituel de nos semblables perçus comme des membres vivants et souffrants du corps du CHRIST.
Le nom officiel de la congrégation est les Sœurs Franciscaines Filles de PADRE PIO.
 
2. Notre Charisme
   Les œuvres auxquelles s’adonnent les Sœurs Franciscaines Filles de Padre Pio se reflètent de la nature et de l’esprit des œuvres initiées ou suscitées par PADRE PIO telles que les hôpitaux, les mains d’exercices spirituel, l’animation des groupes, l’évangélisation et l’alphabétisation des secteurs pauvres, la création et la tenue d’hospices de différents genres.
   Par rapport aux autres congrégations, les Sœurs Franciscaines Filles de Padre Pio prennent tout l’homme en charge et compatissent sa douleur.
 
3. Notre Spiritualité
   Nous sommes franciscaines parce que notre Père PADRE PIO est fils de Saint François d’ASSISE et nous voulons pour cela, à travers ce dernier, s’inspirer de la spiritualité franciscaine de pauvreté radicale, de fraternité universelle, de sacrifice joyeusement consenti, de participation volontaire à la passion du Christ, d’irradiation de la joie d’esprit missionnaire et d’amour ardent de l’Eglise et du Pape.
   La congrégation des Filles de PADRE Pio a deux branches: les contemplatives et les semi-contemplatives où la prière se veut être l’âme constante de l’action afin qu’à travers toutes les activités, DIEU soit loué et glorifié. Padre Pio affirmait: « PRIE, espère en DIEU, ne t’agite point, car l’agitation ne sert vraiment à rien? DIEU est miséricordieux ».
 
4. Notre Devise
 
   « La sainteté par le quotidien, la fraternité universelle, la paix et la joie du sacrifice »
 
5. Présence au Gabon
   Nous sommes arrivées au Gabon en 2005, donc il y a 13 ans. Au Gabon, nous sommes à Libreville où nous travaillons dans l’école Sainte Thérèse de l’enfant Jésus située dans la 4ème cité d’Angondjé. Nous menons aussi les activités paroissiales telles que: la visite aux malades dans les quartiers d’Angondjé village d’Okala et de Malibé, la catéchèse à la paroisse Saint Christophe d’Okala.
 
 
Source :
                                        Sœur Gisèle PADONOU


Sœurs de Saint Joseph
Actes de miséricorde concrets
Gabon : 2007

1. Présentation
   Les Sœurs de Saint Joseph (de Cracovie) (en latin : Congregationis Sororum Sancti Ioseph) forment une congrégation religieuse féminine de droit pontifical.
 
2. Historique
   La congrégation est fondée par le prêtre Zygmunt Gorazdowski (1845-1920) pour gérer une maison pour les sans-abris qu’il a ouverte à Lwow (dont le nom officiel était alors Lemberg), située en Pologne, dans la partie administrée à l’époque par l’Autriche-Hongrie. L’abbé Gorazdowski fait venir de Tarnopol quelques tertiaires franciscaines qui prennent l’habit religieux le 17 février 1884.
   Les sœurs s’occupent d’autres travaux commencés par Gorazdowski : une soupe populaire, un abri pour les malades, un centre pour les enfants abandonnés et les mères sans-abris. La congrégation continue de croître après la mort du fondateur et connaît un grand développement dans la période de l’entre-deux-guerres.
   Après 1945 et le redécoupage de la Pologne (Ligne Curzon B), les religieuses sont forcées de quitter Lwow (qui entre dans la République socialiste soviétique d’Ukraine interdisant les congrégations catholiques), la maison-mère se déplace à Tarnów.
   L’institut reçoit du Pape le décret de louange le 1er avril 1910, il est affilié aux Frères Mineurs Capucins en 1922, et ses constitutions sont définitivement approuvées le 3 août 1937.
 
3. Activités et diffusion
   Les religieuses s’occupent des personnes âgées, des handicapés et des malades, des orphelins, de l’éducation des jeunes, des paroisses et travaillent dans les missions. Elles sont présentes en :
Europe : Pologne, Allemagne, France, Italie, Ukraine.
Afrique : Cameroun, République du Congo, République démocratique du Congo, Gabon, République Centrafricaine.
Amérique : Brésil.
  
   La maison généralice est à Cracovie. À la fin 2008, la congrégation comptait 508 religieuses dans 71 maisons.
4. Charisme
   C’est un don de l’Esprit Saint qui permet de vivre des paroles du Christ : aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés (Jn 13, 34b). Les Sœurs l’expriment dans les actes de miséricorde concrets réalisés envers « les pauvres du Christ » pour l’amour de Dieu.
Branche: Groupes de prière de St Joseph.
 
5. Œuvres, Mission, Apostolat
Le service des personnes malades, seules, âgées et handicapées
L’annonce de la Bonne Nouvelle
L’assistance et l’éducation des enfants et des jeunes
Le travail là où l’Eglise a besoin de nos cœurs et de nos mains
 
Notre communauté est présente au Gabon Libreville depuis 2007, et est constituée des Sœurs suivantes: Sr M. Rozariana, Sr M. Elza Malgorzata SZTORC, Sr M. Claire Laetitia MAYETELA, Sr M. Scholastique MAKWAKA, Sr M. Léontine BIPAYA.
 
 
Source:
                                       Sœurs de Saint Joseph


Sœurs Franciscaines
de Notre Dame des Sept Douleurs
Tout pour Jésus par le cœur douloureux de Marie
Gabon : 2008

1. Fondation
   La Congrégation de Notre Dame des Douleurs a été fondée en 1881 à Zakroczym en Pologne par Père Honorat Kozminski et Mère Malgorzata, Lucja Szewczyk dans le but de raviver la vie chrétienne et morale de la population du pays.
   En Mai 1881 sous la direction du Père Honorat, ayant accueilli une première candidate, Mère Malgorzata a commencé à former, dans la clandestinité, une Congrégation. Pendant les dix premières années, les Sœurs se sont dévouées dans les zones de la Pologne occupées par les Russes et malgré les difficultés, elles ont pris en charge de vieilles dames malades et sans abri à Zakroczym, Varsovie et Czestochowa.
   En 1891, les Sœurs sont passées dans les territoires occupés par les Autrichiens moins anti religieux, et là, elles ont commencé à mettre l’habit. Entre les deux guerres mondiales, la Congrégation s’est développée fortement dans toute la Pologne et en 1932, elle a organisé trois provinces qui existent actuellement. Après la seconde guerre mondiale, les Sœurs sont parties à l’étranger: Algérie, France, Suède, USA, Italie, Biélorussie et Ukraine.
La congrégation est de droit pontifical depuis le 3 mars 1953.
 
2. Spiritualité
   La Congrégation des Sœurs de Notre Dame des Douleurs vit selon la spiritualité franciscaine. Dans les Constitutions de la Congrégation, les Sœurs affirment qu’à l’exemple de Saint François, l’Évangile est leur règle de vie car elles y rencontrent Jésus qui est pour elles Voie, Vérité et Vie. Les pensées, les paroles, les actes de chaque Sœur et la vie de toutes les communautés doivent être imprégnés de l’esprit évangélique. Notre Dame des Douleurs est un exemple d’amour intense de Dieu pour les Sœurs et à sa suite, elles s’unissent au Dieu incarné dans les mystères de sa vie surtout dans le mystère de la rédemption. Le symbole de la Congrégation c’est le cœur de Marie transpercé par sept glaives. Ce symbole interpelle et invite chaque Sœur à supporter ses souffrances avec courage et à aider ceux que la souffrance a touché.
L’Ascèse: Conscientes de leurs faiblesses, les Sœurs trouvent la nécessité d’une perpétuelle conversion intérieure, d’un incessant oubli de soi et d’un retour confiant vers le Christ. Cette conversion s’exprime par l’acceptation des difficultés de la vie, par la pratique des actes de pénitence par amour pour Jésus et en union avec Lui.
 
« La paix et la joie » franciscaines prennent leur source dans la contemplation de Dieu Amour, présent dans l’Évangile, dans la Liturgie et dans le monde qui les entoure, et amènent les Sœurs à rendre grâce au Seigneur avec Marie et à rester en Lui paisibles et joyeuses.
   La spiritualité de la Congrégation est animée par le culte de Marie. Chaque Sœur quotidiennement prie Marie par la prière de chapelet dans la prière commune et personnelle. Comme signe extérieur d’appartenance à Marie, chaque Sœur avec son prénom reçoit celui de Marie.
   Le 15 Septembre est la fête patronale de la Congrégation et chaque année ce jour-là, les Sœurs renouvellent leurs vœux. Pendant le mois de Septembre, les Sœurs essayent d’approfondir en les méditant, les mystères de Cœur de Marie.
 
3. Le charisme
   Les Sœurs sont au service des plus pauvres, abandonnés, isolés dans les maisons de retraite ou chez eux à leur domicile ainsi que des gens incurables, dépendants, des personnes âgées et des enfants handicapés.
 
4. La devise
   La devise des Sœurs Franciscaines de Notre Dame des Douleurs est « Tout pour Jésus par le cœur douloureux de Marie ».
 
5. Les Activités des Sœurs
   La Congrégation des Sœurs de Notre Dame des Douleurs est une communauté apostolique qui se consacre aux pauvres et aux malades. A l’exemple de leurs fondateurs, les Sœurs sont ouvertes et sensibles à toute détresse matérielle et spirituelle. Elles veulent satisfaire les besoins de l’esprit et du corps des pauvres. C’est pour cela que les Sœurs ont la responsabilité des maisons d’éducation, d’établissement de soins pour les personnes âgées, de maison d’accueil pour les garçons handicapés mentaux, des centres d’accompagnement scolaire, des écoles maternelles et plusieurs crèches. La majorité des sœurs travaillent directement auprès de ceux qui ont besoin d’aide.
Leur attention rejoint les personnes âgées malades et handicapées dans les hôpitaux, maisons de retraite ou à domicile.
 
6. Arrivée au Gabon
   Le 11 Septembre 2008, trois religieuses polonaises franciscaines de notre Dame des Douleurs sont parties au Gabon, pays adoptif d’Albert Schweitzer. Elles sont allées vers l’inconnu, pays d’Afrique équatoriale, traversé par l’équateur, est limité au nord par le Cameroun, au Nord-Ouest par Ia Guinée-Équatoriale, à l’est et au sud par le Congo Brazzaville, à l’ouest par l’Atlantique.
 
7. Notre Mission au Gabon
   Nous sommes présentes au Gabon pour évangéliser en tenant compte de la réalité des gabonais.
Elles sont engagées dans:
La Santé: Elles soignent les corps blessés, car la famille rejette, par manque de moyen financier, leur membre touché par une maladie comme le sida. Deux des Sœurs : Sœur Illidia et Sœur Paula sont infirmières, elles organisent un dispensaire pour recevoir les nécessiteux, qui n’ont pas d’argent pour se soigner.
L’animation pastorale surtout au Sanctuaire Notre Dame du Gabon: Une des Sœurs est catéchiste, elle organise des rencontres avec des enfants de tout âge. Avec sa guitare et les chants, elle annonce la Bonne Nouvelle qui est Jésus-Christ. Toutes les Sœurs participent à la vie du Sanctuaire.
 
 
Source:
Sœurs Franciscaines des Sept Douleurs


Les Joséphites
Politesse du cœur – Douceur – Esprit de famille

1. Fondation
   Les Joséphites constituent une Congrégation religieuse catholique de droit pontifical.
   La Congrégation fut fondée en 1817 à Grammont (Geraardsbergen), diocèse de Gand, par l’abbé Constant Guillaume Van Crombrugghe (1789-1865). Ce dernier reçut une éducation chrétienne dans sa famille dès son plus jeune âge et cela l’aida à être attentif aux personnes démunies et laissées pour compte. A la fin de sa vie, le chanoine Constant Van Crombrugghe est fondateur et père spirituel de trois congrégations féminines: les Filles de Marie et de Joseph dites Dames de Marie, les Sœurs de Saint Joseph, les Sœurs de Marie et Joseph, et d’une congrégation masculine, les Joséphites.
 
2. Charisme
   La Congrégation des Joséphites est totalement vouée à l’éducation des jeunes. La jeunesse est donc au centre de leurs préoccupations. Les écoles et les paroisses sont les lieux où ils s’impliquent essentiellement.
 
3. Spiritualité
   En lisant les lettres du Fondateur et les écrits de ses successeurs, nous pouvons relever ces éléments:
« Politesse du Cœur » : un joséphite est appelé à traiter les autres avec respect, reconnaissant eux la présence de Dieu.
« Douceur » dans ses relations avec les autres: un joséphite est appelé à être doux et bienveillant.
« Esprit de Famille » : Les fondations Joséphites doivent être caractérisées par l’esprit de la famille idéale, inspirée par la Trinité. Les fondations joséphites doivent être inclusives, accueillantes, engagées et soucieuses du bien de l’autre.
   La spiritualité particulière joséphite se définit ainsi par son caractère apostolique identifié par ces trois aspects précités, mais plus particulièrement par ces expressions symboliques de l’expérience spirituelle et missionnaire du père fondateur:
« A cette tâche ardue, bien de vies se sont usées; continuez et étendez l’œuvre du Christ au rythme ininterrompu des pagaies; portez toujours plus loin l’Évangile, la Croix, l’Amour ».
 
4. Présence dans le monde
   Les Joséphites se consacrent à l’éducation dans de nombreuses régions du monde. En effet, outre la Belgique, la congrégation est présente et active en Angleterre, aux Etats-Unis, en République démocratique du Congo, au Gabon et au Cameroun.
 
 
Source:
                                                       www.joséphitesmonde.org


Les Piaristes
Evangéliser en éduquant

1. Fondation
   Les Piaristes sont un ordre religieux fondé au XVIIème siècle par Saint Joseph de Calasanz (1557-1648) et dédié à évangéliser à travers l’éducation des enfants en préférence pauvres.
 
2. Le Fondateur
   Saint Joseph de Calasanz, déclaré en 1948 par le Pape Pie XII « Patron universel de toutes les écoles populaires chrétiennes dans le monde », a la gloire de l’ouverture de « la première école publique populaire gratuite en Europe » en 1597 (Von Pastor). Il a proclamé le droit à l’éducation des enfants et s’est battu pour elle, étant persécuté par cette raison. Mais il eut un succès retentissant dans son but, car il répondait aux défis et aux besoins de son temps.
   Il a fondé en 1617 la Congrégation Pauline des Clercs Réguliers pauvres de la Mère de Dieu des Écoles Pies (le nom « Pauline » vient du Pape Paul V, qui l’a approuvée), que Grégoire XV a élevée à Ordre Religieux en 1621 avec le nom actuel. Il s’est répandu bientôt dans toute l’Italie et l’Europe Centrale. Actuellement, il est répandu dans 4 continents: Europe, Asie, Afrique et Amérique. Il y a plus de 1 300 religieux piaristes.
   Pendant plus de quatre siècles, les Piaristes ont été toujours avec d’autres à la tête de l’éducation et, aujourd’hui comme hier, ils s’occupent de la formation des enfants, particulièrement des plus nécessiteux, des rêves et des aspirations de la jeunesse. Ils partagent cette mission avec plus de cent mille laïcs et avec des congrégations religieuses d’hommes et de femmes qui forment la Famille Calasanctienne.
 
3. Charisme
   Le charisme des Piaristes est Évangéliser en éduquant dès la première enfance les enfants et les jeunes, particulièrement les plus pauvres, par le biais de l’intégration de la Foi et la Culture (Piété et Lettres) pour renouveler l’Eglise et transformer la société selon les valeurs de l’Évangile, en créant fraternité. Les Pères Piaristes suivent Jésus le Christ au moyen de l’éducation de la jeunesse en Amérique, Europe, Afrique et Asie.
   Leur vie religieuse communautaire témoigne de l’Évangile de plusieurs façons : l’éducation dans la salle de classe, l’engagement des jeunes dans les groupes et mouvements, l’accompagnement des groupes de jeunes… et en les guidant pour avoir une expérience de Dieu.
 
4. Les Piaristes au Gabon
   Au Gabon, les piaristes s’occupent de la Paroisse Saint Louis Marie Grignon de Montfort. Ils œuvrent essentiellement dans le domaine de l’éducation, à travers leur collège/lycée Calasanz.
 
 
 
Source:
www.eglisecatholiquedugabon.org

Les Prémontrés
Sainteté et Apostolat

1. Présentation
   L’ordre des chanoines réguliers de Prémontré, appelé couramment Prémontrés, est un ordre canonial catholique fondé par Saint Norbert de Xanten au début du XIIe siècle.
 
2. Fondation
   En 1120, l’évêque de Laon, Barthélemy de Jur donne à Norbert de Xanten un terrain dans la forêt de Voas (aujourd’hui la forêt de Saint-Gobain dans l’Aisne) au lieu-dit « Presmontré » pour y fonder une abbaye. Norbert y installe une communauté de chanoines réguliers, soumis à la règle de saint Augustin, ainsi qu’une communauté de femmes. Plus tard, ces chanoines réguliers seront appelés Prémontrés ou Norbertins.
 
3. Mission
   Les prémontrés ont une double mission:
l’Apostolat c’est-à-dire l’action auprès des fidèles dans les paroisses
l’Office divin, comme les moines.
   Cette double mission répond à la devise augustine « Sanctitatem et clericatum » (de sainteté et d’apostolat).
 
4. Les Prémontrés au Gab   Les Prémontrés sont arrivés à Libreville en 1995. Ils sont présents:
À la paroisse Sacré Cœur de Libreville
À Lébamba dans le diocèse de Mouila.
   Leur principale priorité est de répondre à l’appel de Dieu et aux besoins d’évangélisation des populations.
 
Source:
                                                        www.eglisecatholiquedugabon.or